Vie de parent

École : des questions plein la tête

Ce qui fait la vraie différence entre les vacances et le reste de l’année, c’est l’école. Pour les mômes, bien sûr, mais aussi pour vous. Certains diront qu’ils seront bientôt de nouveau sur le champ de bataille, d’autres, plus organisés, se sentiront maîtres de l’affaire. Quoi qu’il en soit, plus que six nuits (et un peu plus pour les grands) pour reprendre vraiment le collier. Et si c’était moins terrible qu’il n’y paraît ?

École : des questions plein la tête

MATERNELLE : LES PARENTS SE RASSURENT ENTRE EUX

Alejandro, une fille,4 ans :
« Laissez-vous guider »

« L’an dernier, nous venions d’arriver en Belgique et ma fille n’avait jamais mis les pieds à l’école. Le jour de la rentrée et ceux qui ont suivi ont été atroces. Impossible de savoir comment se déroulaient les journées, on retrouvait la petite en pleurs. Petit à petit, on a commencé à parler aux autres parents. Ça nous a fait un bien fou… et la petite n’a plus pleuré. On s’est rendu compte que les maîtresses se concentrent sur les enfants et non sur nous. À tous les angoissés : tout rentre vite dans l’ordre. »

Nos encouragements
Si comme la fille d’Alejandro, votre gamin(e) ne raconte rien de ses premiers jours à la maternelle, pas d’inquiétude. Ce mutisme ne signifie pas que votre petit ne se plaît pas en classe. C’est plutôt un signe que votre enfant grandit bien, qu’il se détache de vous et que l’école est désormais « son » univers. Le temps des confidences viendra tout seul, à l’heure du bain ou du dodo, par exemple.
À vous de gérer cette nouvelle frustration : alors qu’à la crèche, vous étiez au courant du moindre éternuement de votre bambin, vous voilà dans un vide presque sidéral. Vous aimeriez tant être une petite souris pour, au-delà des pleurs du matin qui vous fendent le cœur, savoir comment votre enfant se comporte en classe et découvrir ce qu’il y fait. Rappel des objectifs de la maternelle : apprendre à être autonome, à savoir mesurer et compter, à savoir écrire, à se contrôler, à se repérer dans le temps, à s’exprimer et à réfléchir. Pas de panique : votre enfant progressera à son rythme, tout en s’amusant.

PRIMAIRE : LE GRAND (PREMIER) SAUT !

Céline, deux enfants, 6 et 9 ans :
« On compte sur les amis ! »

« Rentrée en 1re primaire : rien à faire, c’est la boule au ventre pour la petite. On essaie de lui remonter le moral en lui disant qu’elle va découvrir plein de choses. On lui explique qu’elle devient grande. On lui précise bien qui l’emmène à l’école, qui vient la chercher, quels sont les jours où elle déjeune à la cantine et ceux consacrés aux activités. Et on espère qu’elle se fera vite des amis pour que tout redevienne simple. »

Nos conseils
Surtout ne laissez pas dire des paroles telles que : « En 1re, tu vas devoir rester assis, sans bouger. Fini de jouer ! » au risque de voir votre enfant rentrer à l’école à reculons. Comme Céline, rappelez-lui plutôt les nouveaux apprentissages qu’il va découvrir : la lecture, l’écriture, le calcul. Quelle étape, voire quelle magie pour lui - comme pour vous d’ailleurs - que de déchiffrer ses premiers mots. Insistez aussi sur le fait qu’il grandit et que cela vous rend fier de lui. D’ailleurs, n’a-t-il pas son propre matériel dont il est responsable ? Autre changement : le tableau noir, blanc ou numérique selon les écoles. Et pour que cette rentrée se fasse tout en douceur, n’oubliez pas que votre jeune élève est un encore jeune enfant qui a toujours besoin de jouer et de bouger.

SECONDAIRE : LA VRAIE GRANDE RENTRÉE ?

