Vie de parent

Egalité fille-garçon : deux marionnettes belges
créent la polémique en France

Le spectacle belge Zazie et Max, qui démonte les stéréotypes sur les filles et les garçons, crée une triste polémique en France. Et si on évitait que nos enfants tombent dans les clichés ?

Egalité fille-garçon : deux marionnettes belges créent la polémique en France

Max est persuadé que le monde est divisé entre les « avec zizi » et les « sans zizi ». Puis, un jour, Zazie débarque dans sa classe. Elle présente toutes les caractéristiques d’une « sans zizi » mais elle joue au foot mieux qu’un garçon et grimpe aux arbres. À elles deux, les marionnettes démontent les clichés sur les filles et les garçons. Le spectacle a eu son succès auprès du public belge, recueillant l’enthousiasme des enfants, des parents et des instituteurs. Mais en France, dans la mouvance de la manif pour tous et du « printemps français »,  Zazie et Max reçoivent parfois un très mauvais accueil, provoquant débats et remous sur la question du genre et l’image de la famille. Ici et là, les uns s’offusquent, les autres font pression sur la mairie et l’école afin d’annuler les représentations du spectacle.

Tristes clichés sur les sexes

Pourtant, le spectacle n’invite pas les petits garçons « à devenir homos » comme le prétextent certains. Il entend simplement détricoter les stéréotypes entourant les sexes. Les marionnettes, fille ou garçon, jouent, comme des enfants, à mettre une robe s’ils en ont envie ou à se mettre tout nu. « C’est un super spectacle. Zazie et Max expliquent tout sur le zizi, pourquoi on en a un ou on n’en n’a pas, avec leurs mots, sans bêtifier. Avec les marionnettes comme médiateurs ça passe très bien. Et les enfants n’associent pas l’histoire à du vécu, ni à des personnes », explique Julie Van Henden, du Centre culturel de Waremme. 

Comment éduquer à la maison ?

L’éducation à l’égalité homme-femme commence à la maison, par des petits gestes simples, au quotidien :

  1. Etre attentif à l’image que l’on donne de soi (comme femme, mère, homme et père) et de son couple : « J’invite chaque parent à se poser la question de l’image qu’il renvoie, et du rôle qu’il tient dans le couple et dans l’éducation. Les enfants sont d’autant plus marqués par ce qu’ils voient que par ce qu’ils entendent. Si la tendresse et les bisous viennent exclusivement de la mère et l’autorité, du père, on renverra une image très traditionnelle du couple et on renforcera très fort les stéréotypes du genre », explique Delphine Chabbert, porte-parole de la Ligue des familles. L’image passe aussi par la répartition des tâches domestiques. « Si c’est toujours maman qui fait le linge et qu’il est normal pour le couple que ce soit la femme qui le fasse, l’enfant le reproduira. Il ne faut pas que le papa soit quelqu’un qui revient du boulot et met les pieds sur la table. Et la mère a autant de crédibilité dans une posture autoritaire ».
  2. Eviter de les cloisonner dans les clichés : « Il ne s’agit pas de nier les identités sexuées. Il ne faut surtout pas empêcher les petites filles de s’habiller en princesse et les garçons de jouer à Superman. Les enfants en seraient troublés. Mais il ne faut pas les enfermer dans une image de princesse et de pompier, ni un rôle, ni un modèle, quel qu’il soit. Les enfants ne pensent qu’à jouer. J’invite les parents à élargir les possibilités de jeu. Les filles ont besoin d’être libres de courir, de se bagarrer. Et les garçons de câliner leur doudou. Il faut toujours leur proposer des choses nouvelles ».

Si les parents investissent tous les deux autant le travail que la famille, s’ils partagent les tâches domestiques, si maman laisse une place à papa pour s’occuper des petits et qu’il la prend, c’est déjà un bon point de départ dans l’éducation à l’égalité homme-femme de ses enfants.

Stéphanie Grofils

Les mamans en parlent

« C’est un très chouette spectacle sur les stéréotypes qui entourent les filles et les garçons, et tous les préjugés sur les filles qui jouent au foot. Moi, je n’ai pas envie qu’on offre à ma fille des jouets, comme un aspirateur, qui la limitent à une activité liée à son sexe. Je lui ai offert un établi car elle voulait bricoler comme son grand-père. » (Marie-Hélène)

« Ce spectacle est un réelle ouverture. La fille joue mieux au foot que le garçon et ça ne pose pas de problème. À mon filleul qui aimait passer l’aspi, j’ai offert un aspirateur et ça n’a pas posé de problème dans la famille. » (Patricia)

« Ma petite fille est très princesse et elle porte aussi des tenue très confortable qui lui permettent de jouer avec les garçons. C’est une des seules filles qui est invitée aux anniv par les petits garçons car elle a du plaisir à jouer avec eux tout en étant très « fille ». Et elle n’est pas contrariée dans sa féminité. » (Dephine)

Actu Ligue des familles

La Ligue des familles a rencontré Olivier Maingain, président du FDF, ce lundi 10 mars. Prochaine rencontre avec Emilie Hoyos, co-présidente d’Ecolo vendredi 14 mars. Découvrez leurs ambitions politiques pour les parents et les enfants dans le Ligueur le 2 avril.

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