Vie de parent

Coronavirus :
des congés payés
spécifiques
pour les parents ?

En France et en Italie, des mesures pour lutter contre la propagation du Covid-19 ont entraîné la fermeture d’établissements scolaires. Au niveau belge, pas encore de mot d’ordre à ce sujet, le Conseil national de sécurité estime même, à ce stade, « qu’il n’est pas conseillé de fermer les écoles ». Mais certaines d’entre elles commencent à se voir dans l’obligation de le faire. D’où des problèmes de gestion, en perspective, au sein des familles. Faut-il prévoir des congés payés spécifiques ?

Coronavirus : des congés payés spécifiques pour les parents ?

Une école fermée, cela implique un branle-bas de combat parental. Qui garde les enfants ? Comment s’organiser ? Comment assurer un suivi des petits renvoyés à la maison ? Cette question commence à tarauder les parents. La Ligue des familles a été mise en alerte par quelques papas et mamans. Certains établissements ou certaines classes auraient ainsi déjà fermé leurs portes, entraînant des premiers stress parentaux. Avec en cerise sur le gâteau, la crainte de faire assumer la garde des enfants par les grands-parents plus susceptibles d’être victimes du coronavirus.

La Ligue des familles a donc décidé d’envoyé ce mercredi une lettre au Conseil national de sécurité pour attirer l’attention sur ce problème spécifique. « Les mesures prises dans les pays voisins nous laissent par ailleurs penser que des fermetures généralisées des écoles et des crèches pourraient intervenir dans les prochains jours en cas d’évolution défavorable de la situation dans notre pays. »

Des congés payés supplémentaires

Le problème, c’est que les parents risquent de devoir puiser dans leurs congés pour assumer la garde des enfants. « Il n’est pas raisonnable de demander aux parents d’utiliser d’un seul coup l’entièreté de leurs jours de vacances annuelles, à supposer qu’ils en aient suffisamment, et encore moins de prendre un congé sans solde pour une période potentielle de plusieurs semaines, alors même que leurs frais ne baissent pas. » La Ligue demande de la souplesse du côté des employeurs. « Toutefois, cela ne suffira pas, les employeurs eux-mêmes n’étant pas en mesure de proposer des solutions pour faire face à tous ces cas de figure », écrit Christophe Cocu le directeur général de l’institution.

Proposition de La Ligue ? Elle demande « de prendre, à titre de mesure de crise, une disposition spécifique pour les parents d’enfants qui seraient concernés à l’avenir par une fermeture d’école ou de crèche en leur octroyant des jours de congés payés supplémentaires pris en charge par les pouvoirs publics. »

La piste française

Cette idée n’est pas utopique. En France, dans le cadre des mesures visant à limiter la diffusion du coronavirus, les travailleurs qui sont contraints de garder leurs enfants en raison des fermetures d’écoles ou de crèches peuvent bénéficier d’un arrêt de travail de 14 jours. Celui-ci est indemnisé. Pour cela, les travailleurs concernés doivent demander à leur employeur de remplir un formulaire ad hoc.

Ce dispositif français concerne les enfants de moins de 16 ans qui sont scolarisés dans les établissements fermés et s’applique à un seul des deux parents. Le salarié qui remplit le formulaire doit d’ailleurs fournir à son employeur une attestation sur l’honneur certifiant qu’il est le seul, dans le ménage, à demander un arrêt de travail.

Thierry Dupièreux

Sur le même sujet

Coronavirus, attention au virus de la peur

Au moment où vous lirez ces lignes, les articles sur les risques - ou pas - d’une épidémie en Belgique vous auront déjà bien contaminés. Et par effet de ricochets, vos enfants. « Il n'y a pas de raison de paniquer », lisez-vous depuis quelques jours. Très bien. Mais après ? Comment faire le tri ? Comment apaiser la marmaille et, accessoirement, rationaliser quand les rumeurs vont plus vite que la réalité ? On en parle avec un virologue et une infectiologue.

 

Coronavirus : « Lorsque l’on est inactif, on est inquiet »

Dans le Ligueur frais du jour, nous livrons quelques conseils pour ne pas tomber dans une psychose (que l'on a dénoncé dans notre humeur de la semaine). Ce qui est en train de muer en phénomène de société peut se dépasser en famille. Natalie Maroun, consultante de crise en risques sanitaires au cabinet Heiderich à Paris, nous aide à soigner le virus de la peur avec des paroles rassurantes.

 

Humeur : ce si difficile adieu au bisou

Et nous voilà donc orphelins de bisous ! Dégât collatéral de la propagation du coronavirus, la mise au placard de nos habituelles marques de salut et sympathie perturbe nos habitudes. Secoué·e·s dans nos protocoles quotidiens, nous sommes un peu déboussolé·e·s. D’où cette chronique à prendre avec la distance sanitaire de circonstance.

 

Coronavirus : cours suspendus dès demain, des parents témoignent

Nous avons sondé les parents à la veille de ce premier jour de suspension des cours à l’école. Qu’est-ce qui les préoccupe ? Comment vont-ils s’organiser ? Comment poursuivre malgré tout l’accompagnement scolaire des enfants ? Le débat lancé sur notre page Facebook a été large, riche, propice aux échanges et conseils.

 

Humeur : coronavirus, la solidarité avant tout

Ce lundi matin, les rues sont franchement désertes. Les transports en commun sont boudés. Les entrées d’école sont étrangement calmes. Les décisions prises par le Conseil de sécurité national sont bien suivies. La solidarité et la sérénité semblent s’être imposées. Il le faut. Cette crise ne peut que s’accompagner d’un élan citoyen.

 

Coronavirus : congés spécifiques pour les parents forcés de se mettre en congé, la Ligue insiste

La Ligue des familles revient à la charge sur la situation des parents qui sont confrontés à des problèmes de garde et sont obligés de se mettre en congé. À l’origine de sa réaction, la position du groupe des 10 qui rassemble patrons et syndicats. Une position où les parents, selon la Ligue des familles, sont oubliés.

 

Coronavirus : les crèches désormais au même régime que les écoles

L’accès aux crèches va être restreint. La décision est tombée ce jeudi au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Comme pour les écoles, seuls les parents qui exercent une fonction « cruciale » pourront déposer leurs enfants.

 

Confinement et télétravail : épuisement en vue pour les parents de jeunes enfants

Avec les risques de prolongation de confinement, les parents qui se retrouvent dans l’impossibilité de télétravailler ou d’être mis en chômage pour force majeure s’interrogent sur la position délicate dans laquelle ils se trouvent. Ils nourrissent de grosses inquiétudes. Surtout ceux qui sont déjà dans des situations difficiles ou précarisées.