Vie de parent

De 12 à 18 ans et + :
l’âge des premières armes

Vous voici de plain-pied dans la période où la sexualité prend le pas sur le reste. Tout le reste. Déjà que la communication n’est pas très fluide, alors aborder les questions liées au sexe relève parfois du bras de fer. Assumer son rôle de parent devient un art subtil où la figure imposée consiste à jouer sur plusieurs plans. Attention, donc, où vous mettez les pieds, le terrain est sérieusement miné. Et pour déjouer certains pièges, Valérie Lheureux, sexologue, et Pascal De Sutter, docteur en psychologie et professeur à l’UCL, répondent à vos questions.

De 12 à 18 ans et + : l’âge des premières armes

« Ma fille de 13 ans part trois semaines en camp cet été. Je glisse des capotes dans son sac ? »

La sexologue : Je trouve ça violent de glisser des préservatifs ou des tampons - c’est la même chose - en présumant une sexualité, sans en parler. Je comprends que ce soit délicat ou impossible pour certains parents d’aborder ce genre de questions en direct. Mais si en parler est vraiment trop difficile (même sans trop rentrer dans les détails), le geste de glisser les préservatifs risque d’être mal pris par l’enfant. J’ai l’exemple d’un petit qui interrogeait son père sur des questions autour de la sexualité. Il aurait aimé se référer à l’avis de son papa. Ce dernier ne sachant pas quoi répondre est revenu avec une boîte de préservatifs et lui a déclaré : « Voici la réponse à toutes tes questions ». Ça coupe la communication. Cela peut être invasif, c'est-à-dire que l’on ne sait pas comment ces blocages se propagent dans l’esprit des plus petits, quelle conséquence cela va avoir chez eux.

« Je vis seule avec mon fils de 14 ans, suis-je la mieux placée pour aborder la sexualité avec lui ? »

La sexologue : Idéalement, c’est quand même pas mal d’avoir un modèle masculin pour prendre le relais (ou son pendant féminin pour les jeunes filles). Cela peut-être intéressant de chercher un modèle de virilité au sein de son entourage avec qui il se sente à l’aise. Un membre de la famille, un voisin de confiance, un coach… C’est intéressant de pouvoir trouver une source masculine crédible. Rien ne vous empêche d’ouvrir le champ, de trouver une entrée en matière. Vous pouvez lui dire simplement : « N’hésite pas à me parler », « Tu as une copine en ce moment ? ». On peut parler de relation sensuelle sans être trop intrusif. Il faut faire attention aux enfants qui rejettent systématiquement le sujet. Ils en savent beaucoup aujourd’hui, ils se documentent sur internet. C’est devenu incontournable, les modèles familiaux ont changé. Vous avez beau mettre tous les anti-machins que vous voulez, verrouiller la porte à triple tour, engager des snipers, les jeunes arriveront toujours à avoir accès à ce qu’ils veulent sur le web. À partir de là, il ne faut pas laisser les forums ou le porno être la principale source d’éducation à la sexualité des jeunes. L’ouverture est impérative. Il faut pouvoir discuter de ces sujets avec vos ados sans se montrer trop lourd.

« On n’a jamais vu notre fils de 20 ans en couple. Je me demande comment il vit cette situation. »

Le psychologue : C’est un peu inquiétant. Il faut en parler avec lui. Cela fait partie de votre rôle de parents de se soucier de cette carence. Sans lui coller la pression, vous pouvez lui expliquer que s’il a le moindre doute en ce qui concerne son identité sexuelle, il peut vous en parler sans crainte. Dites-lui que son bien-être vous concerne et que ça ne sert à rien de faire semblant. J’ai des patients qui sont vierges à 40 ans. Ce n’est pas non plus mortel de ne pas avoir de vie amoureuse.
S’il vous semble vraiment bien dans sa peau, il n’est pas nécessaire de s’en faire. Quel épanouissement en tire-t-il ? C’est toujours sain de se poser la question. Pour le coup, n’ayez pas peur d’être insistant, le simple fait d’en parler peut certainement débloquer pas mal de freins chez lui.

« Je dis à mes ados de 15 et 17 ans que l’équilibre sexuel est ce qu’il y a de plus important. Vais-je en faire des pervers ? »

Le psychologue : Absolument pas ! La perversion - même si je déteste ce terme - consiste à se diriger vers une sexualité monomaniaque, obsédante, tout sauf épanouissante. En expliquant que c’est une question d’équilibre, vous associez l’acte à un aspect positif. On peut dire, par exemple, que l’on aime le vin sans être alcoolique, juste par amour de l’œnologie.
La sexualité est une composante majeure de la bonne santé mentale, de l’équilibre et du bien-être de votre enfant. Elle permet de s’approprier la conscience de son corps qui nous porte et nous supporte au quotidien. Elle nous apprend à nous accepter. Il est donc normal que des parents expliquent à leurs enfants qu’ils se soucient de toutes ces questions. Ça me semble très sain.

