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De la vitamine D à la place du soleil

Le retour sur les compléments en vitamine D : une action marketing menée par les firmes pharmaceutiques ? Une récente étude montre que seuls 2 % des enfants belges disposent d’un taux optimal de cette vitamine. Face à ce constat, on comprend mieux que les pédiatres aient remis au goût du jour l’importance des compléments vitaminés. Le point avec Marie-José Mozin, présidente honoraire du Club européen des diététiciens de l’enfance.

De la vitamine D à la place du soleil

Quel est le rôle de la vitamine D ?
Marie-José Mozin : « Cette vitamine est essentielle à l’absorption et à la fixation du calcium dans les os. On peut dire qu’elle est le maçon de notre squelette. Consommer beaucoup de calcium n’est pas efficace si l’on manque de vitamine D. Par ailleurs, de récentes études montrent que son rôle ne se limite pas à cela. Elle aurait également un impact - démontré par une diminution de la fréquence des chutes chez les personnes âgées - sur l’efficacité des muscles et elle réduirait les risques de diabète de type 2 chez les personnes en surpoids. »

L’exposition régulière au soleil peut-elle suffire à combler les besoins ?
M.-J. M. : « Oui, si vous vivez dans un pays très ensoleillé. Mais dans nos contrées, c’est difficile. Nous vivons dans un pays où l’ensoleillement est très faible. Dès lors, il est presque impossible d’obtenir naturellement la dose de vitamine D optimale. Ce phénomène est encore renforcé par le fait que, de nos jours, les enfants sont souvent en pantalon long même l’été, alors qu’autrefois ils couraient plus souvent en culottes courtes ou en jupe. La surface de peau exposée au soleil a donc fortement diminué. Enfin, nous protégeons beaucoup plus les enfants du soleil qu’avant. Bien sûr, c’est nécessaire pour les protéger des cancers de la peau et il faut continuer dans cette voie, mais cela implique de trouver d’autres sources de vitamine D. »

Un saumon au soleil !

Existe-t-il des aliments riches en vitamine D ?
M.-J. M. :
 « Très peu, malheureusement. On la trouve essentiellement dans les huiles, les poissons gras (saumon, hareng, sardine, truite, anchois, thon, anguille, etc.). Certaines viandes, les œufs ou les champignons peuvent être des sources intéressantes. L’alimentation n’intervient cependant que pour 20 à 30 % des apports en vitamine D. »

Faut-il donner des suppléments à nos enfants ?
M.-J. M. : « Les pédiatres belges recommandent de donner chaque année, entre novembre et mars, un complément de vitamine D à tous les enfants jusque 18 ans. En effet, une étude, menée par le professeur Stéphane de Henauw et son équipe, montre que, en Belgique, seuls 2 % des enfants ont un taux de vitamine D optimal. 40 % ont un taux suffisant, 53 % ont un taux insuffisant et 5 % sont en déficience grave. Ces déficits sont particulièrement présents chez les enfants en surpoids et obèses. Face à ces chiffres inquiétants, les pédiatres doivent jouer leur rôle et attirer l’attention des parents sur l’importance des compléments. Ce n’est pas nouveau. Dans le temps, les enfants recevaient déjà une cuillère d’huile de foie de morue le matin avant de prendre le chemin de l’école ! »

Essentielle jusqu’à 18 ans

Quels sont les risques en cas de carence ?
M.-J. M. :
« Une carence en vitamine D chez les enfants peut fragiliser les os, augmentant les risques de fractures et de faiblesse musculaire. Un bon taux de vitamine D est d’autant plus important que le tissu osseux se construit jusqu’à 18 ans environ. Après cet âge, on vit essentiellement sur les réserves acquises. »

Faut-il prévoir un traitement spécial pour les bébés ?
M.-J. M. : « Les nourrissons et les bébés sont particulièrement concernés puisqu'il faut bien sûr éviter de les exposer trop longtemps au soleil. Si le bébé est allaité, la mère doit prendre les suppléments vitaminiques qui lui auront certainement été recommandés. Les laits pour bébés sont supplémentés en vitamine D. De toute manière, mieux vaut inviter les parents à en parler avec leur pédiatre. »

Et chez les ados ?
M.-J. M. : « Durant la préadolescence et l'adolescence, la vitesse de croissance est rapide et une bonne part du capital osseux se constitue. Les besoins en calcium et en vitamine D sont donc élevés. La consommation de produits laitiers est alors essentielle… et la vitamine D incontournable. »

Gaëlle Hoogsteyn

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