Vie de parent

Covid-19 : garder la tête froide
quand toute la famille est infectée

Élisabeth, Albert, Sacha, Émilie. Une famille de quatre comme beaucoup d’autres. À une différence près : depuis dix jours, parents et enfants ont de la fièvre. Tous sont probablement infectés par le coronavirus. C’est en tout cas le diagnostic posé - à distance - par leur médecin traitant. Heureusement, la famille s’est mise d’elle-même en quarantaine dès le premier coup de chauffe.  

Covid-19 : garder la tête froide quand toute la famille est infectée - Gettyimages

Tout a commencé il y a dix jours par une grosse fatigue, suivie d’une fièvre chez le papa et les enfants. Puis, Élisabeth a aussi eu mal à la gorge. Les enfants, Sacha et Émilie, se plaignent régulièrement de maux de tête. C’est souvent le signe avant-coureur d’une poussée de fièvre, analyse la maman. Des symptômes assez vagues et différents d’un membre de la famille à l’autre somme toute. C’est ce qui explique que les parents ne se soient pas inquiétés dans un premier temps. Chaque soir, Élisabeth se couche en se disant que demain tout ira mieux. Et chaque jour, un, deux, trois - voire tous les membres de la famille - chauffe(nt) de nouveau.

Diagnostic et conseils de leur médecin traitant

Ne voyant pas l’issue, les parents appellent leur médecin traitant. Au bout de quelques questions, elle conclut qu’il s’agit très probablement du Covid-19. Mais sans certitude.

« Notre médecin s’est montrée très rassurante et disponible. Son ton apaisé nous a beaucoup rassuré, elle nous a fourni des masques en plus du certificat médical. Elle nous a préconisé de prendre du paracétamol en première intention, car l'ibuprofène pourrait aggraver les symptômes. Dans le cas où la fièvre monte trop, on en prend, mais, sinon, on essaye de faire sans. Tant que notre état reste stable et sous contrôle, elle se dit confiante et ne préconise aucune mesure particulière. Nous devons reprendre contact avec elle si d’ici une semaine si nous sommes toujours malades. D’ici là, nous avons son numéro et elle est joignable tous les jours, week-end y compris. »

Malade et infirmière de circonstance,
les deux casquettes de trop

À la question : « Comment vivez-vous cette situation ? », Élisabeth prend le temps de mesurer son propos. « C’est clair que c’est fort compliqué à gérer. Être malade et infirmière de circonstance, c’est juste les deux casquettes de trop quand il faut déjà gérer les enfants, la logistique de la maison, le télétravail. En tant qu’enseignante, je peux travailler de chez moi. De toute façon, vu la situation, je n’ai pas le choix. Mais je suis obligée de suivre mes élèves pour leur permettre d’avancer au mieux chacun en fonction de leur niveau. Je dois me connecter et travailler quelques heures tous les jours pour suivre ce qu’ils font. Même chose pour Albert qui est informaticien. Il doit se montrer disponible pour répondre aux questions de ses collègues. Quelque part, je suis soulagée, le suspense est fini. Ce que nous craignions se confirme. Mais depuis dix jours, on arrive à fonctionner ainsi. Je sais qu’il y a potentiellement un risque de complication, mais je me refuse de penser à ce genre d’évolution, sinon je risque de m’effondrer. Il faut jongler en permanence entre des informations stressantes comme le fait de voir ma fille fort abattue depuis hier après-midi et essayer de relativiser en se disant que c’est normal dans son état ».

Faire front en couple

Prendre soin des autres quand on n’est pas bien soi-même, c’est compliqué. Heureusement, le couple se montre solidaire, l’adulte le « plus malade » reste au lit et l’autre assure. À présent dans un état similaire, ils ont décidé de fonctionner en demi-journée pour se ménager mutuellement un temps de repos et de travail. Pour tenir la tête hors de l’eau, Albert et Élisabeth s’économisent un maximum en décongelant des restes, en lâchant prise sur le ménage, en augmentant le temps d’écrans. Pour l’approvisionnement alimentaire et les médicaments, la famille peut compter sur des voisins solidaires. Autant de petites choses mises en place par Albert et Elisabeth pour garder la tête froide en pareille période.

Clémentine Rasquin

Ce qui les fait tenir

C’est son réseau qui donne à Élisabeth la force de tenir bon. « Le fait que notre médecin soit disponible à tout moment, de pouvoir échanger des nouvelles avec des amis chaque jour, de savoir que je peux compter sur eux me donne de la force ». Du côté du papa, ce sont plutôt les marques d’affection et la façon dont chaque membre de la famille se montre solidaire et prend soin des autres qui le booste.  

Élisabeth clôture l’entretien sur une note pleine de sagesse, un conseil qui peut faire écho en chaque parent : « Cette situation m’a au moins appris à être à l’écoute de mes limites. En temps normal, je me force à faire des tas de choses, même quand je suis malade. Mais là, sachant que nous sommes tous malades et que nous devons prendre soin de nous, pour la première, fois je m’écoute et me ménage ».