 « J’ai trouvé du porno dans l’historique de l’ordi de ma fille de 15 ans. Je dis quoi ? »

La sexologue : C’est drôle, parce qu’on évoque toujours cette question mais il y a un élément fondamental que l’on oublie systématiquement. À savoir : d’où vient le fait que votre ado soit tombée dessus ? Est-ce un hasard ou est-ce qu’elle a été le rechercher ? Aussi anodine que cette question puisse paraître, elle a toute son importance.
J’ai rencontré une petite fille qui devait faire des recherches pour son tout premier exposé oral. Très consciencieuse, elle effectue des recherches sur son sujet de prédilection : les chats. Vous le sentez venir, elle tape le mot « chatte » dans le moteur de recherche. Je vous laisse deviner quelles images lui sont apparues. Évidemment, on est sorti du registre animalier !
Heureusement, elle a parlé de ces images à sa mère qui lui a expliqué le rapport aux mots et l’analogie entre le sexe féminin et l’animal. D’où l’importance du dialogue. Il peut éviter des événements traumatiques. Alors, faut-il interdire le porno ? Non, bien sûr. Mais je pense qu’il est important d’expliquer comment ça fonctionne. Mettre en garde sur la dépendance qu’il peut occasionner. Ne pas sous-estimer l’accoutumance qu’il suscite - je reçois beaucoup d’addicts au X. Vous pouvez-lui expliquer que le porno désacralise. C’est bien aussi d’avoir de belles images, plus sensuelles, plus créatives, d’avoir des fantasmes à soi. Peut-être que vous pouvez également lui expliquer la distinction entre la réalité et la pornographie. Il faut combiner avec ce formatage visuel. Ce n’est pas nouveau.
Ce qui a changé, en revanche, c’est que les filles en regardent. Elles le font par curiosité, dans une quête de réflexion. La fille s’exclame : « Est-ce que je dois le faire aussi ? ». Chez les garçons, il y a quelque chose de plus physique. C’est avant tout une question d’excitation et de masturbation. C’est peut-être bon à savoir avant d’entamer toute discussion.
Enfin, une question qu’il est bon de se poser aussi en tant que parents : est-ce qu’elle n’a pas besoin d’autres choses pour se détendre ? Ne vaudrait-il pas mieux qu’elle aille faire un peu de sport, qu’elle s’aère un peu, n’est-elle pas trop devant son écran ?

« Est-ce que je suis obligée d’accompagner ma fille de 12 ans à toutes les consultations chez le gynéco ? »

La sexologue : Avant tout, petit rappel pratique : une personne qui est réglée n’est pas obligée d’aller chez le gynéco, contrairement à ce que croient beaucoup de parents et d’adolescentes. Évidemment, si la jeune fille a des questions sur son corps, ses règles, sa sexualité ou sa santé, alors ça peut être le bon moment. La première consultation peut consister seulement en une prise de contact. On peut encourager la jeune patiente à passer la porte du spécialiste à partir du moment où elle a une activité sexuelle. Et à partir de cet âge-là, on la conduit et on la laisse papoter avec son docteur. On va faire des courses, on se balade et surtout on garde en tête qu’il y a quand même une frontière à respecter. Si on sait qu’il y a relation, on en parle. Mais pas besoin de lui tenir la main à chaque fois qu’elle s’y rend. Elle est grande, c’est aussi la responsabiliser que de lui laisser cet espace.

« Chez moi, on ne parlait pas de ça. Et je n’arrive pas à en parler à mes ados. C’est embêtant ? »

La sexologue : Quelle que soit sa culture familiale ou religieuse, il faut quand même dire à ses enfants que sa porte reste toujours ouverte. Vous n’arrivez pas à en parler par tradition familiale ? Rien ne vous empêche de vous poser la question : a-t-il quelqu’un à qui en parler ? Pourquoi ne pas lui poser simplement la question ? C’est un superpremier pas. Vous n’imaginez pas le soulagement que cela suscite chez les ados. Si oui, tant mieux, ce n’est pas se défausser, au contraire. Vous montrez que vous êtes vigilant. En tant que parents, on n’est pas tout-puissant et ça peut-être apaisant pour vous de savoir que votre enfant bénéficie d’une oreille attentive. Une copine, un prof, un éducateur… Si non, qui sait ? Le simple fait de montrer que vous vous souciez de cette question peut désamorcer certains tabous. D’où viennent-ils d’ailleurs ? Créent-ils une distance ? C’est intéressant de se poser ces questions et de les faire avancer. Ce n’est pas parce qu’on ne parle pas de sexe que l’on ne peut pas parler de relation. Dans beaucoup de cultures religieuses, on se contente de dire aux filles : attention à ta virginité ! Quelle injonction négative ! Il y a d’autres sujets à aborder, non ? On peut parler de joie, d’amour. Et pourquoi pas de mariage ? Il s’agit déjà d’un rapprochement avec les problématiques liées aux relations amoureuses. Je pense que c’est important d’en parler sans faire peur. Et surtout de ne pas aborder ces questions de façon péremptoire.

