3/5 ans

Éduquer par la fessée :
ce que vous en pensez

Depuis le 1er janvier, les parents français ne peuvent plus donner de fessée à leur enfant au nom d’une loi qui vient d’être votée outre-Quiévrain. Une belle occasion pour notre rédaction de revenir sur la situation de la fessée en Belgique où rien n’est encore légiféré comme on peut le lire dans notre article Et nous, on l’interdit quand la fessée ?

Éduquer par la fessée : ce que vous en pensez

Cet article a déclenché un débat passionné sur notre page Facebook. Plus de 36 000 personnes atteintes, près de 500 clics sur le lien et surtout plus de 90 commentaires à ce jour. En voici quelques extraits.

« La fessée n’a jamais tué personne »

« Je donne la fessée à mon fils quand il exagère. Ce n’est pas parce que je donne de temps en temps une claque sur ses fesses qu’il faut voir le mal. Il la mérite quand il me frappe, qu’il me crache dessus, que je l’ai mis trois fois au coin et qu’il continue à n’en faire qu’à sa tête. »
Aurore

« Une fessée, ce n’est pas maltraiter son enfant, c’est une légère tape sur le derrière à travers le pantalon. À ne pas confondre, donc, avec une grosse claque qui fait mal ! Là est toute la différence entre fessée et punition corporelle. Peut-être qu’un jour, mes enfants en recevront une… »
Marijke

« Je suis pour le dialogue, mais pour la fessée aussi, car laisser tout faire et être trop laxiste, ce n’est pas une solution. »
Émilie

« Certains enfants comprennent les mots, d’autres pas, certains aussi n’ont pas appris la frustration. Je suis contre la gifle en plein visage, mais je constate que les enfants d’hier étaient mieux élevés que ceux d’aujourd'hui et ils ne sont pas devenus de dangereux psychopathes, ni des adultes frustrés, me semble-t-il ? »
Déborah

« J'ai appris les tables de multiplication au rythme des fessées car je ne voulais pas étudier. Mes parents m’ont-ils battu ? Non, j'ai été, au contraire, soutenu. L'éducation passe par là aussi, aussi peu cool que ça puisse être. Bref, je ne suis pas contre la fessée, mais si on ne détricotait pas les familles tout en parlant d'unité, il n'y aurait pas tant d'indiscipline. »
Joffrey

« Une fessée éducative aujourd'hui est-elle plus nocive pour le développement de l'enfant qu'hier ? »
Massimo  

« Depuis que l’enfant est mis sur un piédestal, les gamins et gamines se croient tout permis, répondent, rient au nez et arrivent même, pour certains, à frapper leurs parents. Nous n’aurions jamais osé nous comporter comme ça avec les adultes parce que nous savions que nous pouvions recevoir une fessée de temps en temps. Maintenant, il n'y a pas une manière parfaite d'éduquer nos enfants. Nous faisons de notre mieux et pas ce que l'on veut. »
Cécile

« Un enfant bien éduqué dès son plus jeune âge n'a pas besoin de fessée. Mais, perso, j'en ai eu petite et n'en suis pas morte pour autant, c'est signe d'éducation aussi ! Et si certains en avaient reçu ou recevaient à notre époque, il y aurait sans doute moins de malheur à voir chaque jour partout ! Suffit de voir certains gosses avec leurs parents bien-pensants qui sont à bout et qui essayent à tout prix le dialogue, ça ne marche pas toujours... »
Srimonti

« Le dialogue plutôt que la fessée »

« On se doit de se comporter avec ses enfants comme on voudrait qu'ils se comportent avec nous. Le respect s'apprend et il se vit. »
Caroline

« Un parent qui donne une fessée ne le fait jamais pour le bien de l'enfant, mais juste pour son bien-être, pour passer ses nerfs sur lui. Quel exemple pour l'enfant : ‘Je n'arrive pas à gérer la situation, donc je frappe’. Attitude que reproduira l'enfant quand il se retrouvera dans la même situation. »
Jean-François

« Si les parents mettent des limites dès le départ, il n’y aura pas de soucis pour plus tard. Les enfants-rois sont des enfants à qui on a tout cédé dès le départ, pour ensuite s’en mordre les doigts. On veut l'éduquer, mais il est trop tard. Voilà où se nichent les soucis et c’est donc bien les parents qui méritent une claque ! »
Sophie

