Vie de parent

Deux écoles labellisées droits de l’enfant

Alors que, selon l’Unicef, 84% des Belges veulent que les enfants soient au cœur des priorités politiques, deux écoles bruxelloises viennent de recevoir le label « École des droits de l’enfant ». À quand les prochaines ?

Deux écoles labellisées droits de l’enfant - Photo: Kevin Van Looy

Créé en 2010 à l’initiative de l’ONG Plan Belgique et soutenu par le Délégué général aux droits de l’enfant, ce label est attribué à la suite de toute une dynamique menée pendant deux ans dans les écoles concernées. « Il ne s’agit donc pas d’un concours. Nous n’allons pas faire une inspection », insiste le conseiller auprès du Délégué général, Stephan Durviaux. « Les écoles primaires sont invitées à se lancer dans un processus auquel nous apportons notre soutien ».

Pour une culture des droits de l’enfant

« Ce label concerne toutes les écoles primaires. L’un des objectifs est d’instaurer une culture des droits de l’enfant au sein des classes grâce à une information et une sensibilisation. Le projet s’inspire notamment du concept ‘Villes amies des enfants’, que porte l’Unicef. » Toutes les écoles ? Effectivement, deux écoles francophones viennent d’être labellisées, dont la première de l’enseignement spécialisé : l’École Intégrée pour enfants à déficience auditive à Woluwé-Saint-Lambert qui, comme sa voisine immédiate avec laquelle elle partage la même cour de récréation (!), Singelijn, arbore désormais fièrement la plaquette officielle : « École des droits de l’enfant ». Quatre établissements scolaires ont reçu précédemment ce label, dont l’École Raymond Devos à Tournai.

Depuis 2012, élèves, enseignants et directions de l’École Intégrée pour enfants à déficience auditive et de Singelijn ont multiplié les activités, souvent en commun, autour de ces droits de l’enfant dont on fête cette année les 25 ans de la Convention internationale : publication d’un livre, création de panneaux favorisant le dialogue entre enfants sourds et entendants, réalisation de six films d’animation et, cerise sur le gâteau, écriture et représentation d’une pièce de théâtre : Les enfants de la cour, jouée lors de la remise du label.

Choisir une « École des droits de l’enfant » ?

Au-delà de l’information, de la sensibilisation, de la mise sur pied d’activités ludiques, le projet veut aller plus loin : « Le label vise également à encourager des adaptations structurelles au sein des écoles, tient à préciser Stephan Durviaux, à amener des changements, plus particulièrement en matière de participation au sein des établissements, afin que chaque école devienne elle-même respectueuse des droits de l’enfant ». C’est ainsi que les promoteurs encouragent les écoles primaires à intégrer et promouvoir les droits au sein même des cours, mais également dans leur gestion quotidienne et dans le projet pédagogique de leur établissement. Une fois le label obtenu, la dynamique doit se poursuivre…

Peut-on dès lors imaginer des parents qui choisiraient d’inscrire leur rejeton dans des écoles labellisées droits de l’enfant pour cette raison ? « Ce n’est pas l’objectif, répond d’emblée Stephan Durviaux, car l’idée n’est pas d’établir un classement. Par ailleurs, de nombreuses écoles ont ce souci de la culture et de pratiques liées aux droits de l’enfant sans nécessairement avoir ce label, encore peu développé à l’heure actuelle. On dépend en effet de la disponibilité des partenaires, comme Plan Belgique, mais aussi l’asbl Geomoun, qui coachent les écoles durant la dynamique mise en place. »

Michel Torrekens