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Devenir propre : une aventure
dont il sera le héros

3e édition de la Journée mondiale de l’énurésie nocturne. L’occasion d’évoquer le p’tit pot, les popos et les pipis. Ils suscitent bien des discussions, des conseils, des avis. Pas étonnant quand 5 à 10 % des enfants de 7 ans sont touchés par le pipi au lit, comme nous l’apprend l’asbl Nuits sèches. Avançons un pas plus loin, histoire d’être bien alèse

Devenir propre : une aventure dont il sera le héros

Chaque accès à la propreté est différent et singulier. Il y a ceux qui sont propres en une semaine. Ceux qui paniquent pendant des mois à l’idée de réaliser que quelque chose sort d’eux-mêmes. Ceux qui s’en fichent royalement et sont capables de mariner dans leur couche sans rien ressentir. Et même ceux qui en jouissent et écrasent allègrement le contenu de leur lange en remuant, assis sur leur séant.

Quand démarrer ?

Vient un moment où l’on se demande : quand faut-il s’y mettre ? Va-t-on y arriver ? Comment s’y prendre ? Dans combien de temps sera-t-il prêt ? Si l’entrée à l’école représente une échéance, le stress est de la partie et l’acquisition de la propreté devient davantage l’affaire des parents que celle de l’enfant. C’est pourtant d’abord et avant tout son truc à lui !
Quand la motivation se fait sentir, l’enfant s’intéresse au petit pot, tire son lange ou se trémousse dès qu’il sent le besoin venir. Il cherche à savoir ce que ceux qui fréquentent les toilettes laissent derrière eux. Il s’essaie, se ravise, hésite, s’installe sur le pot et, au début, redemande souvent un lange une fois que les choses sérieuses se précisent…
L’acquisition de la propreté est aussi l’affaire d’une maturation neurologique suffisante, qui se concrétise par une couche-culotte encore sèche une heure et demie après l’avoir mise à l’enfant. Souvent, le petit signale alors lui-même ses besoins par des « pipis » ou des « cacas ».

La découverte de la maîtrise

Cette période particulière au cours de laquelle l’enfant découvre que son corps produit de la matière (urines et selles) et que celle-ci peut sortir ou rester à l’intérieur de lui l’amène à expérimenter la maîtrise et à décider lui-même d’être passif ou actif dans le contrôle de ses sphincters. Il découvre aussi que décider lui-même de lâcher ou garder ses urines et ses selles au moment adéquat ou pas a un effet sur son entourage : susciter le contentement ou l’énervement.

Quand la peur l’emporte sur la maîtrise…

On peut être surpris que des enfants soient terrorisés par ce qui sort d’eux. Ainsi, la petite Lara qui a un jour lâché ses selles dans l’eau du bain a eu si peur que, depuis, elle n’ose plus s’approcher de la baignoire. Ce caca apparu par surprise a causé en elle une grande panique qui s’est propagée à l’eau et aux ablutions. Que peut signifier pour elle le fait de se vider comme le bain qui se vide et fait disparaître l’eau on ne sait pas trop où, au-delà du trou ? Ses parents ont compris que le forcing était inutile. Ils ont plutôt cherché à habituer doucement Lara à la vue de ses selles, en lui expliquant comment elles se fabriquent et pourquoi elles doivent sortir.
Beaucoup d’enfants capables d’être propres perdent leurs moyens face aux caractéristiques effrayantes des installations sanitaires : le trou du W.-C. est trop grand, ils craignent d’y tomber ; la chasse fait du bruit et l’eau qu’elle actionne « avale » le contenu de la cuve ; le caca disparaît dans une cavité mystérieuse. « Pourrais-je suivre le même chemin ? », s’interrogent les plus inquiets. Tout cela, pour certains enfants, peut apparaître menaçant. Il s’agit de l’avoir à l’esprit pour ne rien forcer ou pour adapter le matériel.
Une autre forme de peur peut encore concerner les enfants dont la maman vient de mettre au monde un nouveau petit bout. La peur de perdre l’attention des parents ou la crainte d’être éjecté de sa place de petit amènent certains enfants à régresser ou - plus subtil - à précisément garder la maîtrise en restant ou redevenant incontinents. Postposer de quelques semaines l’apprentissage de la propreté semble la solution la plus raisonnable pour éviter d’installer un bras de fer.