Kevin, trois ados,13, 16 et 18 ans :
« En secondaire, on n’existe plus »

« Entre les gamins qui entrent en secondaire et les (quasi) adultes qui en sortent, on n’a pas grand-chose à faire. Si je devais donner une image, je dirai qu’on leur fait la courte échelle, qu’on les regarde grimper et qu’on essaie juste de les rattraper avant qu’ils se cassent la binette. En gros, on assure un peu dans l’ombre. C’est relaxant et hyper-flippant en même temps. »

Notre avis
Pour votre (pré)ado qui rentre en 1re secondaire, tout est inconnu. Nouveaux bâtiments, nouveaux copains, mais aussi nouvelle organisation de la journée (par période de 50 ou 60 minutes) et des cours avec des professeurs différents par matière. Fini aussi d’être les aînés de l’établissement comme l’année dernière. Le plus difficile pour lui, ce ne sont pas les nouvelles matières qui vont peut-être même le passionner, mais l’organisation (être à l’heure au cours, gérer ses devoirs, aller à la remédiation si nécessaire) qu’il va devoir acquérir et avec elle, un certain degré d’autonomie, clé de la réussite… Nouvel apprentissage pour vous aussi : être là, en soutien, tout en lui lâchant progressivement les baskets.

ON NE BADINE PAS AVEC LES CARTABLES !

Marco, deux garçons, 9 et 11 ans :
« Sur le dos, comme une tortue ! »

« L’an dernier, j’ai retrouvé mon cadet dans la cours de récré, presque à la renverse comme une tortue tellement il avait du poids sur le dos. Son grand-frère, lui, faisait l’inverse : il n’emportait quasi rien à la maison, comme ça, il voyageait léger pour le chemin du retour. On a interpellé les institutrices qui ont pris certaines initiatives, comme un carnet de devoirs unique pour toutes les matières. »

Nos pistes
Faites le calcul : idéalement, le poids du cartable plein ne devrait pas dépasser 10% du poids de votre enfant. Un objectif, hélas, souvent dépassé, et qui peut engendrer fatigue et maux de dos, voire déformation de la colonne vertébrale. Plusieurs possibilités pour éviter que votre jeune élève n’en ait plein le dos : aidez-le à s’organiser afin qu’il ne rapporte à la maison que les affaires dont il a besoin pour ses devoirs. Le cas échéant, comme l’a fait Marco, interpellez son enseignant afin de voir si d’autres solutions ne peuvent pas être mises en place. Infos : www.moncartable.be
Quid du cartable à roulettes ? Si vous n’avez pas encore effectué cet achat, mieux vaut y renoncer. En effet, tirer derrière soi pareil objet nécessite une torsion de la colonne vertébrale très mauvaise pour le dos. Sans compter que, dans les escaliers, il faut bien le porter, ce fameux cartable, dont la structure est aussi plus lourde que le cartable classique.
Pour choisir un cartable, tenez compte de :

► sa largueur qui doit correspondre à celle des épaules ;
► ses bretelles qui doivent être larges et pas trop longues (donc bien réglées) ;
► son ouverture qui doit être aisée, même pour les petites mains.

L’idéal : un fond, des coutures renforcées et des bandes fluo pour être vu des automobilistes.

IL N'AIME PAS SON PROF

Marie, deux enfants, 8 et 11 ans :
« Mon fils ne peux pas encaisser son instit’ »

« Mon fils aîné est dans une toute petite école dans laquelle les enseignants font les classes plusieurs années d’affilée. Ce qui est bien quand on a une institutrice que l’on apprécie et beaucoup moins, lorsque ça coince avec elle. Ce qui est le cas de mon fils. Franchement, je ne peux pas la voir non plus. Nous avons eu plusieurs prises de bec l’an passé. Mon fils dit qu’elle a des chouchous. Alors, on l’encourage à faire des efforts pour progresser et se faire bien voir. Et puis, on lui explique que lui non plus n’est pas copain avec tous les élèves de sa classe, qu’il a aussi ses préférés et qu’au fond, ça marche comme ça pour les adultes aussi. »

