Vie de parent

« De ma chambre,
je compte les ambulances »

Voilà un texte coup de poing, une rage exprimée en quelques mots contre le coronavirus, mais aussi contre l'insouciance. Ce texte est de Dominique Costermans, elle est malade du Covid-19. Elle a fait une rechute, elle qui avait rédigé une brochure de vulgarisation sur le virus destinée aux enfants dont on vous a déjà parlé ici. Voici l'expression d'une colère qui fait mouche.

Un texte de Dominique Costermans, écrivaine, auteure de nouvelles et de nombreuses publications didactiques, notamment sur la santé, destinées aux enfants et aux enseignants.

« De ma chambre, je compte les ambulances »

Ce sale petit coronard est entré dans mon système respiratoire et a provoqué ses premiers dégâts vers le 13 mars. Toux, fièvre, douleurs musculaires, vertiges, perte d’appétit, fatigue intense. J’ai remporté cette bataille, j’ai cru que nous étions quittes. Mais il attendait son heure, tapi au fond de mes poumons. 21 jours plus tard, il s’est attaqué à mon oreille interne (aux deux, tant qu’à faire), me privant de tout équilibre et me précipitant depuis quatre jours dans l’épouvantable cycle des vertiges, nausées, vomissements, pertes de conscience. Ça aurait pu être pire. Il aurait pu s’attaquer aux reins, au coeur.

Je vous écris de l’hôpital où j’ai passé de sales moments. Mes paramètres sont bons, il faut juste attendre que le Covid me lâche. Je me bats. On me prépare des rations de coureuse cycliste. Croyez-moi, avec l’aide des super abeilles de ce service (elles sont toutes en jaune), je compte bien gonfler les stats de sorties dans quelques jours. Et pas les pieds devant.

Restez chez vous

J’en veux beaucoup à tous les coronards et les coronasses qui m’ont dit : « T’es sûre que c’est pas la grippe ? Mais comment tu peux le savoir ? T’as été testée ? Je peux passer te voir, hein, moi, j’y crois pas. Mais non, tu n’es pas contagieuse, est-ce que tu connais ta charge virale au moins ? Moi, je ne risque rien, je pratique la pensée positive. Allez, on se fait la bise, quand même ? C’est pas un p’tit virus qui va nous faire peur ! Ah, mais le problème, c’est que vous avez pris du Dafalgan, voilà tout ! C’est la faute à la 5G ! Ma fille m’amène ses enfants ce week-end, sinon on n’a plus de vie, hein ! (non, bientôt vous risquez de ne plus en avoir) ». Etc.

Aujourd’hui, je rassemble mes forces pour expulser cette saloperie et me fabriquer des anticorps. J’espère n’avoir contaminé personne : je suis allée faire les courses strictement nécessaires dans le quartier, avec un masque, des gants, du gel. Je ne suis pas allée dans les parcs, je n’ai pas fait de balades à vélo, encore moins d’apéros ou de fêtes avec les voisins. J’ai vu ma fille une heure, dehors, avec foulard et gants, et distance... et je m’en veux. Mais je vous en veux aussi, vous qui vous promenez en grappes insouciantes (et ne me dites pas que vous vivez sous le même toit !) et ramenez ce virus dans vos familles. De ma chambre, je compte les ambulances. Le service est surchargé, mais pas débordé. C’est ma chance. Je vais m’en sortir.

Restez chez vous : à cause de votre insouciance, de votre déni, de votre égoïsme, ceux que vous aimez n’auront peut-être pas cette chance.

Dominique Costermans

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