Vie de parent

Des transports en commun
moins bondés pour aller à l’école ?
Il va falloir se creuser les méninges

Dans les mesures annoncées ce matin par le comité de concertation, un point concerne les transports en commun. Les gouvernements concernés sont appelés à trouver des solutions pour éviter la surpopulation dans les bus, trams ou trains aux heures de pointe. Cela tombe bien, les transports en commun bondés, lorsque les enfants se rendent en classe, ont souvent été une source de tracas exprimée par les parents. On fait le point sur la question.

Des transports en commun moins bondés pour aller à l’école ? Il va falloir se creuser les méninges

C’était la semaine dernière, après l’exposé d’une première volée de mesures par le gouvernement De Croo, nous rédigions un papier récapitulatif sur ce qui avait été dit lors de la conférence de presse. Dans les commentaires, celui de Stéphanie. « J'ai la boule au ventre à chaque fois que mes garçons doivent prendre le bus pour l'école. Serrés comme des sardines, certains qui baissent les masques, car il n'y a aucun contrôle. Il avait été proposé de mettre à profit les sociétés d'autocars qui sont à l'arrêt afin d'aider à désengorger les bus... Mais bien sûr, on n'en parle plus ! ».

Le message de Stéphanie a-t-il été lu par Alexander De Croo ? En tout cas, aujourd’hui, notre lectrice doit sans doute attendre avec impatience la façon dont les transports en commun vont s’y prendre pour répondre à la demande du comité de concertation. Car, nous allons le voir, cette idée simple en apparence, demande à repenser complètement certains modes de fonctionnement.

Réponse urgente, objectif à atteindre

« On attend les précisions du gouvernement pour voir quelle est la meilleure façon de diminuer la charge des transports en commun aux heures de pointe ». Stéphane Thiery, directeur marketing et de la mobilité au TEC, essaye néanmoins déjà d’ouvrir l’éventail des possibles. « C’est que la situation est complexe. On doit revoir notre fonctionnement. Aux heures de pointe, tout notre matériel roulant et tout le personnel sont sur la route. Si on veut diminuer la pression, on doit faire appel à de la sous-traitance ».

Bref, appel à des privés qui pourraient mettre des bus à disposition, mais qui ne sont pas forcément équipés. « Un bus qui circule en rue, ça paraît tout simple, mais derrière, il y a toute une chaine organisée, complexe, qui va de la synchronisation des trajets au simple fait de valider son titre de transport ».

Un des obstacles à surmonter par exemple, celui des valideurs qui n’existent pas dans les bus privés. Le problème est sur la table. « Il y a une réponse urgente, à trouver pour un objectif à atteindre ».

Des aménagements à valider

Du côté de la SNCB, la décision du gouvernement a aussi amené le point sur la table des discussions. Là aussi, on s’interroge sur la façon de renforcer une offre que l’on dit maximale du côté des chemins de fer. Comprenez que, depuis mai, le service a repris avec des lignes de trains composés du maximum de voitures. Hormis de rares cas, la SNCB ne voit pas non plus de grosses saturations. « Le taux d’occupation pour l’instant est de 33% aux heures de pointe », nous dit-on.

Aux TEC, on affirme tout faire pour tenir le cap. Dans les transports en commun, le port du masque serait très largement suivi, les réfractaires (dénoncés par Stéphanie) feraient figure de très rares exceptions.

« On travaille aussi la fluidité. » Tiens à propos de fluidité, quelques parents se sont interrogés sur les valideurs qui restent en tête de bus alors que l’on rentre, désormais, par le milieu ou l’arrière du véhicule. D’où des bouchons vers l’appareil, un peu d’énervement et une proximité pas idéale. « Cela fait partie de l’analyse » répond Stéphane Thiery. Mais là aussi le problème est complexe. Ces valideurs sont câblés et difficilement déplaçables. L’option visée, inscrite dans des perspectives à moyen terme, serait de développer rapidement le paiement et la validation par smartphone pour le printemps ou l’été de l’année prochaine.

Des transports en commun plutôt « safe » ?

Dans tout ce débat, les gestionnaires des transports en commun en profitent pour brandir les résultats d’une étude réalisée par l’Union internationale des transports publics (UITP). Selon celle-ci, les risques de contamination dans les transports publics seraient minimes pour autant que le nettoyage et la ventilation soient suffisamment assurés.

Des chiffres ? En Allemagne, seul 0,2% des infections pourraient être attribuées aux transports en commun. En France, ce serait 1,2%. Des chiffres très positifs qui ne doivent pas, toutefois, faire oublier que le commanditaire de l'étude n'est pas vraiment neutre...

Il n’y a pas de chiffres pour la Belgique. Mais ce que tous les opérateurs affirment, c’est que des mesures sanitaires drastiques ont été prises. Dans un reportage réalisé il y a une dizaine de jours par BX1, la porte-parole de la STIB, Cindy Arents, affirmait : « Nous effectuons un nettoyage renforcé de tous les véhicules et des stations : tous les jours, les véhicules ne peuvent sortir du métro qu’après avoir été nettoyés ».

En écho, Pierre-Yves Van Lathem, porte-parole interfédéral Covid-19, déclarait : « Nous n’avons pas de preuve actuellement que les transports en commun soient des vecteurs de transmission. Mais c’est difficile à déterminer clairement : quand on a pris le métro pour aller au travail, et ensuite au restaurant, c’est difficile de déterminer si c’est le métro qui est à l’origine de la contamination ».

Les craintes exprimées par les parents face à ces bus bondés seraient-elle infondées ? Mais alors pourquoi cette mesure prise pour limiter la « surpopulation » de voyageurs dans les bus ?  La question est posée…

uoiqu’il en soit, les gestes barrières et les mesures élémentaires, elles, restent toujours de mise. En guise de petit mémo, cette vidéo diffusée par la STIB dans le courant du mois de juin. L’expert Marius Gilbert explique comment se comporter pour éviter les contaminations dans le bus, le tram ou le métro. De quoi patienter, avec les enfants, en attendant le renforcement des lignes aux heures de pointe ?

T. D.