Vie de parent

Cyberintimidation : parents et jeunes
sont démunis

La majorité des parents ne saurait pas quoi faire si leur ado était confronté à la cyberintimidation, selon une étude britannique. Voici quelques pistes.

Cyberintimidation : parents et jeunes sont démunis

Des courriels, SMS ou messages cruels, des photos embarrassantes, des injures sur un compte, de fausses rumeurs en ligne… Les jeunes sont, plus souvent qu’on l’imagine, victimes (ou bourreaux) de cyberintimidation.
Ce qu’on appelle aussi  cyberharcèlement, sévit sur le net et implique l’utilisation de téléphones mobiles ou d’ordinateurs pour intimider, menacer ou perturber quelqu’un. Au Royaume-Uni, près de 45 000 enfants ont contacté l’an dernier Childline pour se plaindre d’intimidation. La plupart des experts pensent que la majorité des jeunes en sera victime, tôt ou tard.

L’intimidateur entre dans sa chambre

Tandis que le phénomène est en hausse, 54 % des parents ne sauraient pas quoi faire si leur enfant était intimidé sur le net, indique une enquête britannique (ESET), relayée par Informaticien.be. L’étude révèle également que la plupart des parents sont complètement perdus et insuffisamment informés pour identifier et traiter ce genre de menace qui ne fait que croître.
« Si pour les enfants la cyberintimidation est une menace en croissance, elle est relativement peu connue de la majorité des parents, car nombreux sont ceux qui n’ont jamais eu à faire face à ce problème. Une des différences majeures entre la cyberintimidation et les formes plus traditionnelles d’intimidation, c’est que l’intimidateur peut suivre l’enfant dans sa chambre. En fin de compte, cela rend la cyberintimidation encore plus redoutable pour l’enfant car il n’y a pas d’échappatoire », affirme Mark James, expert ayant collaboré à l’étude.

Comment protéger son enfant ?

Il ne faut pas attendre que le mal soit fait. L’adolescent ne va peut-être pas tout de suite prendre conscience qu’il est victime de cyberintimidation. Il va peut-être minimiser les faits, garder ses craintes et ses angoisses secrètes. Dès que les outils d’accès au web lui sont à portée de main, il est déjà temps de le mettre en garde, et veiller à ce qu’il surfe sur internet en toute sécurité.
Voici quelques règles d’or d’ESET pour la sécurité en ligne des parents et des enfants :

► Disposer d’un logiciel antivirus et de sécurité avec les dernières mises à jour.
► Être vigilant et contrôler les connexions internet de l’enfant : installer un mot de passe et autoriser les enfants à surfer uniquement lorsque les parents ont la possibilité de vérifier périodiquement leurs activités en ligne. Mettre en place des règles claires et précises concernant l’utilisation de l’ordinateur.
► Éduquer les enfants en matière de vie privée sur le net : ils ne doivent jamais fournir ni informations personnelles, ni de détails à des étrangers sur le net ou les réseaux sociaux, ni donner leurs mots de passe privés, même à des amis.
► Contrôler la webcam car elle peut facilement être mal utilisée par des étrangers et des criminels. Elle doit être déconnectée ou couverte lorsqu’elle n’est pas utilisée. Du malware peut accéder à la webcam sans que l’on ne s’en rende compte, et, si elle est contaminée, elle peut être mise en marche à distance. Les enfants ne doivent utiliser la webcam que pour des communications autorisées avec des amis connus et la famille.
► Leur apprendre à bien manipuler les paramètres de confidentialité des réseaux sociaux qu’ils fréquentent : s’ils partagent leur mur avec « tout le monde » ou « les amis des amis », ils perdent le contrôle sur les personnes qui ont accès à toutes les informations.
► Leur rappeler que l’information mise sur le net y reste. Les photos ou infos de profil peuvent avoir été sauvées sur l’ordinateur de quelqu’un. Les enfants et les parents doivent réfléchir plutôt deux fois qu’une aux informations et photos qu’ils publient sur le web.

La cyberintimidation blesse

La cyberintimidation peut blesser un adolescent, jusqu’à le déprimer. Il peut se sentir isolé, humilié, confus et apeuré. Cela peut le suivre jusqu’à la maison, sans qu’il puisse y échapper puisque la menace peut l’atteindre dès qu’il allume son smartphone, son ordi.
Si son jeune manifeste un malaise, l’idéal est d’en parler avec lui et d’essayer de comprendre la situation. Et de lui donner les conseils suivants pour lui permettre de sortir de la spirale infernale :

► Il peut être tentant de répondre aux textos, aux messages ou aux courriels, mais il est préférable de ne pas le faire. Il vaut mieux prendre une grande respiration et laisser couler.
► Ne pas répondre aux menaces, mais ne pas supprimer les messages (ou prendre une capture d’écran) car ils seront nécessaires pour prouver que la cyberintimidation a bien eu lieu.
► Si possible, bloquer l’expéditeur de la boîte de messagerie, de son compte ou de son téléphone. Contacter l’opérateur ou l’administrateur si nécessaire.

Appeler à l'aide

« S’il s’agit du méfait d’un autre enfant de l’école, les parents doivent contacter cette dernière. Si l’intimidateur est un étranger, il faut contacter son ISP (fournisseur de services internet), car celui-ci peut bloquer et empêcher l’intimidateur de contacter l’enfant. Ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’il est conseillé aux parents de contacter eux-mêmes l’intimidateur car, en fin de compte, cela peut dégénérer », ajoute l’expert.
Mais si la cyberintimidation persiste ou atteint un niveau grave de menaces, il ne faut pas hésiter à rassembler quelques preuves et à contacter la police.  

Stéphanie Grofils

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