Vie de parent

Coût de la crèche : les loisirs en prennent un coup !

46 % des parents qui ont un enfant de moins de 3 ans et qui ont renoncé à des dépenses ont limité leurs loisirs pour pouvoir payer les frais de garde de leur petit. 14 % renonceraient à des dépenses en alimentation et 10 % à des dépenses de soins de santé.

Coût de la crèche : les loisirs en prennent un coup !

64 % des parents avouent donc faire des choix difficiles pour pouvoir payer la crèche. Moins de loisirs, une alimentation et une santé sacrifiées, voilà de quoi malmener le bien-être de ces jeunes parents qui semblent souvent tirer le diable par la queue. Alors que tous les médias les encouragent à se bichonner (le bien-être est à la une de tous les magazines et émissions), dans la réalité, ils se privent peut-être d’un séjour de détente en couple ou avec les enfants, d’un poulet bio ou d’une séance de détartrage chez le dentiste. Il n’en faut pas beaucoup plus pour stresser davantage des parents déjà mis sous pression sur leur lieu de travail.
Bien sûr, parmi tous ces parents qui souffrent de l’impact des frais de garde, certains n’ont pas eu la chance de pouvoir inscrire leur enfant dans une structure d’accueil publique où, rappelons-le, la participation financière des parents s’élève à 11 % (plafonnés !) des ressources du ménage, y compris les avantages extra-légaux. Particulièrement pour les parents qui habitent Bruxelles où les places manquent cruellement et les obligent à s’inscrire dans une crèche privée. Ici, les prix montent alors de manière vertigineuse et peuvent atteindre plus de 800 € par mois.
Cette année, notre Baromètre a calculé que les frais engagés pour garder un petit de moins de 3 ans sont de 342 € par mois en moyenne. Si on fait l’hypothèse que le salaire moyen tourne autour de 2 000 € net par mois pour un temps plein (tout cela dépend évidemment du nombre d'enfants, qu’on soit une femme ou un homme, qu’on ait des biens ou pas, etc.), on voit que la part du budget consacrée à la crèche n’est pas négligeable. Ils sont d’ailleurs 23 % à dire que leur enfant ne fréquente pas une structure d’accueil de manière régulière pour des raisons de coût. Rien d’étonnant de retrouver les grands-parents mobilisés en grand nombre - ils sont 38 % à répondre présents - pour s’occuper des petits-enfants un jour de la semaine ou plus.
Si le prix de la crèche est déjà conséquent pour un couple de jeunes parents qui ont la chance d’avoir un travail à temps plein ou à temps partiel, on imagine la situation des mamans solos (21 % des parents interrogés ont répondu qu’ils sont seuls) qui se retrouvent souvent coincées dans des (petits) boulots à temps partiel ou carrément au chômage.

► Amélie Hosdey-Radoux, chargée d’études à la Ligue des familles : « Les parents qui en ont le plus besoin n’ont pas accès aux structures d’accueil »

Parmi les 34 % des parents qui répondent ne pas avoir d’enfant à la crèche au moins un jour par semaine, il y a 6 parents sur 10 qui sont dans une situation de fragilité. Un niveau d’études faible, une situation professionnelle précaire ou sans emploi, un salaire bas ou un revenu de remplacement (chômage, indemnités de soins de santé, etc.), une famille souvent éclatée… autant de difficultés qui font qu’il n’y a pas possibilité pour ces parents-là de sortir le moindre euro en début de mois pour faire garder leur bébé. Or, ce sont les enfants de ces familles les plus défavorisées qui en auraient le plus besoin. En matière de développement - de l’espace pour bouger et jouer, des rencontres avec d’autres mômes, d’autres adultes -, comme en matière de bien-être - une alimentation équilibrée, des soins et un suivi médical, du chauffage aussi…

Déjà en 2015, des parents (et des grands-parents) nous disaient…

Sébastien, deux enfants de 6 mois et 2 ans et demi
« 1 000 € de crèche privée pour les deux. Plus 900 € de loyer, charges comprises. Je suis le seul du couple à travailler et mon poste est très précaire. Derrière les chiffres, il y a la réalité des familles. Et la nôtre est rude. Très rude. »

Gregory, deux enfants de 10 mois et 3 ans
« Un conseil : ne faites pas d’enfants rapprochés, la facture est trop salée. On nous dit que c’est calculé par rapport à nos revenus, c’est vrai dans les crèches publiques, mais ça reste très cher. Je vais sortir un énorme cliché, mais il faut quand même le dire dans votre journal : avec les impôts que l’on paye dans ce pays et qui sont parmi les plus élevés d’Europe, ce n’est pas normal qu’on douille autant. Suis-je le seul à trouver ça énorme ? »

Lucie, 57 ans, une petite-fille de 7 mois
« Je garde ma petite-fille deux jours par semaine pour permettre aux enfants de payer une crèche seulement à mi-temps. Mon fils est au chômage et est considéré comme cohabitant… Ma belle-fille me donne une feuille de route bienvenue tant les choses ont changé. On ne couche plus le nourrisson sur le ventre ou sur le côté, mais sur le dos. On passe aux fruits ou aux légumes beaucoup plus tard (ndlr : entre 4 et 6 mois), on passe tous les aliments à la moulinette durant des mois, on utilise un mouche-nez pour dégager l’enfant. Ouf ! Vous avez déjà essayé ce mouche-nez ? Moi, je n’y touche pas. »

Myriam Katz

Pour la Ligue des familles…

… l’accueil des moins de 3 ans doit être considéré comme un droit de l’enfant et par conséquent être accessible et de qualité pour tous, peu importe le lieu de vie ou la situation socio-économique de la famille.
D’autres chiffres et analyses sur liguedesfamilles.be