« J’ai aménagé la maison pour l’intimité de ma fille de 20 ans, mais ça la gêne. J’en fais trop ? »

Le psychologue : Il faut accepter le fait que le père ou la mère n’est pas le meilleur interlocuteur pour aborder la sexualité. Je pense que la meilleure attitude, c’est la discrétion. Évitez de vous immiscer. Les jeunes préfèrent des parents qui ne sont pas intrusifs. Il est important de trouver un juste milieu, de façon à respecter son intimité. Vous pouvez déjouer les communications trop allusives du style : « Alors, c’est le grand soir ? » ou « J’ai mis du champagne au frais », accompagné d’un clin d’œil ! Ça bloque les jeunes et ça les met sous pression. Préservons leur intimité !

« Ma fille, 16 ans, joue à des jeux sexuels très hard et je ne sais pas comment lui en parler »

La sexologue : Avant toute chose, tout dépend de ce que l’on qualifie de « hard ». Visiblement, il s’agit de jeux qui vous rendent inquiet. On entend beaucoup de choses et ce qui rend fou d’anxiété les parents, c’est le fait que tout soit rendu public. Prenons un exemple dont on entend beaucoup parler : les films qui se tournent dans des toilettes avec un simple GSM et qui sont balancés partout sur la toile. Ce sont de véritables pièges tendus aux adolescents. Il s’agit de petites bombes potentielles à retardement. Il faut expliquer très clairement, dans ces cas-là, à quels dangers ces jeunes s’exposent. Et surtout, n’hésitez pas à bien faire part de votre inquiétude.
Évidemment, je pense qu’un bref rappel des risques liés à la santé n’est pas fortuit. Sans tout axer là-dessus. Attention, toutefois, à ne pas tomber dans des stéréotypes du type : une fille se préserve et un garçon peut faire ce qu’il veut. Je ne veux pas relancer ce bon vieux débat sur la théorie du genre, qui élude certains aspects, dont ceux d’ordre physiologique. Une femme et un homme ne sont pas égaux face aux IST, par exemple, c’est une triste réalité.
Cependant, gare aux clichés ! Je comprends que l’on s’interroge. Toute prise de risque nécessite un dialogue. Et pour toute question un peu délicate que l’on n’ose pas aborder avec son ado, j’ai un petit truc que je confie à mes patients : sortez ! Les conflits ont lieu dans votre cuisine, autour de la table ? Eh bien, désamorcez, partez manger une glace, boire un verre, vous balader. Quand on marche, c’est plus facile de faire sortir les mots. 

« Mon fils a 23 ans et vit toujours chez nous. Comment supporter ses ébats ? »

Le psychologue : C’est compliqué pour les jeunes adultes qui restent tardivement au domicile familial. Tout dépend de la façon dont leurs parents le prennent. Certains n’acceptent pas que l’on ramène des conjoints chez eux. Du coup, ils doivent trouver des solutions compliquées. Une chambre d’hôtel ? Oui, mais c’est cher. Une voiture ? Encore faut-il avoir la sienne. Dehors ? Mais il faut que le temps le permette ! Le plus simple reste encore de rencontrer des jeunes de leur âge qui sont indépendants. C’est un peu injuste.
Pire encore, certains parents imposent des règles strictes avec leur grand enfant, comme s’il s’agissait encore d’adolescents. Peut-être qu’ils refusent de voir grandir leur rejeton. Je pense que pour que cette cohabitation se déroule le mieux possible, il faut permettre aux jeunes de s’aménager une forme d’intimité : « Tiens, on part ce week-end » ou alors un simple « Ce soir, on va au ciné, on rentre à telle heure ». Tout le monde s’y retrouve, il est important de laisser un peu de champ libre à ces jeunes. Cette situation de dépendance n’est pas toujours bien vécue par eux non plus.

Et nous, parents, que retenir de tout ça ?