« Ça recadre, une fessée ? Non ! Ça n’apprend qu’une seule chose : que les conflits ne peuvent se résoudre que par la violence et que l'adulte est tout-puissant. Ça active des mécanismes de survie dans le cerveau au détriment d'autres apprentissages. Ça dévalorise l'enfant qui, généralement, à cause de son immaturité, ne sait pas encore établir de lien clair entre son acte répréhensible (pour autant qu'il y en ait un...) et la sanction. »
Christophe

« Arrêtons de croire que les enfants sont des manipulateurs en puissance et que si on ne leur met pas de limites, ils vont devenir des délinquants. Une petite claque, ce n'est pas grave ? Et où se situe la limite ? Apprenons à aimer inconditionnellement nos enfants et ils seront aussi libres que nous. »
Marie

« Un enfant en bas âge ne va pas comprendre pourquoi vous avez le droit de le taper et que lui ne peut pas le faire. Un enfant en bas âge joue à des jeux d'imitation. »
Sophie

« La fessée fait parfois moins mal physiquement que psychologiquement. Quelle humiliation, quelle démonstration de toute-puissance pour masquer l'impuissance de l'adulte ! La fessée ou la claque est tout autant un aveu de faiblesse qu'un exercice de soumission. »
Laurence  

« J'entends souvent des gens juger les générations qui nous ont précédées en leur reprochant d'avoir fait usage de la fessée. Or, ils n'avaient pas nos informations sur les conséquences possibles de ce geste et c'était culturellement admis. C'est regrettable, mais ne tombons pas dans le révisionnisme éducationnel. Pour rappel, il fut une époque pas si lointaine où on ne tenait aucun compte de la souffrance des bébés à l’hôpital. Cela paraît fou à l'aune de nos connaissances actuelles. Le progrès va dans le bon sens dans ces domaines, c'est le principal. »
Pascal

« La fessée n'est pas plus nocive aujourd'hui, mais grâce à l'évolution des neurosciences, on a une connaissance accrue des mécanismes de façonnage du cerveau et on peut démontrer, aujourd'hui mieux qu'il y a vingt ans, l'impact négatif des violences physiques ou verbales sur la construction de l'être humain. Les recherches du docteur Catherine Gueguen à ce sujet sont éclairantes. »
Marie

« La fessée, malgré moi »

« L'éducation bienveillante demande beaucoup d'engagement et de capacité de remise en question. Ce n’est pas simple tous les jours. Le parent a le droit d'être fatigué, dépassé. Le vrai challenge, c'est peut-être d'avoir l'honnêteté de reconnaître nos faiblesses et de succomber à la perte de contrôle ! »
Sabine

« Suis pas pour la fessée, mais ce n’est pas toujours facile de gérer sa colère. Certains enfants ont l'art d'appuyer sur le bouton rouge… »
NCY

« Je pense que chaque personne éduque ses enfants comme il veut et ceux qui utilisent la fessée ne sont pas pires parents que ceux qui n'en donnent pas. Si en public, je vois une fessée qui se perd, je compatis avec le parent, car je me dis qu'il est comme moi, à un moment donné, sa patience est à bout. »
Anne

« Quand on parle de la fessée, il y a deux camps qui s'affrontent : les bons parents et les mauvais parents. Au lieu de juger les autres pour ce qu'ils font (donner une fessée) ou ne font pas (privilégier le dialogue), essayons de comprendre pourquoi on est un parent donneur de claques. Le juger, c’est simplement intolérant. D’autant plus que je connais des pères et des mères qui tuent leurs enfants rien qu’avec des mots. »
An Ne

« Je suis contre la fessée, mais il y a des fois où je suis à bout et où ça me tente. La vie est violente avec nous et nous devenons nous-mêmes violents. Le problème, selon moi, ne va pas se résoudre en créant une loi absurde, impossible à contrôler, mais en offrant de l'aide aux parents qui sont tellement fatigués qu'ils en viennent aux gifles et aux fessées. »
Géraldine

Myriam Katz