Vie de parent

Créances alimentaires :
quels sont vos droits ?

Le Service de créances alimentaires (Secal) ne sera pas renfloué. La secrétaire d’État en charge de la Lutte contre la pauvreté, Elke Sleurs, assène que son budget est suffisant. On vous explique les rouages et les enjeux de cet appui pourtant essentiel notamment aux familles séparées.

Créances alimentaires : quels sont vos droits ?

Intéressante, cette histoire du Service des créances alimentaires (Secal). Pour rappel, le Secal a un objectif double : payer des avances sur pension alimentaire ou récupérer les arriérés impayés. à l’heure actuelle, 16 293 enfants bénéficient d’une avance. Un nombre qui aurait dû croître sous l’impulsion d’une réforme dont les conditions d’accès ont été facilitées, en mai 2014.

Aujourd’hui, pour y avoir accès, le plafond de revenu est de 1 800 € net par mois, contre 1 300 € auparavant. Nous vous en parlions. Seulement peu de nouveaux bénéficiaires en font la demande. Selon différentes sources, 4 295 familles supplémentaires devraient potentiellement y avoir accès depuis la nouvelle loi alors que seuls 1 087 dossiers ont vu leur demande d’avances octroyée entre janvier et mai de cette année. On est loin du compte. Pourquoi ?

Un service enlisé dans l’ombre

Côté associatif, on affirme qu’on n’a jamais vraiment donné sa chance à cet outil et que tout est fait pour qu’il soit médiatisé le moins possible. Faites le constat par vous-même, le Secal ne bénéficie d’aucune pub. Il était pris en charge par le CPAS : désormais, il est géré par le fédéral. Les membres du CPAS certifient informer les familles. Ce n’est pas suffisant.

Est-ce que les acteurs de terrains concernés ont le reflexe Secal ? On en doute. Dès lors, on est en droit de s’interroger : pourquoi cet outil patine-t-il ? Il est déficitaire, certes, on donne beaucoup d’avances qu’il est souvent impossible de récupérer. Mais il n’a certainement pas vu le jour pour être viable financièrement. Quoi qu’il en soit, le ministre des Finances se retrouve avec un outil sous-exploité, auxquelles davantage de familles devraient avoir le droit. Qu’en pense-t-on à la Ligue des familles ?

Parents, le Secal fait partie de vos droits

Delphine Chabbert, directrice du service d’Étude politique de la Ligue des Familles insiste sur deux points importants. Dans un premier temps, elle renvoie le gouvernement à ses responsabilités envers les familles monoparentales : « Le Secal ne bénéficie d’aucune campagne d’information, ni auprès du grand public, ni auprès des acteurs concernés. Il devrait être ancré dans une réalité et être mentionné systématiquement comme recours en cas de séparation. Les familles doivent y avoir accès. On demande également un refinancement, il s’agit d’un rouage essentiel au plan de lutte contre la pauvreté. »

Pour rappel, une femme seule avec ses enfants, dont les contraintes sont liées à l'articulation de la vie professionnelle et de la vie familiale, est davantage exposée aux facteurs de précarité. Enfin, Delphine Chabbert en appelle aux familles : « Informez-vous sur ce droit qui vous est pleinement dû et saisissez-le. Il existe. Il est fait pour vous. Il est primordial de l’ancrer dans chaque mentalité comme droit effectif ». N’hésitez donc pas à vous accaparer ce service et lui donner l’existence qu’il mérite. C’est un outil qui, en plus d’aider les familles, sert une société un peu plus juste. Précieux non ?

Yves-Marie Vilain-Lepage

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