Vie de parent

Covid-19 : plaidoyer pour aider
les parents lorsqu’une école
ferme ses portes

Depuis la rentrée de septembre, des protocoles sont d’application lorsque des malades du Covid sont identifiés dans un établissement scolaire. Ils ont déjà été actionnés. Notamment à Ixelles, où plus de deux cents enfants ont été placés en quarantaine après que des tests sur deux animateurs se soient révélés positifs. À la clé, une source de stress pour les parents, mis au pied du mur, qui se retrouvent sans solution de garde pour les enfants. Plusieurs associations, dont la Ligue des familles, montent au créneau.

Covid-19 : plaidoyer pour aider les parents lorsqu’une école ferme ses portes

Julie résume le problème : « Mes enfants de 2 et 3 ans ne se gardent pas tout seuls et, avec le Covid, les grands parents sont hors course ». Une classe fermée pour cause de Covid-19 et voilà l’organisation quotidienne ébranlée. Et, tout cela, avec un éventail de solutions trop réduit ou inadapté.

Alors, bien sûr, il y a les jours de congés qu’on peut prendre, mais, souvent, ce n’est que reporter le problème pendant les congés scolaires où le problème de la garde des enfants se reposera. Il y a aussi le « côté » non prévisible des mesures de fermeture qui empêchent de s’organiser en amont.

Face à cette problématique, la Ligue des familles, la FGTB, les Femmes CSC et la CGSLB « demandent d’urgence un congé spécifique, sans perte de salaire ». Histoire de compenser le fait qu’il n’existe « aucun dispositif qui leur permette de s’absenter du travail pour cette raison ». 

Pour ces associations, il s’agit d’anticiper. Selon elles, des situations comme celle vécue à Ixelles vont se répéter. « En cas de cas de Covid-19 chez des enseignant·e·s ou des élèves, des classes vont devoir fermer. Même situation dans les crèches et les activités extra-scolaires. Des dizaines, centaines ou milliers d’enfants devront respecter une quarantaine ».

Le congé parental corona pas adapté

Prendre ses congés payés ? Au-delà du « déplacement de problème », les associations soulignent aussi qu’à cette période de l’année, le nombre de jours de congés encore disponibles est forcément plus réduit, beaucoup de parents n’ont plus assez de congé payés à prendre pour pouvoir s’occuper de leurs enfants. Le recours aux grands-parents, comme l’indique Julie, n’est pas recommandé. Les signataires du communiqué envoyé aujourd’hui rappellent aussi que « les solutions de garde pour enfant malade ne sont pas accessibles, puisque l’enfant n’est pas malade (et potentiellement à risque de Covid-19) ».

Reste le congé parental corona. Mais, voilà, il arrive à son terme à la fin de ce mois et de plus, selon les associations, ne représenterait pas davantage une solution : « La rémunération est extrêmement faible, il faut l’accord de l’employeur, et le congé ne peut pas être pris à temps plein ».

Un congé bien rémunéré

Solution préconisée ? Un congé spécifique pour les parents. « Techniquement, il est possible de s’appuyer sur divers mécanismes existants (congé prophylactique, congé parental, chômage temporaire…) mais, dans tous les cas, il est indispensable d’en renforcer la rémunération : il n’est pas admissible qu’en cas de fermeture de classes, les parents y perdent financièrement s’ils absentent du travail alors qu’ils n’ont pas d’autre solution pour faire garder leurs enfants ».

Une protection contre le licenciement

Les organisations (Ligue des familles, la FGTB, les Femmes CSC et la CGSLB) estiment également que les parents doivent pouvoir bénéficier d’une protection spécifique contre le licenciement. Une protection qui existe déjà, par exemple, pour les mamans en congé de maternité. « Dans ce contexte de crise économique, les parents qui se sont absentés pour s’occuper de leurs enfants en quarantaine risquent en effet de faire partie des premiers travailleurs ou des premières travailleuses licencié·e·s. Ils doivent dès lors être protégés ».

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