Vie de parent

Déception à la Ligue des familles et au Gezinsbond : « Le gouvernement ignore des signaux inquiétants »

C’est un communiqué commun, mais surtout l’expression d’une grosse déception. Hier, la Ligue des familles et son pendant flamand, le Gezinsbond, se sont plaints, d’une seule voix, de l’absence de réponse du gouvernement sur leur demande d’un « congé coronavirus » pour permettre aux parents de s’occuper de leurs enfants en cette période de confinement.

Déception à la Ligue des familles et au Gezinsbond : « Le gouvernement ignore des signaux inquiétants »

« Ce gouvernement ignore superbement les signaux inquiétants émanant de nombreuses familles ». Le ton est légèrement provocateur et laisse poindre l’irritation des deux organisations familiales. Pour rappel, elles réclament que les parents de jeunes enfants ou d'enfants à besoins spécifiques puissent bénéficier d’un congé particulier si leur situation le demande. Cette proposition faisait suite à des enquêtes de terrain qui montraient une réelle détresse de parents qui ne parvenaient plus à gérer leur vie professionnelle, chamboulée par le confinement, avec la prise en charge des enfants, privés d’écoles ou de crèches, privés de garde chez les grands-parents.

Pour ce congé, les deux organisations ont lancé une pétition qui a recueilli plus de 18 000 signatures. Elles ont objectivé leur demande par des enquêtes quantitatives doublées de coups de sonde qualitatifs. Des démarches qui ont, notamment, mis en exergue la vraie détresse des familles monoparentales, ainsi que des familles où évoluent des enfants porteurs de handicap.

Un effort qui n’est pas réparti de la même façon

« Ces parents travaillent très tôt le matin et très tard le soir, quand les enfants dorment, sans pour autant toujours venir à bout de leurs tâches, ou épuisent leurs congés, dont ils ont pourtant encore besoin pour toutes les vacances scolaires. La fin des mesures de confinement n'est pas encore clarifiée et l'année n'est même pas à moitié écoulée. Pour ces parents, nous avons demandé un système de congé spécial, qu'ils pourraient également prendre à temps partiel ». Voilà, clairement, la demande de la Ligue des familles et du Gezinsbond. Mais, voilà, rien ne bouge.

Des contacts ont été pris, des partis ont communiqué leur position. Certains se sont engagés avec plus ou moins de force. Mais au niveau du gouvernement fédéral, rien. Même pas une réponse officielle, juste un « accusé de réception » de la Première ministre, il y a deux semaines.

Les deux associations pestent : « Lors de contacts informels, on nous renvoie aux efforts que chacun doit consentir dans cette crise, au fait que les écoles et crèches ne sont pas totalement fermées, à la possibilité de prendre des congés et à la flexibilité des employeurs ».

Sur l’effort demandé à chacun, Ligue des familles et Gezinsbond s’accordent pour dire que c’est normal. Mais les deux associations apportent un bémol : « L'effort demandé aux familles ne pèse pas de la même façon sur les épaules de chacune. Avec ce congé, nous n’avons pas pour objectif que tous les parents cessent de travailler, nous voulons simplement offrir une solution aux familles qui sont au bout du rouleau. Notre économie ne gagnera rien à abandonner ces parents et à les laisser s’épuiser ».

Les ménages ne sont-ils plus l’entité centrale de la société ?

Ce matin dans l’Avenir, Christine Mahy accorde une interview qui fait écho à ceci. Elle plaide pour une aide directe aux ménages qui en ont besoin. « Le problème, c’est que l’État ne voit plus les ménages comme l’entité centrale de cette société. Pourtant, sans les ménages, il n’y aura pas de relance économique ».

La secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté s’explique : « Les ménages, c’est un revenu, de la consommation, des travailleurs potentiels dont la situation risque de se dégrader si on ne les aide pas maintenant. Parce que débloquer un soutien en 2e ligne, quand les personnes ont déjà dégringolé, ça viendra trop tard et ce sera insuffisant ».

Quant aux abus possibles, Christine Mahy les balaie d’un revers de la main : « Il n’y a pas plus de raison de se méfier plus des ménages qu’on ne se méfie des entreprises et des indépendants ».

Thierry Dupièreux

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