Vie de parent

Directeurs, professeurs, éducateurs, surveillants… nous donnent leur point de vue

Ça sert à quoi, l’école ? Une question bateau où l’on peut mettre ce qu’on veut ? Certes, mais une question grave à l’heure où, en Belgique comme chez nos voisins français, l’efficacité de l’institution scolaire est questionnée de tous côtés. Trop, sans doute. Le sociologue François Dubet dit que lorsqu’on attend tout de l’école, elle se sacralise et se paralyse à la fois. Pour démarrer l’exploration de cette large question, nous avons décidé d’interroger, une fois n’est pas coutume, les différents acteurs de l’école fondamentale et secondaire. Du directeur en passant par le concierge ou l’agent technique, tous nous ont répondu avec beaucoup de sincérité.

Directeurs, professeurs, éducateurs, surveillants… nous donnent leur point de vue

Les parents, c’est bien connu, peuvent faire plusieurs choses à la fois. Au moment d’entamer la lecture de cette page, peut-être pensez-vous à la boîte à tartines de votre chérubin, au journal de classe à signer de votre môme ou à l’équipement de sport de votre aîné qui doit être lessivé d’urgence pour le cours d’après-demain ? Peut-être…

De la boîte à tartines…

Parce que l’école, c’est d’abord tous ces petits détails que vous devez régler au quotidien (voyez notre page Facebook sur la boîte à tartines et ses plus de 61 000 likes !), même si votre préoccupation essentielle est que votre enfant apprenne bien à lire, à écrire, à compter, à raisonner aussi, à…
Mais au fond, à quoi sert-elle, l’école ? Parions que si on rassemblait une vingtaine de parents autour de la question, chacun donnerait une réponse différente ou presque. L’école, c’est fait pour accumuler des connaissances. L’école, c’est fait pour apprendre à obéir, à respecter les règles. L’école, c’est fait pour apprendre à penser par soi-même. L’école, c’est fait pour devenir un citoyen « debout ». On pourrait continuer comme ça à l’envi.

… au face à face école-société

Parce qu’ils s’occupent chacun à leur manière de nos gosses de 8h du mat’ (si pas plus tôt encore !) à 18h, nous avons d’abord posé la question de l’utilité de l’école aux professionnels qui sont dans l’arène. À des profs, bien sûr, des directeurs, des éducateurs, mais aussi à une gardienne, une cuisinière, un agent technique, etc.
Entre former à un métier ou former des citoyens, leur cœur balance… Même si la majorité rêve de faire des élèves des adultes autonomes qui s’ouvrent au monde, qui respectent le vivre ensemble, qui sont porteurs des grandes valeurs comme le respect, la justice, l’égalité…
Mais, sur le marché de l’emploi, les choses semblent nettement moins humanistes : la compétition n’a jamais été aussi féroce, la performance n’a jamais été aussi revendiquée dans une vision uniquement économique des plus étroites. D’où ce décalage entre la société et l’école. Faut-il réajuster les deux institutions ?
Ce dossier ne va évidemment pas répondre à toutes les questions qui se posent. Le Ligueur souhaite l’approfondir, vous interroger, vous les parents, interroger ensuite vos enfants, du moins les plus grands d’entre eux qui peuvent déjà exprimer une petite idée de ce qu’ils attendent de l’école.
Rendez-vous dans les numéros du mois de mars pour ces nouveaux témoignages après avoir lu les propos… de ceux qui forment et chouchoutent vos petits et grands chaque jour dont est faite la semaine.

Myriam Katz

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La maternelle, c’est apprendre à vivre en groupe

À la fréquenter quotidiennement, à y saluer vos homologues parents, les copains et copines de vos petits, les gardiennes, les maîtresses, les éducateurs… À y passer du temps, à y courir, à y rire, à y consoler, à y bavarder, à y échanger, à y vivre un peu, vous ne vous posez peut-être plus la question : à quoi peut bien servir la maternelle ? Pour mieux cerner son utilité, on a interrogé les acteurs du quotidien de vos petits aimés. Ils nous parlent de vous, de vos enfants, de leur mission. Petite visite dans un décor familier.

 

Le primaire, c’est apprendre l’effort

Changement de décor, nous voici en primaire. Vous connaissez par cœur certains parents. Vous retrouvez les supercopains du petit qui sont parfois les mêmes depuis la maternelle, voire la crèche. Ces points de repère font sans doute du bien à votre enfant, car les couloirs sont plus vastes et les élèves beaucoup plus robustes. En tous cas, vous, ça vous rassure… bien que votre petit bout de 6 ans va se transformer en grand dégingandé de 12 ans en un claquement de doigts. Du coup, à quoi sert le primaire ? À faire grandir votre enfant, bien sûr ! Comment ? Les artisans de la pédagogie nous racontent, et en profitent pour vous ouvrir les portes de leur quotidien.

 

Le secondaire, c’est savoir qu’un jour il faudra travailler

Fini, les bancs de classes que vous connaissiez par cœur, les maîtresses ou institutrices - oui, le féminin l’emporte - avec qui vous aviez un rapport quasi quotidien. Votre jeune vit de plus en plus sa propre vie. Vous gardez en tête ce grand enfant intimidé qui passa les portes le jour de la rentrée, écrasé par les géants de rétho. Pensez que dans pas très longtemps vous le récupérerez quasi adulte, des projets et des idées plein la caboche. À quoi ça sert, le secondaire ? La parole est aux différents maillons de l’équipe éducative qui nous racontent son quotidien et celui de votre enfant, avec souvent un sentiment d’urgence.

 

Le mot de la fin

Ce qu’il faut retenir ? Notre grande institution scolaire repose sur trois piliers : construire un citoyen, donner à chaque individu la possibilité de se défendre dans ce monde et préparer le jeune à des activités professionnelles. Tout ça, c’est sur le papier, bien sûr. Certains nous disent que le rôle de l’école, c’est d’instruire, apporter des compétences. D’autres nous disent qu’elle forge des valeurs, qu’elle apporte des acquis fondamentaux dans la vie collective.