Aujourd’hui plus comme hier

On arrive à la fin de ce dossier. En coulisses, face à vos nombreuses questions, chaque expert interrogé a eu à un moment donné la même réflexion amusée et rassurée : « C’est fou ce que les parents d’aujourd’hui s’interrogent ». Il aurait été curieux de faire voyager ces articles dans le temps et de les soumettre aux familles avant la révolution sexuelle de mai 1968. Qu’en auraient pensé nos aïeux ? Se seraient-ils imaginé qu’en un claquement de langue les esprits se dénoueraient et que l’on placerait la sexualité au cœur du bien-être et de l’équilibre de tous, pas à pas, à tout âge de la vie ? Les mamans et les papas avaient-ils les mêmes appréhensions ?

Vous en parlez… en vous forçant

Attention, tout n’est pas gagné pour autant, loin de là. Dans beaucoup de familles, il est hors de question d’évoquer quoi que ce soit qui a trait à la sexualité. Peu importe les blocages ou les vieux démons que l’on regagne à chaque génération. « Chez nous, on ne parle pas, Monsieur ».
Très bien, mais les conséquences peuvent-être désastreuses, on le constate jour après jour. Alors comment avancer ses pions sur ce terrain-là ? Encore une fois, en tendant l’oreille et en ouvrant l’œil. Discrètement, bien sûr. On peut, par exemple, être plus attentifs à nos enfants au quotidien sans les contrôler, bien sûr.
On peut même aller au-delà de son cercle familial et veiller subtilement aux autres gamins qui composent le quotidien. Un petit voisin qui n’a personne à qui poser les questions importantes. Une jeune fille dont les discussions autour de la sexualité sont proscrites sous son propre toit.
Que faire ? Pourquoi ne pas prendre le temps de discuter dans le respect de l’autre, et répondre avec simplicité ? Pourquoi ne pas faire un peu avancer les choses et contribuer à un petit plus collectif ? N’est-ce pas aussi une mission de la parentalité ? Oui. Encore une…

Yves-Marie Vilain-Lepage

La question

Être parents, ça nous prend tellement la tête qu’on en vient à oublier qu’on est aussi une femme, un homme. Ne devrait-on pas s’occuper davantage de ce qui se passe sous notre couette ?

La sexologue : Voici ce que je dis aux parents qui viennent me voir. Il faut se consacrer à son couple cinq minutes par jour, une soirée par semaine, un week-end par mois. Difficile, voire impossible, hein ? Pourtant lorsqu’il s’agit de le faire pour vos enfants, vous ne le remettez pas en question. Pour la famille oui, mais pour le couple non. Demandez-vous donc où vous mettez l’importance de votre ménage ? Pourquoi est-il le cadet de vos priorités ?
Il est vital que les parents retrouvent leur intimité. Montrez-vous l’un à l’autre que vous faites des efforts. À tour de rôle. Ça coûte cher ? Et combien coûte une rupture ? J’ai entendu un avocat me dire un jour que grâce à une séparation, il allait pouvoir se payer de belles vacances de ski. Ça mérite réflexion, non ?

Le psychologue : Comme un jardin, l’intimité du couple est un lieu qui doit s’entretenir. Ce n’est pas quelque chose de spontané. La sexualité du couple s’épanouit seulement si on y prend soin, comme on le fait avec ses enfants. La sexualité, l’art d’aimer, c’est quelque chose qui s’apprend. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avons créé l’Académie des arts de l’amour pour que chaque parent, chaque couple, cultive son désir.

En savoir +

  • www.educationsexuelle.com : véritable foire aux questions, ce site regorge de conseils, de témoignages et de vidéos en tous genres. Un parent nous a confié qu’il se servait de ce site pour évoquer la sexualité avec ses ados.
  • www.masantesexuelle.com : très bonne initiative de quelques sexologues et psychologues, dont Pascal De Sutter. L’idée consiste à poser ses questions les plus intimes par mail. Il est possible également de tchater, d’accéder aux forums ou même de visionner des vidéos thérapeutiques
  • www.aaah.be : l’Académie des arts de l’amour. En voilà un nom éloquent. Destiné aux parents, ce site n’a qu’une seule ambition : permettre aux adultes dont les sentiments sont en péril d’apprendre ou de réapprendre l’art d’aimer. Finalement, n’y a-t-il pas que cela qui compte ?
  • www.oveattitude.be : le portail des centres de planning agréés en Wallonie et à Bruxelles regorge d’infos fiables et pratiques, de dossiers.
  • Enquête sur la sexualité de jeunes entre 11 et 17 ans dans le Hainaut par l’Observatoire de la santé du Hainaut.
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