+18 ans

Élections : votre enfant vote
pour la première fois

18 ans, c’est un tournant. Particulièrement cette année puisque, pour la première fois, votre fils ou votre fille pourra (devra !) voter trois fois... le même jour ! Peut-être votre jeune ne se pose-t-il pas de questions ou, à l’inverse, s’en pose-t-il beaucoup ? Le Ligueur vous en propose dix pour préparer ce scrutin avec lui… s’il le veut bien.

Élections : votre enfant vote pour la première fois - Reporters

► Votre jeune répond aux tests électoraux : qu’en penser ?
Ces tests, qui se sont généralisés sur la plupart des sites des médias francophones, sont une des nouveautés de cette campagne électorale. Après avoir répondu à une vingtaine de questions, l’ordinateur vous indique le parti dont vous êtes le plus proche. De simples gadgets ? Ils ont été élaborés avec le concours des universités : l’ULB pour le test du Soir, l’UCL pour celui de La Libre et de la RTBF. Pourtant, méfiance ! Le résultat n’est pas synonyme d’intention de vote et ne doit donc pas être pris pour argent comptant. Pourquoi ? Parce que tous les partis politiques ne sont pas représentés dans ces tests (celui du Soir en compte huit ; celui de La Libre, seulement cinq). Parce qu’il est réducteur de faire le tour d’un programme en vingt-cinq questions. Et parce que ce test ne tient pas compte des personnalités et des idées des candidats, ce qui influence aussi l’électeur. Par contre, ce test peut être une indication qui aide votre jeune à réfléchir (éventuellement avec vous) à ses idées et à son projet de société.  

► Il (ou elle) ne sait pas pour qui voter. Comment l’aider ?
Les canaux pour s’informer des idées et programmes des partis et candidats sont nombreux. Il y a d’abord les tracts et autres courriers qui atterrissent dans votre boîte aux lettres. À rappeler à votre jeune : pour séduire un maximum d’électeurs, les partis ont tendance à atténuer leurs spécificités. D’où cette (fausse) impression que toutes les formations politiques défendent les mêmes idées. Pour y voir plus clair, mieux vaut potasser les programmes disponibles en ligne sur les sites des différents partis. Autre possibilité : les médias qui décryptent les programmes et donnent la parole aux candidats (rendez-vous aussi sur leligueur.be). Dernière possibilité pour que votre jeune aille voter en connaissance de cause : assister à un débat dans les locales des partis, les associations, les maisons de jeunes, les universités… Et si, au contraire, votre jeune a des idées bien arrêtées, qui ne correspondent pas aux vôtres ? Dites-vous qu’il est adulte, qu’il fait ses choix et que vous ne pouvez plus – hélas, peut-être - y faire grand-chose.

► Votre jeune veut s’abstenir. Que lui dire ?
D’abord, lui rappeler que la Belgique est - avec le Luxembourg et la Grèce - un des trois pays de l’Union européenne où le vote est obligatoire. L’abstention est passible d’une amende de 30 à 60 euros la première fois et pouvant aller jusqu’à 150 euros en cas de récidive. Plutôt que d’agiter la menace d’une éventuelle sanction - dans les faits, les abstentionnistes n’ont pas été poursuivis ces dernières années -, pourquoi ne pas aussi lui rappeler que le vote est un droit, celui d’avoir son mot à dire à propos du choix des personnes qui dirigent le pays en son nom. Un droit que bon nombre d’habitants de la planète ne possèdent toujours pas. Il vous rétorque qu’une seule voix, la sienne, n’a aucun impact ? Il a raison ! Par contre, les voix qui s’additionnent peuvent, ensemble, faire basculer les choses. Et si vous êtes à court d’arguments, surfez avec votre jeune sur www.faussesbonnesexcuses.be : une manière amusante de lancer la discussion sur l’abstention. Si vraiment, votre jeune n’est d’accord avec aucun parti, il lui reste le vote blanc (voir ci-dessous).

► Quel mode d’emploi pour voter valablement ?
Une fois dans l’isoloir, deux possibilités s’offrent à l’électeur : voter en case de tête ou effectuer un vote de préférence. Dans le premier cas, on noircit (ou on coche avec son crayon optique) la case qui se trouve en haut de la liste : voter ainsi signifie que l’on est d’accord avec l’ordre dans lequel les candidats ont été placés. Le vote va donc être attribué en priorité aux hommes et femmes qui occupent les premières places sur la liste. Dans le second cas, on vote pour un ou plusieurs candidats (sans limite de nombre) toujours sur une même liste : le vote ira alors aux personnes choisies. Lorsqu’on effectue un vote de préférence, il est possible de choisir les candidats effectifs (qui siègeront s’ils sont élus) et/ou les candidats suppléants (qui constitueront une réserve pour remplacer les candidats effectifs).

