Vie de parent

Des étudiants font des pauses porno sur le web

Les jeunes sont de plus en plus confrontés à des images à caractère pornographique sur internet. Ils sont spectateurs et parfois acteurs. S'en rendent-ils compte ? Comment l'éviter ?

Des étudiants font des pauses porno sur le web

C'est pendant le blocus et les examens que les étudiants font le plus... de pauses. C'est bien connu. Le break idéal est bien sûr de se dégourdir les jambes, de prendre l'air ou de voir ses amis.
Smartphone à la main, certains préfèrent faire le pitre en ligne. Mais ce sont des images particulièrement choquantes qui ont circulé fin de semaine dernière sur le compte « snap_Umons » (aujourd'hui supprimé) : strip-teases, poses suggestives, gros plans de parties intimes et même de courtes vidéos d'ébats et de fellations. Ces étudiants, anonymes, sont bien tombés dans la cyberpornographie en diffusant des images accessibles à tous en quelques clics.
Bien que le principe de Snapchat veuille que les images ou vidéos n'apparaissent qu’une dizaine de secondes sur l’écran du téléphone, il suffit à l’utilisateur d’appuyer simultanément sur une combinaison de touches pour capturer l’instant et ainsi enregistrer l’image dans son téléphone. Et la réutiliser quand il le souhaite...

Interdire ou contrôler, mais comment ?

Les jeunes se rendent-ils compte de ce qu'ils font ? Pas forcément. En tout cas, pas tout de suite. Il s'agit parfois d'un bête pari qui dégénère. Le jeune, soumis à la pression, ne réalise pas toujours ce qu'il fait, ni même qu'il n'a pas envie de le faire. Mais pendant ce temps-là, la caméra tourne. Les images sont publiées, puis partagées et commentées. Elles ne lui appartiennent plus. Il devient spectateur impuissant et victime. C'est là qu'il comprend qu'il est allé trop loin et accuse le coup. Psychologiquement et moralement, cela peut être très dur. D'autant plus si la personne a été photographiée ou filmée à son insu.
Les jeunes ne sont pas toujours acteurs ou diffuseurs de 'images porno. Ils n'y sont pas moins confrontés. Aujourd'hui, plus de 8 % des jeunes déclarent avoir vu leurs premières images pornographiques avant l’âge de 11 ans (17 % avant 13 ans).
Le web et les réseaux sociaux ont un effet démultiplicateur. Ils facilitent la production et l'accessibilité des images. Cela vaut aussi malheureusement pour les contenus violents, choquants et déviants, comme la pornographie.
Suite aux récentes dérives estudiantines, le député fédéral Richard Miller (MR) a proposé au gouvernement une série de mesures destinées à sensibiliser les jeunes sur les dangers de la pornographie et à limiter la facilité avec laquelle ils peuvent y accéder sur le Net. Contrôler ? Il n'est pas le premier à s'en être inquiété.
Mais la réalité du web aujourd'hui est telle que les contenus, que les utilisateurs peuvent désormais diffuser en live, sont très difficiles à contrôler, sans tomber dans la censure (qui enfreint la liberté d'expression). Et les technologies évoluent tellement vite que les régulations peineront toujours à suivre.

Éducation au sexe et aux médias

Il ne faut pas non plus tomber dans la psychose. La sexualité en ligne fait partie de notre société actuelle et il est normal que les jeunes aient eux aussi tendance à chercher des informations, des images ou des expériences sur internet, rappelle Child Focus. Le web est aussi une mine d'infos et un terrain d’apprentissage.
« S'ils flirtent, s’envoient des messages à caractère sexuel ou des photos sexys, visitent des sites porno... Cela n’a rien d’anormal ou d’inquiétant. C’est ainsi que les jeunes découvrent ce qui est socialement acceptable ou pas, ce qu’ils veulent et ne veulent pas, où sont leurs limites et celles des autres... »
Le sexe sur internet comporte toutefois une série de risques dont les jeunes doivent être informés pour pouvoir les gérer en connaissance de cause. Il est donc important de les sensibiliser et de les éduquer à la vie sexuelle et affective. Il ne faut pas hésiter, en famille et dans les écoles, à informer les jeunes sur les risques et les conséquences de la pornographie. Il faut leur expliquer, même si cela semble évident pour un adulte, que le porno reste une fiction, loin de la réalité du désir, du plaisir, que les femmes ne sont pas toujours disponibles... Il ne faut pas non plus oublier l'importance de l'éducation aux médias et au web.

Stéphanie Grofils

Formation web

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