Vie de parent

Élections 2019 : 5 solutions
pour les parents (5/5)

Des crèches accessibles et en suffisance

« Plus de places en crèche » : à chaque élection, de nouveaux parents font la même demande et les partis politiques prennent les mêmes engagements. Dans les faits, les parents galèrent toujours pour trouver une place. La Ligue des familles avance deux mesures concrètes pour enfin changer cela.

Élections 2019 : 5 solutions pour les parents (5/5)

Depuis février, la Ligue des familles propose chaque mois une solution innovante pour répondre à vos besoins de parents, créer le débat en cette campagne électorale et devenir, on l’espère, réalité une fois les nouveaux gouvernements mis en place.

Mais pour la cinquième et dernière proposition de cette série, après avoir imaginé le congé de conciliation, les coupons séparation, une réforme fiscale familiale et une allocation loyer adaptée aux familles, nous allons réitérer deux demandes énoncées de mémorandum en mémorandum, d’élection en élection : des places d’accueil en suffisance et financièrement accessibles pour les enfants de 0 à 3 ans.

Nous répétons toujours la même rengaine. Mais c’est tout simplement parce que les besoins sont immenses. Et jamais comblés. Tant en ce qui concerne le nombre de places (44 % des parents estiment qu’il est « très difficile » de trouver une place en crèche – 55 % à Bruxelles) qu’au niveau de l’accessibilité financière. Le coût constitue en effet un frein à l’inscription en milieu d’accueil puisque parmi les familles les moins aisées, seules 4 sur 10 ont recours à une structure d’accueil, contre 8 familles plus aisées sur 10.

Pourtant, un accueil de qualité a un impact positif durable pour les enfants puisqu’il constitue un outil efficace pour lutter plus tard contre le décrochage scolaire, l’exclusion du monde de l’emploi, etc. Bref : investir dans les mille premiers jours de vie d’un enfant, c’est investir dans l’avenir. La crèche, c’est aussi une garantie que les deux parents puissent retourner travailler. C’est donc un outil d’émancipation financière et d’égalité des genres.

Pour des places d’accueil en suffisance dans chaque commune…

Aujourd’hui, le nombre de places d’accueil de la petite enfance varie considérablement selon les communes. À Bruxelles il y a ainsi en moyenne trois places d’accueil pour dix enfants de 0 à 3 ans Mais cela cache de grandes disparités entre communes : le taux de couverture va de 18 % à Anderlecht à 71 % à Etterbeek.

On retrouve la même situation en Wallonie, avec un différentiel important entre provinces (taux de couverture de 30 % dans le Hainaut et 52 % en Brabant wallon, par exemple), mais aussi au sein d’une même province. Ainsi, dans le Brabant wallon, les taux de couverture vont de 29 % à Ittre et Tubize à… 95 % à La Hulpe.

Il est donc nécessaire d’intégrer cette réalité dans les critères de programmation de nouvelles places. Nous proposons :

► Un objectif ambitieux : garantir dans chaque commune minimum une place en crèche pour deux enfants de 0 à 3 ans (avec un pourcentage minimal de structures pratiquant des tarifs en fonction des revenus des parents). Ceci devrait permettre de couvrir la totalité des besoins, compte tenu des parents qui choisissent de garder eux-mêmes leur·s enfant·s, de recourir aux grands-parents, etc.
► Une manière d’y arriver progressivement : affecter en priorité les moyens disponibles à la création de places dans les communes où ce taux n’est pas atteint.

… et à moindre coût

L’accessibilité ne doit évidemment pas être que géographique : pour que chaque parent qui le souhaite puisse inscrire son enfant dans une crèche ou une autre structure d’accueil, il est nécessaire d’agir sur le coût de l’accueil.

Le coût payé par les parents n’est pas encadré dans les milieux d’accueil non subventionnés. Dans les structures subventionnées, il correspond à 11 % des revenus du ménage (et un peu moins pour les premières tranches de revenus). En moyenne, selon notre dernier Baromètre, les parents paient 342 € par mois, avec tout de même 19 % de parents qui paient plus de 500 €.

Pour permettre à tous les parents d’avoir accès à une structure d’accueil, il est nécessaire de diminuer, à tout le moins, le pourcentage payé par les parents aux revenus faibles et moyens, sans augmenter la part payée par les revenus plus importants.

Condition : en faire une réelle priorité financière en FWB

Si chaque ministre depuis quinze ans a créé des places d’accueil pour la petite enfance, il y a un manque de moyens. Selon une estimation de l’Office national de l’enfance (ONE), un refinancement du secteur de 350 millions d’euros serait nécessaire pour répondre aux besoins des familles. Cette année, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a pu y consacrer moins de six millions d’euros.

On sait que la Fédération Wallonie-Bruxelles ne roule pas sur l’or. Cependant, elle devra faire ses choix prioritaires pour la législature à venir. Notre demande est claire : continuer à ouvrir des places d’accueil et transformer la politique de la petite enfance en une priorité financière.

Service Études et action politique de la Ligue des familles

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