12/15 ans

Des parents architectes de leur école

L'histoire débute en octobre 2010 avec la création d'une asbl par des parents soucieux de permettre à leurs enfants de poursuivre leurs années de secondaire dans un établissement à pédagogie active. Ils sont sept à se lancer dans le projet. Quatre ans plus tard, le projet est devenu réalité et l'école ouvrira ses portes à la rentrée de septembre.

Des parents architectes de leur école

Bruxelles et sa pénurie de classes, c'est une longue histoire. Alors, pour ne pas se retrouver pris au dépourvu et permettre à leurs enfants de poursuivre leur scolarité, des parents se sont mobilisés. Après quatre années de travail, de hauts et de bas, d'écueils divers et beaucoup de temps et d'énergie, leur projet arrive à bout : une école secondaire à pédagogie active ouvrira à la rentrée 2014 à Auderghem.
« Ce sont vraiment nous, les parents, qui avons pris le problème à bras le corps, explique Benoît Senden, un des initiateurs du projet. En 2010, on parlait déjà de la crise des places à Bruxelles, on s'est dit que c'était le bon moment et on s'est lancés, sans vraiment savoir à quoi on pouvait s'attendre. »

Une navigation à vue

La première marche à franchir était alors la création d'une asbl, une formalité relativement simple... sauf à l'heure d'établir l'objet et les statuts. Au bout du compte, le choix est fait et le projet vise à la création d'une école secondaire à pédagogie Freinet à Bruxelles.
« Ça a été compliqué parce que, administrativement, il n'y a pas de chemin tracé et que nous avons fait le choix de ne pas opter pour le réseau officiel ou le réseau catholique, mais pour le Felsi, un petit réseau qui regroupe des écoles à pédagogie active. On a été obligés de définir un projet précis dans son objectif, mais sans savoir du tout où nous allions nous implanter. Notre première idée, c'était Auderghem, parce que c'est ici que se situe l'école primaire Freinet, mais le bourgmestre n'était pas intéressé par le secondaire. Ça nous a obligés à viser un périmètre un peu plus large, mais surtout, ça nous a confortés dans l'idée de ne pas être liés à la majorité d'une commune. Nous avons mené alors le projet en toute indépendance. »
S'ensuivent des semaines et des mois rythmés par les rendez-vous auprès des institutions et autre ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un parcours long, compliqué, avec ses périodes de rush, ses hauts et ses bas, parfois du découragement, mais jamais de renoncement.
« Nous sommes en dehors du circuit traditionnel, donc il y a eu un peu plus de difficultés pratiques, souligne Benoît Senden. Il n’y a pas eu de création d’établissement secondaire sur Bruxelles depuis plusieurs années, ce qui explique sans doute le manque de soutien technique des institutions, en dépit de leur intérêt pour notre projet. On a été obligés de tout construire par petits bouts, de faire face aux reports dus aux négociations gouvernementales car nous n’étions évidemment pas la priorité des priorités. C’est clair que si on devait refaire tout le parcours, avec l’expérience acquise, on gagnerait pas mal de temps ! »

Un grain de sable dans les briques

Du temps, il en aura fallu aussi pour trouver le bâtiment adéquat. Entre quasi ruines et appât du gain de promoteurs, les propositions ont longtemps été toutes rejetées. Et puis, un premier bâtiment est trouvé, avec un bon emplacement, de la place. Certains s’y voient déjà, mais c’est sans compter sur ce petit grain de sable qui vient tout faire capoter.
« Il nous manquait le n° FASE, qui signifie que l’école a une existence légale, et nous avons raté cette opportunité à quelques semaines près, explique Amandine Tuerlinckx, la future directrice de l’établissement. Et puis, en début d’année, nous avons une deuxième option… à Auderghem, notre choix de départ. C’est ici que nous accueillerons à la rentrée les 88 premiers élèves de 1re et, à terme, la capacité totale sera de 550 élèves. »
D’ici à la rentrée de septembre, il reste encore pas mal de boulot : finir de constituer l’équipe pédagogique, faire modifier le permis d’urbanisme (de bureaux à école), réaliser les travaux d’aménagement et installer matériel, livres et système informatique. Et tout cela en attendant encore des subsides pour fonctionner à plein régime. Ensuite, les parents à l’origine du projet pourront souffler et laisser les parents des nouveaux élèves s’emparer de la vie de cette nouvelle école.

Romain Brindeau

EN SAVOIR +

  • Pour découvrir l’école, son projet pédagogique, la pédagogie Freinet : www.acecole.be
  • Une deuxième école, elle aussi créée par des parents, va ouvrir ses portes à la rentrée à Uccle. Plus d’infos : www.ecoleactive.be
  • Pour les inscriptions, la procédure est la même que pour n’importe quelle école et suit donc les modalités du Décret inscription. Infos : www.inscription.cfwb.be ou 0800 188 55.