Vie de parent

Contents de leurs parents ?
Vos enfants nous répondent

Suite de notre chantier qu’on vous avait annoncé ambitieux. Après avoir interrogé dans notre édition papier du 14 janvier une vingtaine de parents sur ce qu’ils voulaient pour leurs enfants et sur ce qu’ils mettaient en pratique côté éducation pour y arriver, le Ligueur a demandé à une quinzaine de jeunes entre 10 et 18 ans ce qu’ils pensaient de la manière dont leurs parents les formaient à l’âge adulte. Cinq thèmes ont été creusés avec eux, des thèmes qui correspondent à des moments de vie importants : la vie scolaire, bien sûr, mais aussi le temps libre, l’heure des repas en famille, les copains et l’amour et, enfin, le centre de leur univers : la chambre et les écrans. Écoutons-les, ils ont des choses à dire. Et pour mieux les comprendre, prenons de la distance grâce aux réflexions du sociologue de l’éducation Miguel Souto Lopez et du psychologue Aboude Adhami.

Contents de leurs parents ? Vos enfants nous répondent

Frappante, leur manière de penser ? Parfois, oui ! Touchantes, les paroles qu’ils nous confient ? Souvent, oui ! Interpellant, le regard qu’ils posent sur le quotidien ? Toujours ! Et c’est pour ça que çà et là, au cours de la lecture de ce dossier, on part d’un grand éclat de rire.

Un cadre… et de l’amour

À lire tous ces témoignages de jeunes, on a une envie irrépressible de rejoindre son ado ou préado pour parler, réexpliquer ce qu’on aurait voulu lui faire comprendre. Doucement. Pas de précipitation ! Respirons un bon coup et faisons marcher notre jugeote.
Le dialogue ne se fait pas sur un simple claquement de doigts. Ça se construit, ça s’apprivoise… ça s’interrompt aussi, bien sûr, mais ça reprend. À condition que nous, parents, nous soyons assez courageux avec nous-mêmes - et ça en demande de l’énergie - pour rendre plus nettes nos positions face à un certain nombre de choses ou, au contraire, lâcher prise, juste un rien, pour enfin écouter notre ado et peut-être revoir certaines de nos réactions, certaines de nos attitudes par trop rigides.
Car éduquer, ce n’est pas aimer. Comme nous le disait Xavier Pommereau, psychiatre et responsable du Pôle aquitain de l’adolescent au centre Abadie (CHU de Bordeaux) lors d’une rencontre autour des addictions : « L’encadrement, ce n’est pas un gros mot. (…) Parfois, on a l’impression qu’on élève nos enfants uniquement à travers l’amour qu’on leur porte. Non ! On élève nos enfants à travers l’amour qu’on leur porte dans un cadre le plus clair et le plus évolutif possible ». Cette attente est là, inscrite en filigrane dans les paroles de Cédric, Diane, Antonin…

Il grandit contre…

Courageux, les parents le sont souvent. Mais certains soirs, après une journée chargée, dur, dur de faire face à l’agressivité verbale de son ado ou préado. On a beau savoir qu’à 12 ans et plus, il prend un malin plaisir à dire le contraire de ce qu’on avance parce qu’il ne veut surtout pas être le clone de ses parents, ça reste difficilement supportable. Alors, on s’arrange pour éviter les discussions qui se transforment en prises de tête pour se terminer dans un claquement de porte, doublé d’un chapelet d’injures. Et la nuit, on se repasse le film pour voir où tout ça a dérapé… en se promettant que la fois prochaine, on fera mieux.
Mais notre adolescent trouvera une nouvelle raison de nous provoquer, il sentira de nouveau le besoin de s’opposer… puisque c’est ainsi qu’il grandit, qu’il se construit. Mais ne peut-on espérer des moments plus doux, plus tendres avec lui ?
Lisez ce dossier. Derrière les paroles un peu rudes des ados rencontrés se profile une véritable tendresse pour leurs « darons ». De quoi se réchauffer le cœur et parler peut-être davantage des choses de la vie que de ses dernières notes, de son copain un peu louche ou encore du désordre dans sa chambre.

Myriam Katz

Exprimez-vous !

Vous reconnaissez votre ado dans Cédric, Antonin, Nadia, Diane… Dites-le nous sur redaction@leligueur.be ou rendez-vous sur notre page Facebook.

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L’école, je n’ai pas le choix !

On ouvre ce dossier par le chapitre qui semble le plus important pour vous, parents, et pour vos mômes également : la vie scolaire. Mais à cet âge-là, cher papa, chère maman, ils ont une vie à l’école bien à eux et vous êtes obligés de faire avec. Le bulletin ? Ils estiment que, au final, c’est leur affaire (même si vous fourrez votre nez à juste titre dans leurs affaires !). Ce qui se passe entre les murs de l’école ? Ça les regarde. Leur futur ? Il leur appartient. Font-ils les fiers-à-bras sans en penser un traître mot ? Paroles d’ados récoltées à la porte des écoles et point de vue du sociologue Miguel Souto Lopez.

 

Qu’ils me lâchent !

Vous l’entendez sonner, la cloche de fin de journée ? Vous reconnaissez la note ? Oui, c’est bien celle de la liberté ! Pour les jeunes d’une certaine époque (devenus grands-parents aujourd’hui), on démarrait sa mob’, on se réfugiait au café, on jouait au flipper. Pour les jeunes parents actuels, on se précipitait vers la Sega dernier cri, on regardait Hélène et les Garçons ou on allait peindre à la bombe sur les murs. Et vos enfants ? Que faites-vous avec eux et surtout, que les laissez-vous faire ? Réponses des mômes et regard critique d’Aboude Adhami, psychologue.

 

Bêêk, j’ai pas faim !

Pourquoi choisir la thématique de la table pour symboliser la vie à la maison ? Parce que c’est LE média familial. C’est là où tout se passe. Débat, combat de fourchettes, engueulade, rigolade, grand moment, petits riens, ambiance pesante, atmosphère sereine. Pour tous, c’est l’arène. La scène du quotidien. Que se passe-t-il dans et autour de l’assiette ? Vos enfants chéris vous racontent-ils tout pendant que vous passez les plats ? Immersion dans un repas familial à l’écoute des jeunes et réactions du sociologue Miguel Souto Lopez

 

Le prince charmant (ou la princesse) ? On en rêve tous !

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Moi, c’est moi, vous, c’est vous

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