Vie de parent

Déconfinement : et pourquoi pas
un système de garderie solidaire
entre parents ?

L’idée a déjà germé dans la tête de nombreux parents. Pour résoudre le problème des garderies, ne pourrait-on pas organiser entre parents une garderie tournante ? Idée simple, facile à mettre en place qui repose sur le collectif. Seule petite question : est-ce que c’est en phase avec les mesures sanitaires ? Le politique va se renseigner.

Déconfinement : et pourquoi pas un système de garderie solidaire entre parents ?

Laura nous l’avait déjà écrit il y a deux semaines. « Pour Félicien et Simon, qui sont âgés de 7 et 9 ans, je me suis dit qu’on aurait pu s’arranger avec deux de mes amies qui ont des enfants du même âge. Comme nos mi-temps ne se recouvrent pas, ce serait une solution idéale ». Oui, mais voilà, jusqu’ici ce type de dispositif n’est pas vraiment autorisé. C’est même le flou dans ce dossier des garderies comme la Ligue des familles l’a récemment démontré.

Cela dit, l’idée de Laura et de bien d’autres (si on juge par les messages envoyés par nos lecteurs et lectrices) commence à faire son petit bout de chemin, à un point tel que la ministre de l’Éducation, Caroline Désir, l’évoque ce matin dans le journal Le Soir. « Il faut commencer à penser à soulager la majorité des familles, ça devient long pour tout le monde », dit-elle dans le quotidien.

► Voici l'idée

Et de venir avec cette idée concrète : « Ne pourrait-on pas commencer à penser à une solidarité entre familles sur la base du modèle mis en place pour ce week-end ? Quatre familles, toujours les mêmes, pourraient s’organiser pour garder leurs enfants en petits groupes, à tour de rôle ». Voilà, c’est déposé. Reste un problème, est-ce que ça cadre vraiment avec le plan de déconfinement ?

Dans l’interview, Caroline Désir reste prudente : il faut que les experts valident cette solution. Et là, au vu de leurs éclaircissements sur le dispositif mis en place pour le dimanche de la fête des mères, ce n’est pas gagné. Ce système rendrait plus « poreux » les systèmes de « silos ». Mais, en même temps, serait-il plus dangereusement, sanitairement que le regroupement de nombreux enfants venus d’horizons différents dans des garderies ? Question qui doit être tranchée.

► Une idée pour soulager les écoles ?

En attendant, ça urge. Aux niveaux des garderies, au-delà du manque de clarté, les parents sont de plus en plus circonspects par rapport aux capacités d’accueil dans les écoles. Lorsqu’ils reçoivent les conditions, ils constatent que celles-ci sont assez dissuasives.

En voici un exemple : «  Dans cette optique, nous souhaitons vous rappeler à quelles conditions cumulatives les élèves pourront être accueillis en garderie dans les jours qui viennent. Ces garderies ne seront accessibles :

► qu’aux enfants pour lesquelles une demande explicite aura été formulée à l’école,
► qu’aux enfants dont les deux parents - ou le parent dans le cas de famille monoparentale - peuvent attester qu’ils n’ont d’autres choix que de rejoindre leur lieu de travail et n’ont donc pas la possibilité de faire du télétravail ;
► que pour la durée absolument nécessaire eu égard aux obligations professionnelles ;
► qu’aux enfants dont les parents ne peuvent absolument pas faire appel à d’autre dispositifs de garderie privés (familles, asbl...) ou publics (garderie organisée par les communes...).

En cas de doute, la direction pourra prendre contact avec les parents pour s’assurer que ces conditions sont bien rencontrées. »

Bref, dans ce contexte-là, certains parents se demandent si tout compte fait, un dispositif de garde collectif et solidaire n’arrangerait pas tout le monde. Cela soulagerait notamment les garderies d’écoles ou celles mises en place par les communes avec la certitude que cela est autorisé. Mais sur ce dernier point, on est encore loin du compte.

► Une idée pour le court, mais aussi le moyen terme ?

Le point positif, c’est que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est visiblement conscient qu’il faut trouver une solution. « Certains parents ont besoin de souffler, estime Caroline Désir. Je crains une cascade de burn-out parental ».  La garderie collective et solidaire dans un périmètre pourrait être une solution, reste à voir l’impact sanitaire d’une telle initiative… Au minimum, il s’agirait, au moins, d’autoriser la garde des enfants par un proche comme le réclame la Ligue des familles.

Il s'agit aussi d'envisager un futur proche. Car si on évoque la période qui court jusqu'à la fin juin. Il faut aussi prendre en compte l'été avec des problèmes de gardes d'enfant qui resteront entiers si stages et camps d'été ne sont pas autorisés...

T. D.

La réaction de la Ligue des familles

La Ligue des familles a pris connaissance des propos de la Ministre Caroline Désir dans Le Soir, qui propose que quatre familles, toujours les mêmes, puissent s’organiser pour garder leurs enfants à tour de rôle. La Ligue des familles soutient cette mesure, dans le cadre d’un éventail plus large de solutions pour les familles.

« De nombreux parents ne souhaitent pas mettre leurs enfants en garderie, que ce soit parce qu’ils ont peur, parce que les enfants sont trop jeunes ou d’autres raisons qui leur sont propres, constate Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles. D’autres ne peuvent tout simplement pas: parce qu’ils télétravaillent et que l’école le refuse, parce que les horaires des garderies ne sont pas en adéquation avec leurs horaires de travail, parce qu’un membre de la famille a un déficit immunitaire... Ils sont donc sans solution de garde de leurs enfants alors qu’ils doivent reprendre le travail ou qu’ils ne l’ont tout simplement jamais arrêté. La Ligue des familles est demandeuse d’un éventail de solutions pour les familles, dont la solidarité entre familles peut faire partie, tout comme la garde des enfants par des proches, le baby-sitting et bien sûr, et avant tout, un congé correctement rémunéré, qui reste indispensable si l’on veut apporter une solution à toutes les familles. »

Un congé coronavirus a bien été mis en place mais il n’est pas encore accessible aux parents, et surtout il est beaucoup trop faiblement rémunéré: de nombreux parents ne peuvent pas se le permettre. En ce qui concerne la garde des enfants par des proches, la situation est floue: la Ligue des familles a appelé à six reprises le numéro officiel d’info coronavirus. On lui a répondu plusieurs fois que c’était autorisé et plusieurs fois que c’était interdit... La Ligue des familles appelle à ce que l’on l’autorise explicitement.

Une solution pour les parents, mais aussi pour le bien-être des enfants

« Permette aux enfants de passer une journée chez des copains n’est pas seulement une solution pour les parents: c’est aussi et avant tout une nécessité pour le bien-être des enfants, qui sont, pour nombre d’entre eux, isolés depuis des semaines » conclut Christophe Cocu. La Ligue des familles appelle le prochain Conseil national de sécurité à placer bien-être des enfants au cœur des prochaines mesures de déconfinement.

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