Vie de parent

Cyber-harcèlement : derrière l’écran, tout est permis

Insultes, menaces, intimidations : il est si facile de harceler derrière un écran. Les réseaux sociaux, devenus partie intégrante de la vie de nos ados, jouent un rôle de désinhibiteur en matière de harcèlement. Chez nos voisins français, le 8 novembre est décrété "Journée nationale contre le harcèlement scolaire". Chez nous aussi, le cyber-harcèlement a ses victimes.

Cyber-harcèlement : derrière l’écran, tout est permis

Le harcèlement chez les jeunes, un nouveau phénomène ? Certainement pas. Cependant, il prend un tout autre visage à l’ère où l’hyper-connexion s’intensifie et où 70% des ados consultent les réseaux sociaux plusieurs fois par jour.

Instagram, grand gagnant des réseaux devant Facebook, devient le centre névralgique de ce harcèlement par écrans interposés. Si cette app' a permis de formidables avancées en matière de communication digitale et de liens sociaux, elle contient également une part d’ombre qu’il ne faut pas négliger en tant que parent. Le flux d’informations y est tel que la viralité peut y prendre un caractère haineux. Du « bullying » virtue ou cyber-harcèlement cruellement réel, comme l’indiquent les chiffres : d’après Child Focus, un jeune sur trois aurait déjà été victime de cyber-harcèlement. Une enquête menée par Ditch The Label, ONG anti-harcèlement, affirme qu’un cinquième des ados s’est fait harceler spécifiquement sur Instagram.

Un amplificateur de mal-être

Contrairement au harcèlement « à l’ancienne », qui avait lieu dans l’enceinte de l’école, avec l'intrusion du numérique partour, l’enfant ou l’ado n’est plus épargné lorsqu’il rentre à la maison. En tant que parent, cette omniprésence du danger peut sembler déstabilisante.

Heureusement, les réseaux sociaux n’ont pas le même impact chez tous les jeunes. D’après le Blog du Modérateur, certains considèrent qu’ils font du bien à leur moral : 25 % se sentent moins seuls, 16 % se sentent moins déprimés et 20 % ont l’impression d’avoir une meilleur confiance en soi.

Le risque est plutôt présent pour les ados qui souffrent de problèmes de confiance en eux ou de dépression. Dans leur cas, les réseaux ont tendance à amplifier ce mal-être : 70 % d'entre eux se sentent exclus des interactions sociales.

Ne pas rester seul·e

Afin de prévenir les dangers du cyber-harcèlement, de nombreuses associations et initiatives se sont mises en place. Child Focus a notamment établi une liste d’actions spécifiques contre le cyber-harcèlement. Le 103, numéro d’appel gratuit et anonyme, est accessible tous les jours. Celui-ci offre une écoute et une aide aux jeunes qui en ont besoin. Infor Jeunes encourage également les ados à se confier à une personne de confiance, et ce le plus vite possible.

En parler... à tous

Parents, professeurs, éducateurs... le plus important est d’en parler, de ne pas laisser le mal-être ou la honte s’amplifier, d’ouvrir le dialogue avec le jeune. La sensibilisation est également indispensable, que ce soit à la maison ou à l’école : nos ados doivent être amenés à réfléchir d’une part aux précautions à prendre sur les réseaux sociaux et d’autre part à l’impact de leurs actions et aux répercussions que le harcèlement peut avoir sur les victimes. L’essentiel ? Ne pas nier le problème et jouer son rôle de protecteur et de lanceur d’alerte.

Maria-Laetitia Mattern

En savoir +

  • Child Focus, liste d’actions contre le cyber-harcèlement sur 
  • Victime de cyber-harcèlement ? Appelez le 103.
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