Vie de parent

Du temps et de l’argent :
les parents en redemandent !

71 % des parents réclament plus de temps pour leur·s enfant·s et 66 % plus d’argent pour s’assurer une plus grande sécurité. 62 % aimeraient réduire leur niveau de stress. On retrouve ensuite 53 % des parents qui voudraient pouvoir accompagner un enfant qui traverse une période difficile et presque l’équivalent - 52 % - pour prendre du temps pour (se) soigner ou régler des problèmes de santé chez l’un ou l’autre enfant. La mobilité vient plus loin avec 42 % des parents qui aimeraient bien réduire leur temps de déplacements. Telles sont les priorités des parents.

On savait depuis longtemps que les parents courent derrière le temps. On pouvait imaginer qu’ils couraient aussi derrière l’argent, particulièrement les parents seuls, toujours mis sous pression par la menace du chômage et de l’emploi à temps partiel qui ne nourrit souvent pas son homme (ou sa femme !). Cette année, ils le disent haut et fort, ces parents-là, peut-être parce que la crainte de basculer dans la précarité se fait toujours plus menaçante. Et ce sont sans doute les mêmes qui souffrent de trop de stress à essayer tant bien que mal de concilier vie de famille et vie professionnelle.
Le Baromètre de cette année a soulevé la question de la circulation de l’argent dans le ménage. 49 % des parents répondent qu’ils ont un compte commun et 65 % disent prendre toutes les décisions financières ensemble. Encore un peu timide comme partage égalitaire des responsabilités en ce XXIe siècle, mais comme chanterait Souchon, on avance ! Il n’empêche que 14 % répondent « Moi » à la question : Qui est décideur des dépenses du ménage ? Mais derrière ce « Moi », qui se cache ? La femme ou l’homme ? Pour clore ce chapitre sur une note positive, réjouissons-nous de voir que 86 % des parents sont satisfaits de leur organisation financière. Autant de raisons en moins de se disputer…

► Caroline Tirmarche, responsable du Service études de la Ligue des familles : « Moins de temps, plus de stress, moins d’argent : un cycle infernal »

Qui se trouve derrière ce « Moi » ? Pas de mystère si l’on creuse davantage les chiffres du Baromètre 2018. À la question : « Qui décide des dépenses du ménage ? », on constate que 12 % des hommes et 15 % des femmes ont répondu « Moi » (14 % en moyenne). Et 3 % des hommes et 1 % des femmes ont répondu « Mon conjoint » (2 % en moyenne). Les autres réponses sont plus nuancées :
12 % indiquent prendre les décisions du quotidien seuls et les décisions importantes avec leur conjoint. 4 % indiquent prendre les décisions du quotidien seuls tandis que leur conjoint prend les décisions importantes. 3 % indiquent prendre les décisions importantes seuls tandis que leur conjoint prend les décisions du quotidien. 2 % indiquent que c’est leur conjoint qui décide.
Quant à la question sur leurs priorités, les parents continuent à ressentir un manque de temps et, dans la foulée, évidemment, beaucoup de stress. Le syndrome d’épuisement parental s’installe : 3 parents sur 5 ressentent un risque de burn-out de temps en temps, souvent ou en permanence et les femmes sont encore davantage exposées. Et quand l’argent manque, les difficultés s’additionnent. C’est le cycle infernal…

Déjà en 2015, des parents nous disaient…

Cassandra, une fille de 26 ans
« Fille unique de parents divorcés, Alicia a toujours été très gâtée. Aujourd’hui, malgré le fait qu’elle gagne bien sa vie, elle ne sait pas gérer son budget. Je paye beaucoup de choses pour elle (tout ce qui touche à sa voiture, par exemple) et quand elle a des frais exceptionnels (voyages, contraventions, factures d’eau…), elle me demande de l’aider. Je trouve qu’à son âge, elle devrait savoir gérer son argent. Je l’ai donc prévenue qu’à partir de janvier, je ne lui prêterai plus d’argent et je suis déterminée à tenir bon. »

Gwenaëlle, 25 ans, bientôt maman
« Ma mère n’avait pas beaucoup d’argent et j’ai toujours appris à faire attention. Ado, j’épargnais déjà une partie de mon argent de poche. Depuis que je travaille, j’économise aussi pour m’acheter un appart’. C’est vrai que la vie coûte cher, mais comme on vit à deux, c’est plus facile. »

 

Myriam Katz

La Ligue des familles veut…

… avec son Baromètre, mettre les parents au cœur du débat public. Qui de nos responsables politiques entendra ces signaux d’alarme qu’il révèle et se saisira avec volonté et ambition des problèmes aigus vécus par les familles ? À l’aube de la prochaine grande échéance électorale, la question vaut d’être posée.

Qui a répondu ?

1 315 adultes de 18 ans et +, vivant au moins à temps partiel avec au moins un enfant ou bel-enfant de 0 à 25 ans, résidant en Wallonie ou à Bruxelles, ont répondu au questionnaire entre le 8 et le 22 octobre 2018. L’institut de sondage Ipsos, qui a réalisé l’enquête, a appliqué des quotas sur le sexe, l’âge et la région des répondant·e·s. La marge d’erreur est de +/- 2,7 %.Vous pouvez trouver l’analyse complète avec tous les chiffres sur liguedesfamilles.be