Vie de parent

Des balises pour la fin de l’année scolaire

Si le Comité de concertation de mercredi a donné son feu vert pour un retour à l’école dès ce lundi, une question demeure en suspens : comment les fins d’années scolaires vont elles s’organiser concrètement ? Entre présentiel à réévaluer et questionnements autour des examens de fin d’années, les débats s’annoncent soutenus. Dans ce cadre, la ministre vient de diffuser une circulaire pour donner des pistes aux écoles.

Des balises pour la fin de l’année scolaire

« Faut-il encore croire à un retour à plein temps à l'école avant la fin de l'année scolaire et donc pour la période des examens ? », « Comment s’organiseront les examens si le présentiel reste fixé à 50% ? » Questions de parents déposées, hier, sur notre page Facebook après la présentation des mesures prises en Comité de concertation.

Si la reprise des cours est bien effective ce lundi, elle n’empêche pas, en effet, certaines interrogations d’émerger du côté des papas et des mamans, parfois, inquiets du suivi scolaire de leur progéniture. Gros sujet de préoccupation, la façon dont seront organisées les périodes d’évaluations. À ce propos, la ministre Caroline Désir a diffusé, ces dernières heures, une circulaire auprès des écoles. Elle y souligne l’importance de « fixer des repères clairs et rassurants en termes d’organisation des épreuves sommatives de sanction des études et de recours. »

Apprentissages et bien-être

Sur l’objectif visé, la ministre le ramasse ainsi : « Nous devons à nos élèves de leur permettre de progresser dans leur parcours scolaire malgré les circonstances que nous traversons, en tenant compte des effets de la crise sanitaire sur leurs apprentissages mais aussi sur leur bien-être et sur leur santé mentale. »

Comment y parvenir ? Voilà les différentes pistes évoquées.

1. Éviter les redoublements | Il faut concilier l’intérêt pédagogique et psycho-éducatif des élèves « en prenant en considération d’une part leur niveau d’apprentissage et leurs résultats et, d’autre part, leur bien-être psychologique et émotionnel. Cela signifie que, plus que jamais, il importe d’accorder aux décisions de redoublement un caractère exceptionnel et de favoriser le passage dans l’année supérieure, le cas échéant en soutenant les élèves par des dispositifs d’accompagnement et de remédiation. »

2. Viser l'essentiel | Il faut continuer à faire porter les apprentissages et les évaluations à venir sur les « essentiels ». Des essentiels déjà définis dans de précédentes circulaires.

3. Priorité à l'apprentissage | Il faut privilégier au maximum les temps de cours et d’activités didactiques « durant la période qui mène à la fin de l’année scolaire en tenant compte des écarts d’apprentissage qui ont pu se creuser entre les élèves. »

4. Réinventer les évaluations | Il s'agit de se rappeler que, « particulièrement pour l’enseignement secondaire, les évaluations ne doivent pas nécessairement prendre la forme d’une session d’examens avec suspension des cours et que des formes alternatives peuvent être mises en place. » Et la ministre d’exposer les possibilités que sont les sessions allégées ou raccourcies, les évaluations sans suspension des cours, etc.).  Caroline Désir souligne que le but est de ne pas accentuer la pression déjà subie par les jeunes étant donné le contexte de crise sanitaire.

5. Encourager la discussion | Il faut tout mettre en oeuvre pour instaurer un dialogue entre les écoles et les parents « en y associant les agents PMS, et ce particulièrement pour les élèves dont les perspectives de réussite ne sont pas assurées. »

Et maintenant? Quelles répercussions sur le terrain?

Encore une fois tout ceci n’est que pistes, comme le souligne la ministre dans sa circulaire, il revient aux équipes éducatives « de déterminer les modalités d’appréciation de la réussite des élèves ». Bref, rien d’obligatoire dans les souhaits de la ministre de voir, par exemple, les systèmes d’évaluations être plus créatifs en s’adaptant aux circonstances du moment.

Ce caractère non-contraignant pose question, comment les écoles vont-elles, effectivement, prendre en compte les balises posées par la ministre ? « De notre côté, on est plutôt satisfait des propositions de la ministre » relève Joëlle Lacroix, de la coordination du secrétariat général de la Fapeo (Fédération des Associations de Parents de l'Enseignement Officiel). « Cet appel à la clémence, cette manifestation d’empathie est positive. Mais cela n’a pas force de loi. Sur le terrain, ce sont les pouvoirs organisateurs des écoles qui vont décider de la façon de procéder, de changer les règles. Notre attente se porte de côté-là, nous espérons de nouvelles dispositions concrètes prises par les écoles qui iront dans le sens de la circulaire. »    

Nul doute que cette préoccupation est partagée par l’ensemble des acteurs et des observateurs du secteur de l’enseignement.

T.D.

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