Vie de parent

École : des fermetures de classe ciblées
en fonction des contaminations

Plusieurs nouvelles mesures doivent entrer en vigueur cette semaine dans les écoles. Essentiellement ce mercredi. Le tout sur fond de tension entre les ministres de l’Enseignement et le Comité de concertation. Voici un point sur la situation.  

École : des fermetures de classe ciblées en fonction des contaminations

Les ministres de l’enseignement ont donc finalisé la copie qu’ils vont présenter au Comité de concertation. Le contenu ne sera pas une surprise, il a été présenté ce dimanche soir lors d’une conférence de presse. Reste à voir si les propositions satisferont le ministre de la santé, Frank Vandenbrouck, et le Premier ministre Alexander De Croo. Vendredi soir, tous deux avaient réclamé des mesures fortes de la part de ces ministres. Leur mot d'ordre: il faut limiter les contaminations en jouant sur la diminution du nombre des contacts dans les écoles. La fermeture des écoles avant Pâques semblait la piste privilégiée par les deux membres de l’équipe fédérale. Cette piste n’a pas été choisie.

Un cas confirmé, classe fermée

Nous reviendrons un peu plus loin sur les différentes mesures qui seront avancées ou qui ont déjà été décidées. Mais il y en a une qui fait office de joker pour les ministres de l’enseignement. Dès le 24 mars, si on détecte un seul cas de Covid dans une classe, cette classe sera fermée jusqu’à Pâques (juqu'ici, il en fallait deux). Attention, précision importante, cette fermeture ne sera obligatoire que dans les communes considérées comme « à risques », c'est à dire celles qui figurent dans une liste hebdomadaire établie par le RAG (Risk Assessment Group).

À côté de cela les ministres des Communautés viennent avec d’autres mesures moins spectaculaires, elles aussi d’application le 24 mars.

Les cantines vont être fermées. Les élèves devront manger en classe ou en extérieur

► Les salles réservées au personnel seront fermées autant que possible, des alternatives en extérieur et les réunions à distances seront privilégiées.

► L’aération des locaux va faire l’objet de nouvelles recommandations.  

► Les activités à l’extérieur seront chaque fois préférées aux intérieures. C’est le cas des activités extra muros. Mais aussi des cours d’éducation physique.

► Pour les activités en intérieur, il est rappelé qu’il faut absolument éviter les mélanges de groupes.

► Les visites de personnes extérieures à l'école sont interdites.

Des mesures supplémentaires

Voilà donc les « mesures fortes » imaginées par les ministres de l’enseignement. Reste à voir si elles convaincront Alexander De Croo et Frank Vandenbroucke qui vendredi avaient déjà validé et présenté d’autres mesures concernant les écoles, à savoir :

Le port du masque devient obligatoire pour tous les élèves de 5e et 6e année primaire (au plus tard à partir du mercredi 24 mars).

Le report pour les élèves du 2e degré de l’enseignement secondaire de suivre, à nouveau, les cours en présentiel à temps plein. Ce retour, initialement prévu le 29 mars, est reportée à la rentrée suivant les vacances de Pâques.

L’enseignement en présentiel à temps plein dans l’enseignement secondaire sera uniquement possible après les vacances de Pâques, le 19 avril.

L’enseignement en présentiel à 100 % doit s’accompagner de tests réguliers des enseignants et, dans une seconde phase, des élèves.

Et la vaccination des profs?

Ce weekend, le bras de fer politique entre les ministres des Communautés et le niveau fédéral a encore été bien perceptible. Face à la demande larvée de fermeture des écoles, les ministres de l’enseignement ont demandé, de leurs côtés, que le personnel des écoles soit vacciné en priorité, histoire d’envisager les semaines à venir "avec plus de sérénité" (dixit Caroline Désir). Une option que Frank Vandenbroucke n’a eu de cesse de balayer d’un revers de main de plateau télé en plateau télé.

Cette vaccination, par contre,  elle est supportée par le Segec, le Secrétariat général de l’enseignement catholique. Son porte-parole, Conrad van de Werve, insistait sur ce point, ce dimanche, lorsque nous l’avons contacté dans le cadre de ce papier. « C’est important pour nous » a-t-il souligné. À l’opposé, une fermeture des écoles, c’est niet. « C’est vraiment la toute dernière option. Là, pour l’instant, on est loin de la situation par exemple vécue avant la Toussaint. À l’époque ; notre baromètre interne, indiquait que 26% des enseignants étaient absents pour cause de maladie ou de quarantaine. C’était devenu impossible de gérer les écoles dans cette situation. Ici, les chiffres de l’absentéisme sont de 10% tant pour les enseignants que les élèves. »

L'incompréhension des parents

Face aux chiffres et aux discours sensiblement différents qui les accompagnent, les parents ne s’y retrouvent pas. « Il y a un sentiment d’incompréhension » confirme Joëlle Lacroix, à la Fapeo, la Fédération des Associations de Parents de l’enseignement officiel.  « Ils ne se retrouvent pas bien entre les différentes informations qu’ils reçoivent. D’un côté on leur dit qu’il y a une flambée des cas. De l’autre on n’est pas du tout aussi alarmiste. » Autre tendance, le discours anxiogène suscitent aussi de l’inquiétude dans certaines familles. « Elles ont peur que les enfants ne ramènent le virus à la maison. De perdre d’un coup tout le bénéfice des efforts qui ont été consentis. »

Dans tous les cas, malgré ce débat autour de la fermeture des écoles avant Pâques, un objectif semble fédérer tous les acteurs de l’enseignement (même s’il y a parfois une pointe de doute), c’est l’ouverture à temps plein des écoles pour le 19 avril. Un objectif clairement exprimé aussi par Frank Vandenbroucke lors du Comité de concertation de vendredi dernier.

Thiery Dupièreux

Transports

Dimanche, les ministres de l'Enseignement ont évoqué le problème du trajet entre le domicile et l'école.

Ils demandent aux parents de privilégier, "dans la mesure du possible", d'autres moyens de déplacements que les transports en commun. Bref de favoriser, la voiture, le vélo, la marche à pied.

Il s'agit évidemment d'éviter les contacts rapprochés dans les trains, bus et trams.