Vie de parent

Cyber-harcèlement :
mon enfant est concerné, que faire ?

Le phénomène du cyber-harcèlement inquiète, à raison, de nombreux parents. Qui n’a pas été confronté, de près ou de loin, à des SMS un peu « limites », à des messages répétitifs et déplaisants sur un réseau social. Les enfants n’échappent à la règle. En cette journée de lutte contre le cyber-harcèlement, on fait le point avec nos camarades de Webetic.

Cyber-harcèlement : mon enfant est concerné, que faire ?

La question de base, elle est simple : « Que faire si mon enfant est cyber-harcelé ? ». À cette question, l’ASBL Webetic, qui lutte avec la Ligue des familles et Child Focus contre le harcèlement digital, a une batterie de réponses qui permet d’y voir un peu plus clair et d’aborder les choses plus sereinement.

Comment prévenir le harcèlement ?

Commençons par là. Le harcèlement peut provoquer de sérieux dégâts chez un enfant. La pression d’un harcèlement peut être telle que l’irréparable n’est pas à exclure. Instaurer un climat d’écoute et de confiance est donc essentiel. Voici comment l’établir :

Veillez à être au courant de ce que fait votre enfant sur le Net. Entamez de manière positive la discussion concernant Internet, laissez votre enfant vous apprendre des choses, mais passez également des accords clairs.
N’attendez pas pour en parler ! Il ne faut pas que le problème soit là pour agir. Adoptez plutôt une attitude quotidienne constructive en instaurant la confiance par le dialogue et la communication au sein de la famille. Ce sujet ne peut en aucun cas devenir un tabou. Parlez-en sans complexe. Intéressez-vous aux activités de vos enfants en ligne et montrez-leur les moyens techniques existants pour se protéger. Si vous ne savez pas comment faire, assurez-vous qu’il sache le faire ou demandez-lui de vous montrer. 
Installez l’ordinateur dans un espace de passage, la pièce de séjour par exemple. Les enfants et les adolescents redoubleront de prudence s’ils savent que des adultes veillent au grain.
Apprenez à votre enfant à n’utiliser internet qu’avec prudence, responsabilité et respect. Dites-lui de ne jamais rien envoyer qui pourrait blesser.
Efforcez-vous de créer un climat tel qu’en cas de problème, votre enfant s’adresse à vous.
Dites-lui qu’en cas de problème, vous serez là pour lui/elle ; que vous êtes la bonne personne à qui parler et que vous ne le jugerez pas

Toutefois, Webetic insiste sur une chose. « Il n’y a pas de règle d’or. Chaque situation est unique, chaque enfant est unique et nécessite une approche particulière. Encouragez-le à être respectueux en ligne comme dans la vie réelle, à ne pas publier des informations qui pourraient être mal comprises. »

Mon enfant est victime de harcèlement, que faire ?

La prévention est une chose, mais elle peut ne pas être efficace à 100%. Votre enfant peut tomber dans les filets d’une personne malveillante. Là encore, l’écoute est le maître-mot, mais la maîtrise de soi est aussi un élément clé.

Efforcez-vous d’abord, en tant que parent, de rester calme. Soyez attentif aux signaux qu’émet votre enfant. S’il refuse tout à coup d’aller à l’école, d’utiliser l’ordinateur ou le GSM, cela peut être le signe que quelque chose va mal.
Rassurez votre enfant. Souvent, les messages ne doivent pas être pris de manière personnelle et, en tout état de cause, ce n’est pas la faute de l’enfant.
Dites à votre enfant de ne pas réagir à des mails ou des messages de haine. Pour l’auteur du méfait, sa joie n’en sera qu’attisée. Vous pouvez bloquer les mails et les messages non désirés. Éventuellement, votre enfant peut choisir un autre pseudo ou se constituer une nouvelle adresse e-mail. À cet égard, il peut être utile de fonctionner avec deux adresses, l’une pour les vrai·e·s ami·e·s (qui peuvent également promettre de ne pas la donner à une tierce personne) et l’autre pour le cercle de connaissances plus large, pour les réseaux sociaux et pour s’inscrire sur des sites ou jouer à des jeux.
Prenez en considération l’impact que peut avoir le cyber-harcèlement sur la confiance en soi et le sentiment de culpabilité de votre enfant. Plus il en sera victime et plus il en souffrira, plus il aura besoin de temps, d’écoute et d’assistance.
Si votre enfant est harcelé sur un réseau social ou dans un jeu, vous pouvez également vous adresser au modérateur, qui pourra bloquer l’accès à la personne incriminée. Cela vaut également pour les responsables de sites ou de blogs.
Avertissez également l’instituteur, l'institutrice de la situation et demandez si l’enfant manifeste des signes particuliers à l’école.

Si le harcèlement se prolonge et dans les cas graves, Webetic ne transige pas : « Vous pouvez vous plaindre auprès de la police locale ou fédérale. Il faudra néanmoins veiller à fournir des 'pièces à conviction'. Apprenez à votre enfant à enregistrer une conversation chat ou à faire une capture d’écran de sessions de chat ou de photos indélicates. Veillez également à ce que la date et l’heure soient enregistrées. Se faire passer pour quelqu’un d’autre, diffuser des photos de quelqu’un sans sa permission, pirater un ordinateur, tenir des propos racistes, diffuser des mots de passe constituent des actes délictueux et punissables par la loi ».

Mon enfant est responsable de harcèlement, que faire ?

L’enfant peut être victime, mais aussi responsable. Et là aussi, le parent à un rôle à jouer. On vous a épinglé cet avis de psychologue proposé par Webetic.

« Faites-lui clairement comprendre que vous ne tolérez pas ce comportement. Parlez avec votre enfant et demandez-lui pourquoi il fait cela. Il arrive souvent que le harcèlement soit perçu ou présenté comme une plaisanterie qui ne porte guère à conséquence. Le harceleur utilise souvent l’humour comme stratégie de manipulation, il enferme ainsi la victime dans sa souffrance.

L’auteur du harcèlement ne se rend pas toujours compte des dégâts qu’il occasionne, ni même du fait qu’il se rend coupable d’un acte délictueux punissable. Ne punissez pas d’emblée, mais indiquez à l’enfant ses responsabilités et tentez de le sensibiliser quant à la portée de ses actes. Posez-lui des questions du type : 'Comment réagirais-tu si quelque chose comme ça t’arrivait ?' ou 'Est-ce que tu oserais dire une chose pareille si ton interlocuteur se trouvait en face de toi ?'.

En un mot, tentez de développer un sentiment d’empathie pour la victime. Finalement, exigez de votre enfant qu’il arrête immédiatement ce comportement. Si l’enfant n’agit pas seul mais avec des amis, vous pouvez en avertir les autres parents. Informez également l’école de ce qui se passe. »

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