3/5 ans

Éducation : quand parents
et enseignants se renvoient la balle…

Qui, des parents ou des enseignants, a la responsabilité de l’éducation de l’enfant sur le terrain précis de l’école ? Au moment où se posent les premières difficultés scolaires, cette question se présente de manière parfois aigüe lors des premiers échanges avec le prof sur le pourquoi et le comment. Réflexions à partir du témoignage d’une de nos lectrices.

Éducation : quand parents et enseignants se renvoient la balle… - Thinkstock

En plein cœur d’un hiver rude, la maman de Baptiste et de Florine s’étonne de voir quotidiennement ses deux arsouilles de 3 ans et demi revenir de l’école les manches trempées jusqu’aux épaules. Inquiète des effets sur leur santé, elle interpelle, par petit mot interposé, leur institutrice et lui demande de surveiller d’un peu plus près les petits qui s’en donnent à cœur joie avec les jeux d’eau.
À sa grande surprise, elle reçoit en retour une mise en garde de la part de l’institutrice. Cette dernière pointe le caractère malléable des jumeaux qui subissent la mauvaise influence de deux compères de la classe identifiés comme les initiateurs des jeux. Troublée par cette réponse inattendue, notre maman s’en retourne chez elle avec plus d’interrogations que de solutions.

L’éducation, l’affaire des adultes

Comment réagir face à une défaillance du cadre scolaire, lieu où les parents ne peuvent être présents et où, dès lors, la surveillance et le souci des règles et de leur maintien reviennent aux professionnels de l’école ?
Qu’à 3-4 ans, les petits soient attirés par des jeux d’eau semble dans la normale des choses. Quel plaisir de tourner, ouvrir, fermer des robinets, de voir l’eau s’en échapper, de contrôler son arrivée et son arrêt, de « splitcher », de s’éclabousser, de faire des flaques, d’y patauger… bref de découvrir - sans l’intervention d’adultes - quelque chose que l’on sait ne pas être trop permis !
Éduquer les enfants reste l’affaire des adultes. D’eux, on attend généralement qu’ils soient responsables des enfants dont ils s’occupent. Alors à eux de poser les balises et de veiller à ce que celles-ci soient clairement énoncées, comprises et respectées. C’est donc bien à l’institutrice d’avoir le bon sens de savoir ce que l’on peut attendre de Baptiste et de Florine, âgés d’à peine 3 ans, face à des jets d’eau, plutôt que de jouer au « C’est pas moi, c’est l’autre » en transposant ses responsabilités sur le parent. C’est aussi à l’institutrice, avec la maman des jumeaux, de convenir des règles communes à soumettre à Baptiste et Florine et des efforts communs à fournir pour les soutenir dans leurs progrès.
Par contre, la maman des jumeaux devrait pouvoir comprendre pourquoi une parole, certes mal placée, de l’institutrice à entraîné chez elle une telle déstabilisation. Même s’il y a de quoi perdre son latin quand un professionnel demande à des enfants de 3 ans et demi d’être responsables d’eux-mêmes et de leur reprocher d’avoir des comportements inadéquats alors qu’il est censé les surveiller et les guider…
Une solution : chasser la méfiance, souvent mauvaise conseillère et chercher ensemble des pistes à tenir pour aider les petits à grandir pour le plus grand bonheur des grand. Oui, ce genre d’histoire peut avoir un happy end.

Reine Vander Linden

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