Vie de parent

Coronavirus : comment répondre
aux questions de vos enfants ?

On l’a dit. Re-dit. Vous l’avez vu. Commenté. Partagé. Coronavirus oblige : tout « ferme ». Même si des garderies s’improvisent, pour une majorité d’enfants, c’est la quille au moins jusqu’aux vacances de Pâques. Vos enfants - petits et grands - en ont parlé toute la journée, comment répondre à leurs questions ?

Coronavirus : comment répondre aux questions de vos enfants ?

Vous récupérez la tribu qui n’a eu qu’un sujet en tête toute la journée : le Coronavirus. Il y a celles et ceux qui exultent de joie à l’idée de ces vacances anticipées. Celles et ceux qui sont désespéré·e·s à l’idée de quitter les ami·e·s, la maîtresse et tout l’environnement de l’école. Dans les deux cas, attention. La pression émotionnelle est plus importante que tout ce que vous pouvez imaginer. Et à chaque fois, veillez à mesurer l’ampleur de tout ce qui s’est colporté dans la cour de récré…

Que dire ?

Nous nous référons à la psychologue Mireille Pauluis qui recommande de sonder les enfants et répondre à leurs questions. « Ce qui les protège le plus, c’est que leurs parents contextualisent. Faites-les parler de ce qu’ils ressentent, aidez-les à prendre de la distance ».
« Et le confinement, alors, il y en a pour combien de temps ? », « Il paraît que ça va s’aggraver ? », s’inquiètent-ils. Ou, au contraire, « Lucas dit que ce sont des blagues et qu’on en fait beaucoup trop »… On se réfère à Natalie Maroun, consultante de crise en risques sanitaires, qui recommande d’éviter que l’inquiétude ne s’empare des enfants. Pourquoi doivent-ils rester cloîtrés ? Il faut leur expliquer. Ils n’ont rien. Un virus se propage. Ils doivent rester à la maison. Ici, ils sont protégés. Notre consultante a une formule simple, mais si évidente, qui va prendre tout son sens dans les semaines à venir : il faut occuper son enfant.

Coronimprovisation, coronimportequoi... ?

Comment je projette mon enfant dans le temps ? Difficile quand on ne sait pas soi-même à quelle sauce on va être mangé. L’improvisation règne. Il est donc important de mettre les enfants en action pour ne pas se laisser emporter par la panique. C’est une règle immuable en cas d’urgence : l’action soigne toutes les angoisses.
Prenez le temps de cibler les inquiétudes et voir comment vous pouvez y pallier. « Papa, maman, qu’est-ce qu’on va faire la semaine prochaine ? ». Vous n’en avez pas la moindre idée ? Répondez par un enthousiaste  « Je ne sais pas encore. On va s’organiser. On va voir ensemble. Mais tout va bien se passer. À la maison, tu es en sécurité et on va trouver de quoi s’occuper ».
Vous êtes vous-même inquiet·e ? Dites-le. Il vous pose une question délicate, du style : « Il paraît qu’il va y avoir plein de morts ? ». Expliquez que c’est justement pour éviter une catastrophe que l’on se protège. Vous pouvez parler de comportements solidaires. Et même expliquer que, même loin les uns des autres, on reste unis. Vous l’aurez compris, à chaque fois, répondez de manière rassurante plutôt que de tenter d’atténuer les circonstances.
Circonstances que l’on souhaite de courte durée. En attendant, le Ligueur continue de vous informer. Bonne improvisation à toutes et à tous. Le parent n’est jamais aussi bon que dans l’urgence, n’est-ce pas ?

Yves-Marie Vilain-Lepage

Quoi et à quel âge ?

Avant 6 ans : ne pas les exposer aux images ou, pire encore, aux infos en continu. Expliquez pourquoi cela vous touche, vous énerve ou vous inquiète. Rappelez aux enfants qu’ils sont en sécurité avec vous, chez eux.

Les 7-11 ans : ils sont en plein dans ce que l’on appelle la pensée critique. N’hésitez pas à les faire parler. Permettez-leur d’extérioriser leurs angoisses, par la discussion, le dessin, la musique, le jeu, etc.

Les ados : ce sont les plus exposés via internet et les réseaux sociaux. Encadrez leurs réactions. Essayez de jouer la carte du soutien stable, solide et rassurant. Sous des airs indifférents, ils sont souvent très touchés par la situation.

À tout âge : ne jugez pas. N’arrêtez pas la pensée. Ouvrez le débat.

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Carte blanche de Mireille Pauluis, psychologue