Vie de parent

Congé d'automne prolongé ?
Pas d’urgence pour les parents

Les plus rapides d’entre vous le savent, les autres vont tomber des nues : les vacances d'automne - autrement dit de la Toussaint - devraient être étirés. Motif ? Faire face à la multiplication des cas Covid au sein des écoles et aux nombreuses absences chez le personnel enseignant. Oui, mais les parents dans tout ça ? Pas de panique, on a de bonnes nouvelles.

Congé d'automne prolongé ? Pas d’urgence pour les parents

Au moment même où nous sommes en train de boucler leLigueur magazine qui sort ce 21 octobre, qui compte un article sur le ras-le-bol enseignant face au Covid, voilà que l’info tombe : pour endiguer l'offensive épidémique de Covid-19, les acteurs de l'enseignement francophones et la ministre Caroline Désir ont décidé jeudi de prolonger les vacances d'automne, prévues du 2 au 7 novembre, jusqu'au 11 inclus. Ouch, mais comment les parents vont faire ?

Les profs et les enfants d’abord…

Aussitôt, ça s’emballe sur la Toile. Les parents paniquent. Une maman dont les parents sont loin et le stock de congés épuisé râle après le manque de temps pour se préparer à ces jours supplémentaires. Un autre, lui, est heureux de passer plus de temps avec ses enfants et pense d’abord à eux. Il sait que le monde de la santé plaide depuis des années pour des vacances automnales plus longues, salutaires pour recharger les batteries des petit·e·s. Si certain·e·s ne comprennent pas le bien-fondé de cette décision prise au débotté, d’autres voient en ces jours de congé « offerts » aux écoles, - le lundi 9 et le mardi 10 novembre - une respiration pour le monde enseignant asphyxié par l’urgence de la situation.

Ce compromis, suggéré par la ministre Caroline Désir et approuvé par les acteurs de l’enseignement, fait suite à la proposition avancée en début de semaine par le Segec, le Secrétariat général de l’enseignement catholique, de prolonger le congé de la Toussaint d’une semaine entière. Une façon, selon l’organisme, d’endiguer la propagation du virus. Mais aussi d’anticiper sur la réforme des rythmes scolaires… justification qui se passe de commentaires.

Une compensation pour les parents

Deux jours chamboulés dans l’organisation parentale. Une peccadille par rapport au chamboulement du confinement, certes, mais est-ce que l’on a pensé à eux au moment de prendre cette décision ? Question d’autant plus sérieuse quand on sait que les grands-parents ne sont plus vraiment dans l’équation et que le congé Corona ne couvre pas cette situation. Est-ce que l’on se repose de nouveau sur la responsabilité parentale ? On pose la question à Joëlle Lacroix, porte-parole de la Fapéo, consultée elle aussi par la ministre. Elle ressort juste de la réunion, plutôt rassurée.

« La ministre nous a entendus. Les écoles devraient maintenir une garderie. Il est hors de question que cette décision se transforme en casse-tête pour les parents. Pas d’urgence, donc. On ne les laisse pas sans solution. Dans la mesure du possible, cette décision doit être bénéfique pour tout le monde. Élèves, personnel enseignant et parents. C’est un répit global pour assainir cette période de contamination. »

Joëlle Lacroix précise également que c’est l’occasion pour les enfants de faire autre chose que du scolaire. Et peut-être même mobiliser d’autres acteurs et actrices pour que ces deux jours de novembre soient l’occasion d’aborder des disciplines artistiques, sportives ou autres. Pourquoi pas ? Reste à savoir comment cela peut s’organiser en une poignée de jour. À suivre.

Yves-Marie Vilain-Lepage

La position de la ligue des familles

Prolongation des vacances de Toussaint : il faudra une solution pour chaque parent 


La Ligue des familles prend acte de la prolongation des vacances de Toussaint pour répondre aux demandes des syndicats d’enseignants mais regrette les difficultés que cela engendrera pour les parents, également mis à rude épreuve cette année. Elle participera de manière active et constructive à la concertation organisée cet après-midi pour mettre en place une garderie pour les enfants, appelle les employeurs à la souplesse et les pouvoirs publics à garantir l’accès au chômage temporaire pour fermeture d’école dans ce cas. 

Les conditions de travail des enseignants sont compliquées pour le moment et il est normal que des mesures soient prises pour tenter d’y remédier. Toutefois il ne faut pas perdre de vue la situation difficile des parents, qui ont souvent été une variable d’ajustement depuis le début de la crise : pendant le confinement, on leur a demandé de se débrouiller pour garder leurs enfants tout en (télé)travaillant. Puis ils ont dû s’adapter aux horaires réduits des crèches et garderies en mai et juin. Depuis la rentrée, ils font face aux quarantaines et enfants renvoyés à la maison, bien plus fréquemment qu’avant, dès le premier signe de maladie.

La Ligue des familles demande une garderie ouverte à tous...
Maintenant, le congé de Toussaint est prolongé. La Ministre Désir annonce un « service minimum » de garderie les 9 et 10 novembre, « sans mobiliser les directions et équipes éducatives » - sans plus de précisions à ce stade.

La Ligue des familles participera cette après-midi de manière constructive à la concertation organisée par la Ministre Linard pour mettre en place cette garderie dans les meilleures conditions. Pour la Ligue des familles, cette garderie devra respecter les conditions suivantes : être ouverte aux enfants de tous les parents qui en font la demande - et pas uniquement aux parents qui travaillent dans des secteurs essentiels et aux parents qui ne peuvent pas télétravailler ; être gratuite, disponible dans chaque école, et avec des horaires en adéquation avec la vie professionnelle des parents. Enfin, la Ligue des familles sera attentive à la qualité de l’accueil organisé, au bénéfice de chaque enfant, en particulier des tous petits et des enfants en situation de handicap.
.... et en tout cas la garantie d’une solution pour chaque parent 
Enfin, vu la situation difficile vécue par de très nombreux parents actuellement, la Ligue des familles appelle les employeurs, de manière exceptionnelle, à donner congé à leurs travailleurs les 9 et 10 novembre pour qu’ils puissent s’occuper de leurs enfants, et les pouvoirs publics à garantir l’accès des parents au chômage temporaire pour fermeture d’école dans ce cas particulier. Pour la Ligue des familles, l’objectif est que chaque parent, quelle que soit sa situation personnelle et professionnelle, et quels que soient les besoins de son enfant, puisse trouver une solution qui lui convient.

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