► On dit que les votes nuls et blancs vont à la majorité. Vrai ?
Contrairement à ce que l’on croit souvent, les votes nuls et blancs ne vont pas au(x) parti(s) vainqueur(s), ni à aucun autre parti d’ailleurs : ils ne sont pas pris en compte pour l’attribution des sièges. Est considéré comme nul, un vote dont le bulletin contient des ratures, des dessins ou des annotations ou encore, où l’électeur a voté pour plusieurs candidats, sur différentes listes. À rappeler à votre jeune qui voudrait s’amuser à griffonner son bulletin sans avoir conscience des conséquences : son vote ne sera pas pris en compte. Avec le vote électronique, le vote nul n’est plus possible. Tandis que le vote blanc, lui, est toujours faisable : il consiste à ne cocher aucune case, ce qui signifie que l’on n’est d’accord avec aucune liste.

► Pour ces trois élections, doit-on voter pour le même parti ?
Ce 25 mai, ce n’est pas à une mais à trois élections que les citoyens sont convoqués. Dans l’ordre, on votera pour l’élection du Parlement européen, de la Chambre des représentants (et non plus pour le Sénat, ce qui est nouveau !) et du Parlement régional (wallon, bruxellois ou flamand). Les habitants de la Communauté germanophone voteront, eux, une quatrième fois : pour le Parlement de leur Communauté. Rien ne vous oblige à voter pour le même parti lors de ces différentes élections. D’ailleurs, ils ne sont pas nécessairement tous représentés pour chacune des élections et les candidats ne peuvent pas cumuler. Vous voulez voir l’ensemble des listes avant de vous retrouver dans l’isoloir ? Rendez-vous sur le site officiel : www.elections.fgov.be. Et si votre jeune fait une soupe avec les différents niveaux de pouvoir en Belgique et en Europe, mettez-lui les dossiers de l’Actu jeunes entre les mains.

► Peut-on voter par procuration lorsqu’on est en examen ?
Le 25 mai, la plupart des étudiants seront en blocus ou même à la veille d’un examen. Pas simple, par exemple, de venir voter à Arlon alors que l’on étudie à Bruxelles. Les étudiants ont le droit de voter par procuration. Les démarches ? Faire remplir, auprès de la direction de l’établissement scolaire, un certificat attestant l’impossibilité de venir voter. Remplir le formulaire de procuration. Ces deux documents peuvent être téléchargés via www.elections.fgov.be . Ces deux documents devront être remis à la personne (le mandataire) qui va voter au nom de votre étudiant. Pas obligé donc de passer par la commune. Par contre, cette dernière démarche est obligatoire si votre jeune est dans l’impossibilité de voter pour d’autres raisons que scolaires, notamment s’il est en séjour vacances à l’étranger. Attention, si vous avez plusieurs étudiants : un électeur ne peut recevoir qu’une procuration maximum. Le mandataire doit se rendre dans le bureau de vote qui a été assigné à la personne qui donne procuration.

► À partir de quel âge peut-on être assesseur ?
Depuis 2007, l’âge minimum pour être assesseur a été abaissé à 18 ans. Si votre jeune est convoqué pour cette fonction et qu’il ne peut la remplir pour cause de blocus, il peut demander à être dispensé. Les démarches ? Faire remplir, auprès de la direction de son établissement scolaire, un certificat attestant l’impossibilité d’assurer la fonction d’assesseur. Puis l’envoyer au président du bureau principal de canton, accompagné d’une lettre. Le certificat ainsi qu’une lettre-type sont téléchargeables sur le site officiel.

► Mon jeune est en kot. Ses déplacements peuvent-il être remboursés ?
Effectivement, dans certains cas - dont celui des étudiants qui séjournent dans une autre commune que celle où ils doivent voter - il est possible de se faire rembourser les frais de déplacement. Le montant du remboursement équivaut à un trajet aller-retour en train (2e classe), même si le déplacement est effectué en voiture. Que faire pour cela ? Renvoyer, endéans les trois mois, les documents suivants au Service public fédéral intérieur : la convocation électorale, l’attestation de remboursement ainsi qu’une autre de l’établissement scolaire et éventuellement le titre de transport utilisé.

► Il a égaré sa convocation électorale. Que faire ?
Une copie de la convocation électorale (perdue ou non reçue) peut toujours être obtenue auprès du secrétariat communal, d’ailleurs ouvert le matin des élections. Si malgré tout, votre jeune n’est pas en possession de sa convocation (ou d’une copie de celle-ci), il peut se présenter au bureau de vote qui lui a été assigné avec sa seule carte d’identité. Attention ! Cette dernière est dans tous les cas obligatoire pour voter : en cas de perte ou de vol, il faut être en possession d’une attestation temporaire de carte d’identité délivrée par la police.

Anouck Thibaut

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