Fierté… et dégoût

Lorsque, les premières fois, l’enfant fait sa vidange au bon moment dans le petit pot, la gratification est de mise : « Bravo, quel gros caca ! », « Regarde le grand pipi qui est sorti »… On applaudit, on s’émerveille. L’enfant est heureux et fier de voir l’enthousiasme de l’adulte.
Pourtant, dans le même temps, ses productions dégoûtent : « Bêk, ça sent mauvais », « Caca, c’est sale »… Étrange affaire, ce caca qui attire à la fois la fierté et le dégoût ! Heureusement d’ailleurs, car, pour l’enfant, l’étape ultérieure sera de devenir indifférent à ses déjections.
Imaginez-vous que, sa vie durant, il demande à ceux qui l’entourent de venir admirer ses selles chaque fois qu’il en produit ? Devenir propre, c’est ça aussi : acquérir la capacité de maîtrise puis de gestion de ses besoins en reléguant tout cela dans la sphère de l’intime. Dans quelques mois, ce sera son affaire à lui tout seul.
Entre-temps, il faut veiller à placer son pot dans un endroit discret. Certains bambins manifestent déjà une certaine pudeur et n’apprécient pas de se déculotter sous le regard d’autrui. Pourquoi serait-ce plus différent pour les petits que pour les grands ?

Parents et puéricultrices en phase

Lorsque l’enfant paraît mûr pour devenir propre, il est utile que tous les adultes qui en ont la charge agissent dans le même sens. Comment peut-il sinon comprendre qu’à la crèche, il soit sans lange et qu’on l’invite régulièrement à aller sur le pot, alors qu’à la maison, on continue à lui mettre des couches ?
Décider de lancer l’enfant sur la voie de la propreté suppose donc une concertation entre adultes. Certes, des évaluations différentes de sa capacité à maîtriser ses sphincters peuvent coexister, les parents estimant qu’il est prêt, la puéricultrice évaluant que c’est encore trop tôt, par exemple. Il faut alors en parler, trouver une cohérence dans l’attitude à adopter par les uns et les autres.
Au tout début, c’est tous les trois quarts d’heure, toutes les heures que l’on propose ou rappelle à l’enfant d’utiliser le pot. Inutile de démarrer l’apprentissage si on ne peut se plier à cette contrainte quelques jours d’affilée. Comment l’enfant comprendrait-il un retour au lange une fois le « programme » lancé ?

L’âge de la « miche popote »

La maîtrise que l’enfant exerce sur ses sphincters s’accompagne d’une série d’expériences nouvelles : sentir davantage ce qui se passe à l’intérieur de son corps, découvrir le fonctionnement de sa musculature, éprouver le soulagement de lâcher après s’être retenu, décevoir, ravir ou faire enrager l’adulte, distinguer le propre du sale…
À ce moment de leur développement, certains petits éprouvent du plaisir à maîtriser le sale, à faire du sale, à chipoter le sale. C’est, en effet, l’âge de la « miche popote » (dans l’assiette ou dans le bac à sable), de la joie de patauger dans la boue, d’éclabousser les autres en sautant dans les flaques… D’autres enfants ne supportent pas d’avoir les mains souillées ou collantes. Ils vident avec entrain les paquets de lingettes pour frotter, nettoyer tout ce qui leur paraît sale.
Les choses s’assouplissent naturellement avec le temps, mais se profilent chez les bambins des tempéraments différents qui ont, sans doute, un peu à voir avec les habitudes en cours dans les familles où ils grandissent.

Reine Vander Linden

Autant savoir

Être confortablement assis

Histoire que votre enfant ne soit pas « mal dans son pot », il est important

  • qu’il soit confortablement assis, dans une position stable (ses petits pieds doivent se poser sur le sol) ; vous pouvez aussi utiliser un marchepied et une planche de W.-C. adaptée.
  • que, fillette ou gamin, il soit assis les jambes écartées (c’est à partir de 3 ans que le garçon apprendra à faire pipi comme papa).
  • qu’il ait des vêtements qu’il puisse facilement retirer tout seul.
     

Pour bien faire pipi, il doit aussi avoir sa vessie pleine.
Pour que vous ne vous fassiez pas du mouron pour rien, sachez également que, jusqu’à l’âge de 5 ans, le pipi au lit peut être normal : la propreté nocturne vient après la propreté en journée.

Se contrôler… jusqu’à en être constipé

Au moment de l’acquisition de la propreté, tandis que l’enfant veille à se contrôler, il peut sembler constipé… sans l’être vraiment (les selles qu’il produit finalement apparaissent normales). Alors, que se passe-t-il ? C’est simple, on vient de le dire : il se contrôle, et ce à un tel point qu’il se retient tant qu’il peut, et même plus !
Pour ne pas « fixer » ce comportement, une possibilité est de lui remettre pour un temps des langes (précisons ici que pas mal d’enfants font pipi dans leur pot, mais pas caca pour autant). Car, sinon, à force de se retenir, il risque d’être constipé pour de vrai ! Le cercle vicieux par excellence : l’enfant se retient, il produit quand même des selles, mais cela lui a fait mal à l’anus, il se retient donc de nouveau… et les douleurs vont croissant.

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