Vie de parent

Congés d’automne prolongés :
le flou sur l’organisation
des garderies

La circulaire « Covid-19 - modalités d'organisation des congés de Toussaint - congés d'automne » est désormais connue. Les parents devaient en savoir plus sur les garderies promises pour les 9 et 10 novembre. Mais, étonnemment,  celles-ci deviennent beaucoup moins concrètes. Explication.

Congés d’automne prolongés : le flou sur l’organisation des garderies

Les parents qui n’ont personne pour veiller sur leurs enfants les 9 et 10 novembre prochains l’attendaient. La Ligue des familles également, puisqu’elle tient à ce qu’une solution soit trouvée pour chaque parent. La circulaire fixant les modalités d’organisation des garderies est désormais sortie. Mais le texte pose encore questions sur de nombreux points. Un flou qui risque d’à nouveau mécontenter les parents, et qui rend l’efficacité de la mesure douteuse.

Suite à l’annonce du prolongement du congé d’automne, la ministre de l’Enseignement, Caroline Désir, invite avant tout les parents à « essayer de trouver une alternative de garde, à l’exception des solutions impliquant des personnes à risque ». À défaut, elle leur propose un service minimum de garderies, qui serait organisé par les communes. Mais sa mise en place demeure imprécise.

D’une part, car les communes sont tenues d’informer les parents de cette solution, chacune à leur façon. Elles risquent donc de le faire différemment en fonction des dynamiques locales qui leur sont propres, ce qui pourrait avoir un impact sur la lisibilité de la mesure par le parent.

D’autre part, car le coordinateur ou la coordinatrice Accueil Temps Libre (ATL) des communes doit revenir vers les parents pour leur indiquer « si la mise en place d’une garderie est confirmée ». On apprend donc que le service minimum promis n’est finalement pas garanti.

Inégalité de l’offre selon les communes

Par ailleurs, la circulaire charge les coordinateurs et coordinatrice ATL d’organiser l’accueil des enfants. De manière générale, les acteurs et actrices de ce secteur contestent cette mesure, ne se sentant pas reconnu·e·s ni respecté·e·s dans sa mise en place. Ce qui a d’ailleurs été exprimé à travers leur carte blanche.

Au-delà de ce fait, une précision d’importance est à noter : toutes les communes ne disposent pas de coordinateur/coordinatrice ATL ! Selon le rapport d’activité de l’ONE de 2018, 237 des 272 communes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soit 86%, emploient un coordinateur ou une coordinatrice ATL. Cela signifierait-il donc que, pour celles qui n’en ont pas, aucun service minimum de garde n’est proposé ? La circulaire n’en fait pas mention.

Une efficacité douteuse

Enfin, outre les désagréments organisationnels que suscite cette mesure pour les parents, Damien Hachez, chargé d’études à la Ligue des familles, a des doutes sur son efficacité : « Son objectif premier était d’octroyer deux jours de congé supplémentaire aux directeurs et aux enseignant·e·s pour que ces derniers puissent souffler, se reposer, car ils sont vraiment sur les rotules. Mais, paradoxalement, les directions risquent d’être sollicitées pour le partage des locaux en vue de la mise en place des garderies, ce qui implique à nouveau un travail d’organisation. Je ne suis donc pas sûr que le corps enseignant puisse bénéficier du repos visé ni que l’ensemble des enfants qui en auront besoin pourront avoir un accès à un accueil de qualité ».

Alix Dehin

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