Vie de parent

Courage, mais ne fuyons pas

Barbara Mertens est rédactrice en chef de Bel RTL « en pause cancer », comme elle dit. Luttant contre un vilain crabe entêté, elle observe la crise sanitaire du coronavirus avec attention. En tant que malade. En tant que femme. En tant que journaliste. Son témoignage nous a interpellé. On vous le partage.

Courage, mais ne fuyons pas

Personnellement, les mesures fortes annoncées hier par la Première ministre (dont le ton m’a positivement impressionnée) me soulagent et me rassurent. Pourquoi ? Parce que je suis une des ces personnes dites à risque.

En traitement pour lutter contre les métastases de ce foutu cancer qui s’acharne depuis plus de deux ans, mon système immunitaire n’est pas aussi efficace que celui de quelqu’un qui est en « bonne santé ». Une affaire de globules blancs qui peinent à se renouveler et dont le nombre trop bas empêche mon organisme de lutter correctement contre un virus par exemple. D’ailleurs je me suis mise moi-même en quarantaine depuis plus d’une semaine déjà. Je me protège, c’est ma responsabilité. Mais il existe aussi une responsabilité collective et c’est celle-là que l’on vient d’activer avec ces mesures qui ont pu surprendre et qui font grincer des dents et s’agiter tout qui peut ce vendredi.

Faire garder vos enfants peut ne pas être un casse-tête

Je suis journaliste et j’aurais adoré vivre cet épisode de notre petite existence sur terre d’un point de vue professionnel. Les rédactions doivent être pleines de vie et de questions en ce moment. J’adore ça, on ne se refait pas !
Alors, ce vendredi, certains ont trop de boulot et d’autres vont devoir anticiper une absence d’activité. Organiser une fermeture, des annulations, des remboursements, prévenir, téléphoner, envoyer des mails, faire des courses... Pas trop de courses, nous ne sommes pas en période de pénurie et vider les rayons ne sert à rien, les responsables n’ont pas le temps de les remplir pour que vos voisins, vos amis ou votre vieille voisine puisse elle aussi boire son café demain matin et se frotter les fesses avec du PQ trois couches tout doux.

Faire garder vos enfants peut ne pas être un casse-tête: les aînés ne peuvent-ils s’occuper des plus jeunes ? Les ados privés d’école vont s’ennuyer à la longue, les étudiants, les chefs scout, les patronnés, les futurs instits, les moniteurs de sport, les chercheurs d’emploi et, bien sûr, les jeunes grand-parents en bonne santé pourront certainement aider les travailleurs pour qui le télétravail est impossible.

Soyez solidaires et créatifs

Amis commerçants et restaurateurs, soyez solidaires et créatifs. Que le boulanger qui peut travailler normalement propose au restaurateur qui ne peut plus accueillir de clients dans son établissement de proposer sa carte traiteurs à ses clients et si l’AFSCA est d’accord qu’il mettent ses plats en vente dans sa vitrine à côté des tartes au sucre. Ne baissez pas les bras, on aime boire et manger en Belgique.

Personnellement, je continuerai à acheter des plats à emporter pendant ces trois semaines et probablement que le pharmacien qui aura fabriqué du gel désinfectant toute la journée aura besoin d’un bon petit plat en rentrant chez lui, tout comme les infirmières, les médecins et tous ceux dont la société ne peut se passer.

Nos gouvernants sont rassemblés pour prévoir des mesures économiques nécessaires, essayons de leur faire confiance. Pour le reste, soyons solidaires et tentons de profiter de ce moment historique pour retrouver du plaisir à nous parler et pas seulement nous transformer en bouffeur de séries sur Netflix. Les librairies seront ouvertes toute la semaine, il y a tellement de livres inspirants et distrayants. Les auteurs et autrices sont une source de sagesse. Chateaubriand a écrit : « Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes ».
Et chez les femmes aussi ! Courage, mais ne fuyons pas !

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