Notre point de vue
Ça ne colle pas avec son nouvel instit’ ou un de ses profs? Vous pouvez lui dire qu’il n’est pas obligé de l’aimer. Ce qui compte, ce n’est pas qu’il soit sympa mais qu’il explique bien la matière. Si plusieurs élèves ressentent le même malaise que lui, peut-être faudrait-il en discuter avec la direction de l’établissement sans juger l’enseignant, sans se montrer agressif mais en abordant le problème de manière constructive. Plus il y aura un travail de collaboration entre les parents et le prof, plus l’enfant s’en sortira gagnant. Enfin, vous pouvez aussi ramener votre môme au principe de réalité. Tous sont obligés d’aller à l’école parce qu’elle ouvre au savoir, aux autres, au monde. Ce recadrage ne suffit pas ? Peut-être serait-il bon de questionner le choix de l’école, son approche pédagogique et son encadrement et consulter un psychologue qui ne pourra que vous aider.

PROPRETÉ DES TOILETTES : PEUT MIEUX FAIRE

Leila, trois filles de 6, 10 et 14 ans :
« Maux de ventre : pas toujours dans la tête »
« Mon mari nous appelle la « famille mal de bide ». C’est vrai qu’on est toutes les 4 du genre angoissées et ce stress se pose sur le ventre. Peur du prof de néerlandais, de rater une interro, de partir en classe verte… Tout y passe. On a toujours pensé que nos filles somatisaient. Jusqu’au jour où on s’est rendu compte que notre cadette avait une constipation chronique car elle refusait d’aller aux toilettes à l’école. »

Notre avis
Les maux de ventre ne sont jamais à prendre à la légère. Comme le raconte Leila, ils peuvent être psychosomatiques, d’où l’importance d’être l’écoute de votre enfant afin de comprendre - éventuellement à un professionnel comme votre pédiatre ou un psychologue si le problème est systématique - ce qui le tracasse. Parfois aussi, surtout chez les plus jeunes, ces maux de ventre sont pour eux la seule manière d’attirer l’attention, de vous faire comprendre qu’il souffre.
Autre origine : le manque d’hygiène et d’intimité dans les WC des écoles. Rappel des conséquences si votre enfant se retient d’aller aux toilettes : risques accrus de maladies, mais aussi maux de ventre et problèmes urologiques, pouvant aller jusqu’à l’incontinence. Certains gamins ont d’ailleurs vite compris qu’en se retenant de boire en journée, ils diminuaient leur nombre « pipis quotidiens », qui est en moyenne et chez les enfants, de 4 à 7.
Nouveau : la campagne Ne tournons pas autour du pot. 36 écoles primaires seront soutenues dans leur effort pour améliorer leurs lieux d’aisance. Vos enfants en font peut-être partie. Et s’ils sont en secondaires, pareil appel à projet sera lancé dès janvier 2016. À savoir, si vous faites partie de l’Association de parents.

Anouck Thibaut et Yves-Marie Vilain-Lepage

Actu

Rentrée 2015 : ce qui change

  • Fini le redoublement en 3e maternelle ! Désormais, arrêter un enfant avant sa 1re primaire ne pourra plus se faire que pour des « motifs exceptionnels » et selon une procédure complexe qui, dans les faits, la rendra quasi impossible. La raison ? Ce redoublement est contre-productif sur le plan des apprentissages, mais aussi néfaste pour la confiance et l’estime de soi.
  • Le nombre de demi-jours d’absence en secondaire passe de 20 à 9. Une mesure pour lutter contre l’absentéisme scolaire : déceler plus tôt le décrochage chez un élève devrait permettre de diminuer le risque qu’il abandonne l’école.