Vie de parent

Élections 2019 : mode d’emploi

Le 26 mai prochain, date des élections fédérales, régionales et européennes, les citoyens qui vivent sur notre territoire se rendront aux urnes pour effectuer un, trois ou même quatre votes ! Vous avez le tournis face aux différents niveaux de pouvoir de notre petite Belgique ? Vous n’y voyez pas clair quant aux compétences de chacun ? Un voyage dans les arcanes du fonctionnement de notre pays s’impose : on vous explique tout !

Élections 2019 : mode d’emploi

Belgique : six parlements pour un seul pays

Petit rappel : depuis 1993, la Belgique est officiellement un État fédéral. Comme pour les autres démocraties, un parlement (composé de la Chambre et du Sénat) et un gouvernement s’occupent des matières qui sont communes à l’ensemble des habitant·e·s du pays : c’est ce que l’on appelle l’État fédéral. Voilà le premier niveau de pouvoir, commun à tou·te·s, que l’on vive en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles.

Puisque la Belgique est un État fédéral, notre pays est aussi composé d’un second niveau de pouvoir, formé par ce que l’on appelle les entités fédérées : il s’agit des trois Régions (wallonne, flamande et de Bruxelles-Capitale) et des trois Communautés (française, flamande et germanophone). Contrairement à l’État fédéral, les Communautés et les Régions s’occupent des domaines qui concernent uniquement les habitants de leur territoire. On vous renvoie d’ailleurs vers la carte pour situer avec précision à quoi correspond chacune des entités fédérées. Remarque : dans la pratique, la Communauté française porte désormais le nom de Fédération Wallonie-Bruxelles. Tandis qu’en Flandre et depuis toujours, le parlement de la Région et celui de la Communauté ne font qu’un. Le compte est bon : il y a donc bien six parlements dans notre petit pays.

Les élections du 26 mai prochain seront des élections fédérales et régionales : les électeurs belges se rendront aux urnes pour choisir les représentants du parlement fédéral et de quatre des cinq parlements des entités fédérées. En effet, les représentant·e·s du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas élu·e·s directement mais proviennent du parlement de la Région wallonne et du parlement de la Région de Bruxelles-Capitale.

Qui fait quoi dans la Belgique fédérale ?

On l’a vu plus haut, l’État fédéral gère les compétences qui doivent rester communes à l’ensemble des habitants du pays : la police, l’armée et les affaires étrangères, mais aussi, en partie, la fiscalité, la justice, la Sécurité sociale et la recherche scientifique.

Pourquoi en partie ? Parce depuis 1993, les compétences qui sont passées de l’État fédéral aux Régions et aux Communautés n’ont cessé d’augmenter. Ainsi, suite à la 6e réforme de l’État, votée en octobre 2011, il a été décidé que les allocations familiales (qui sont un pan de la Sécurité sociale) passeraient de l’État fédéral aux Régions. Résultat : dans ce domaine, les parents sont désormais traités différemment selon qu’ils vivent en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles.
Venons-en maintenant aux compétences des entités fédérées. Point de repère pour identifier les matières dont s’occupent les Régions : elles ont toutes un lien avec le territoire et la façon dont celui-ci est aménagé ou encore avec l’économie de manière très large. Des exemples ? Le logement, l’emploi, l’énergie, l’agriculture, les déchets et l’environnement, la distribution de l’eau... Quant aux Communautés, leurs compétences concernent la langue et la culture de manière globale. Des exemples ? L’enseignement, les crèches, l’aide à la jeunesse, la culture ou encore le sport. Astuces pour les identifier : il s’agit de compétences que l’on ne peut toucher du doigt.

À retenir : les matières qui concernent directement les parents et que nous développons dans les pages suivantes dépendent tantôt du fédéral (congé de maternité et paternité, congé parental, conciliation des temps…), tantôt des entités fédérées (accueil de la petite enfance, mobilité…) et parfois même, des deux à la fois (chômage, emploi).

Et l’Europe ?

On en parle peu dans notre pays tant les élections fédérales et régionales prennent de l’importance. Mais le 26 mai prochain, les électeurs belges (et, à certaines conditions, les citoyens d’un pays membre de l’Union européenne qui vivent sur notre territoire) voteront également pour les élections européennes : ils devront choisir les 21 députés qui représenteront la Belgique au parlement européen.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’Union européenne s’occupe aussi de matières qui nous touchent directement. Un exemple ? Le mois prochain, le conseil de l’UE va adopter définitivement une directive baptisée « work life balance » qui fixe le cadre minimal régissant l’équilibre entre le travail et la vie privée. Bonne nouvelle, en Belgique, ce cadre est déjà très largement respecté. Seul un point concernant les congés d’aidants proches devra être réglé. Si vous voulez vous pencher sur l’impact des décisions européennes dans notre quotidien voici un site pour tout savoir : what-europe-does-for-me.eu

Anouck Thibaut

En bref

Qui vote pour quoi ?

Quelles assemblées allez-vous élire le 26 mai ? Tout dépend de votre domicile…

Vous habitez à Bruxelles ?

► Le parlement fédéral (Chambre)
► Le parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
► Le parlement européen

Vous habitez en Wallonie ?

► Le parlement fédéral (Chambre)
► Le parlement wallon
► Le parlement européen

Vous habitez en Flandre ?

► Le parlement fédéral (Chambre)
► Le parlement flamand
► Le parlement européen

À savoir : les habitants de la Communauté germanophone voteront une quatrième fois puisqu’ils voteront aussi pour leur parlement.

En pratique

Qui vote ? Les Belges âgés de minimum 18 ans le 26 mai ont l’obligation d’aller voter pour les élections fédérales, régionales et européennes. Les citoyens d’un pays membre de l’Union européenne peuvent, à certaines conditions, voter pour les élections européennes.
Comment voter ? Que le vote soit électronique ou se fasse sur papier, l’électeur a la possibilité de voter de deux manières différentes. Après avoir choisi la liste de son choix, il peut effectuer un vote en case de tête ou tête de liste (cela signifie qu’il est d’accord avec l’ordre dans lequel les candidat·e·s sont présenté·e·s) ou effectuer un vote nominatif en votant pour un ou plusieurs candidats.
► Rappel : en Belgique, le vote est obligatoire. En cas d’indisponibilité le jour du vote, vous pouvez soit voter par procuration, soit notifier le motif de votre absence (examen, maladie, voyage…) au juge de paix. Plus d’infos via elections.fgov.be