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Crèche ou gardienne : le retour
avec le sourire

Les vacances sont bel et bien derrière vous. C’est la reprise. Pas toujours facile pour les parents de lâcher la main du petiot avant qu’il ne file chez la gardienne ou sa puéricultrice en crèche. Conseils pour que cette séparation se passe tout en douceur.

Crèche ou gardienne : le retour avec le sourire

« Combien de fois ce petit a réveillonné, je n’en sais rien. Mais en tous cas, les premiers jours chez moi, il n’a pas arrêté de dormir », s’exclame Anne, l’accueillante. Elle sait bien qu’au lendemain des fêtes de Noël et de nouvel an, les enfants reviennent avec des rythmes un peu chamboulés, parce que les parents les ont traînés çà et là, histoire de profiter au maximum de leur bébé. « Mais les pleurs du matin, les siestes qui ne se font pas à l’heure, ça ne dure pas très longtemps », continue l’accueillante, rassurante.

Les copains, les jouets, on est bien...

Odette Prémont est à la tête d’une maison d’enfants, une petite structure qui accueille seize marmots dans les environs de Gembloux. Un petit paradis semble-t-il, où chaque puéricultrice connaît chaque enfant. Sans doute est-ce pour cela que le retour en crèche après dix jours et plus entre maman et papa se fait sans - presque -aucun mal. Il faut dire qu’Odette et son équipe s’y emploient.
Il y a, par exemple, la veille du congé, la proposition de cette feuille sur laquelle les parents peuvent écrire tout ce qu’ils observent ou pensent durant le congé et qui est ensuite remise entre les mains des puéricultrices. Même chose pour le retour à la maison d’enfants, pour que les puéricultrices puissent dire le bon mot, faire le bon geste ou offrir le bon jouet qui ne peut que faire craquer l’enfant encore un peu réticent.
« En général, raconte Odette, nos petits sont contents de retrouver leur environnement d’accueil. Vers 9 mois, ils en ont la mémoire. C’est d’ailleurs très amusant : à peine arrivés ici, toujours dans les bras de papa ou de maman, ils se hissent pour regarder qui est là. D’autre part, on sait aussi quelle est la puéricultrice avec laquelle ils se sentent le mieux et s’arranger alors pour qu’ils quittent le plus gentiment possible leur parent. Certains vont devoir dire au revoir à leur parent le plus longtemps possible. Accompagnés de leur puéricultrice, ils iront de fenêtre en fenêtre… jusqu'au moment où le parent disparaîtra de leur vue. Par contre, d’autres ne se retournent même pas pour dire au revoir et foncent vers les Duplo. Quoi qu’il arrive, celui qui pleure sera super entouré. Cette attention-là, les puéricultrices de crèches de taille plus importante sont dans l’incapacité de la donner, faute de temps. »

Un peu d'odeurs de la maison

Un enfant qui a développé une certaine sécurité affective ne devrait pas éprouver trop de difficultés à faire face au changement et même à y prendre du plaisir. Des objets transitionnels peuvent l’aider à se séparer de ses parents et d’un milieu qui lui est plus familier.
« Cela peut être un foulard de la maman, l’odeur va l’apaiser, explique le Dr Bachy, pédiatre. Il est d’autres objets comme le doudou bien sûr, un jouet ou la fameuse tétine. La tétine permet d’opérer de nombreuses transitions, entre l’absence et la présence des siens, entre le sommeil et la veille, entre des étapes de son existence comme lors de l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation, un changement alimentaire avec lequel l’enfant doit le plus souvent se familiariser hors de la maison. À défaut de téter son repas, il conserve des repères avec sa tétine. Tout cela favorise un séjour agréable et constructif dans le milieu d’accueil. » 

Dire quand on part

Il est des comportements qu’il vaut mieux éviter, même si ce n’est pas facile, même si on n’a pas toujours le temps le matin, comme s’éclipser à l’occasion d’un moment d’inattention de l’enfant. Odette Prémont et son équipe sont très attentives à cela. « Certains enfants sont tellement absorbés par le jouet ou le copain qu’ils ont trouvé, qu’ils ne voient pas le parent partir. À ce moment-là, la puéricultrice intervient et le lui annonce pour que cela soit très clair. Sinon, l’enfant risque de chercher ses parents toute une partie de la journée. »
Il est aussi intéressant de s’assurer que l’enfant ne sera pas soumis à des messages contradictoires entre le milieu d’accueil et la maison. Cela brouille les repères. « Les crèches et les gardiennes sont soucieuses de s’informer sur les rythmes de l’enfant, sur ses préférences. On est heureusement loin de l’époque où il s’agissait uniquement de garder les enfants. Cette conception a évolué. Elle a été remplacée par celle d’un milieu de vie. Il faut profiter de l’évolution pour prendre des nouvelles de la manière dont s’est déroulée la journée de l’enfant, des difficultés qu’il a éventuellement rencontrées, des progrès qu’il a faits, pour en parler avec lui, pour mettre en mots pour lui son expérience s’il ne parle pas encore. Une manière de l’aider à aborder de manière optimale la soirée, la nuit et le jour qui viennent. »
Et côté parents ? Il y a des moments où l’on glisserait bien un body ou l’autre dans le sac de la maman pour qu’elle vive cette (courte) séparation avec moins de déchirements. « Mais tous les parents ne sont pas aussi inquiets, nous confirme Odette Prémont. Certains papas, et particulièrement les mamans, sont ravis de nous confier leur petit. Elles partent sereines et peuvent enfin souffler. »

V. J.

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