Électrique-hybride : le courant
passe de mieux en mieux

Dans cette société un peu folle qui se complait à détruire ses ressources autant qu’à penser des solutions d’avenir en matière d’environnement, la voiture est encore et toujours au cœur de la vie de beaucoup de parents. Si certains ont déjà fait le choix de la mobilité douce, en privilégiant les transports en commun ou le guidon d’un vélo, d’autres ne peuvent se passer de leur quatre-roues.

Électrique-hybride : le courant passe de mieux en mieux

L’Accord de Paris sur le climat prévoit la fin des moteurs diesel et essence pour 2040. 2040, c’est loin, diront certains. Mais pour réaliser la plus grande remise en question de l’histoire en matière d’automobile en moins de vingt-cinq ans, il faut prendre le taureau par les cornes dès aujourd’hui.
En Belgique, les politiques se sont déjà emparé·e·s du sujet. La Wallonie a avancé de dix ans la date fixée par l’Accord de Paris. Bruxelles a déjà mis le pied à l’étrier avec l’entrée en vigueur au 1er janvier de sa LEZ (low emission zone). Son but ? Limiter la circulation des véhicules les plus polluants dans la capitale en instaurant une taxe sur les voitures, camionnettes, minibus, autocars et bus aux moteurs les moins verts.
Les constructeurs aussi réfléchissent à des voitures plus propres. Sans doute d’abord pour des questions économiques, ne soyons pas naïfs. Et comme souvent, ils utilisent d’abord le sport automobile comme terrain d’essais. Les nouvelles technologies des voitures de demain se retrouvent déjà dans les bolides qui s’affrontent sur le circuit de Spa-Francorchamps, lors des 24 Heures du Mans ou encore dans le championnat de Formule-E, l’équivalent électrique de la fameuse Formule 1.
Tout cela est évidemment une bonne chose pour la planète, pour ses habitants… pour demain. Mais aujourd’hui, qu’en est-il pour le parent qui veut agir là, tout de suite ? « Nous habitons au beau milieu de nulle part. L’école des enfants est à sept kilomètres, le boulot de mon mari à douze et le mien à quinze. D’accord, il y a un arrêt TEC au bout de la route, mais il est desservi à des horaires incompatibles avec notre emploi du temps. Pour nous, la voiture, ce n’est pas un gadget, mais bien un indispensable. Mais quitte à en avoir une - et même deux dans notre cas -, autant qu’elle soit la moins polluante possible. Deux petites voitures électriques, ça a été notre geste pour la planète. C’est parfois pas pratique du tout (le coffre est petit), mais la plupart du temps, c’est un chouette compromis ! ».

Des avantages… et des désagréments

Comme Nathalie, vous vous sentez prêts à franchir le pas de la voiture plus propre ? Bravo ! Reste le plus compliqué à faire : trouver le bon véhicule. Avant tout, il va falloir vous décider sur le type de motorisation entre le 100 % électrique, l’hybride classique, le plug-in (ou hybride rechargeable), voire même le CNG (compressed natural gas). Aïe, casse-tête en vue !
De manière très rapide, on peut d’abord commencer par regarder les gros avantages et les gros inconvénients des quatre motorisations. Pour le 100 % électrique, l’argument massue est incontestablement que ce moteur ne pollue pas à l’usage (zéro émission), un énorme atout largement contrebalancé par la faible autonomie (maximum 150 km). Vous pourrez ainsi aisément aller à Libramont voir tata Alice… mais il vous faudra recharger votre voiture pour revenir (8 à 10 heures sur une prise électrique de la maison, 4 à 6 heures en station de recharge…).

En ville, l’électrique ou l’hybride rechargeable commencent à s’imposer comme un choix de plus en plus évident

L’hybride classique se distingue par la présence de deux moteurs, l’un électrique, l’autre thermique (diesel ou essence). Son gros atout est qu’il est utilisable sans discontinu et qu’il consomme peu en ville, là où le moteur électrique a tout son intérêt. Côté point faible, c’est le poids et l’encombrement des batteries le gros souci. Bémol aussi si vous faites plus de route que de ville : en utilisation normale à 90 km/h par exemple, c’est le moteur thermique qui est sollicité, le gain est alors nul par rapport à une voiture classique.
En ce qui concerne le plug-in, l’atout majeur est sa capacité en ville. Pour de petits trajets inférieurs à 35-40 km (maison-boulot), il est possible de ne rouler qu’en thermique, soit une grosse économie à la fin du mois. Ses défauts ? Les mêmes que l’hybride classique. En deuxième voiture, pour des trajets urbains, elle peut donc être le parfait véhicule familial.

Choix de motorisation, choix de vie

Le CNG est donc une alternative à l’hybride et à l’électrique. Ce véhicule au gaz a déjà conquis 4 500 utilisateurs belges, séduits par la consommation, la possibilité de rouler au biogaz ou encore les émissions de CO2 réduites. Pour ceux qui seraient tentés par l’aventure CNG, deux gros freins apparaissent très vite. En premier lieu, le coût, que ce soit pour une adaptation sur un véhicule déjà utilisé (entre 2 000 et 4 000 €) ou lors d’un achat en neuf (environ 2 000 €). L’autre problème est au niveau pratique puisque le nombre de pompes CNG dans le pays est extrêmement limité. Si le réseau s’est bien développé en Flandre avec quarante pompes disponibles, la Wallonie reste à la traîne avec seulement onze stations référencées, même si le chiffre de trente est avancé pour 2019.
Voilà, vous savez désormais presque tout... des informations de base pour choisir quelle motorisation équipera votre future voiture. Il reste encore le plus compliqué à venir : trouver le bon modèle. Acheter de l’électrique ou de l’hybride rechargeable, c’est faire un choix qui risque de modifier le quotidien du fait de l’autonomie limitée et de la recharge régulière à effectuer.

Rouler propre et durable, c’est aussi changer ses habitudes de vie et repenser son quotidien

« On a fait le choix d’une petite hybride rechargeable parce que cela correspond tout à fait avec notre mode de vie urbain, avec des déplacements assez courts, explique Philippe, papa de deux enfants de 5 et 9 ans. Elle permet aussi des déplacements un peu plus lointains avec le moteur thermique, avec un confort tout à fait correct. On a un peu hésité avec un modèle plus gros au départ en prévision des vacances. Mais il fallait ajouter un coffre de toit ou une remorque, ce qui est moins pratique. Du coup, maintenant, quand on part avec des bagages ou loin comme pour les grandes vacances, on loue un bon gros monospace. Si j’ai un conseil à donner en tant qu’utilisateur, c’est de ne pas regarder uniquement l’aspect environnemental à l’achat. Économiquement, ça peut aussi être une source de déconvenues si votre utilisation n’est pas raccord avec les capacités de l’électrique ou de l’hybride. »

Tester, comparer et négocier

Tant qu’à parler argent, il est à signaler que malgré une relative démocratisation, la mobilité durable a un coût - voire un surcoût - chez les concessionnaires. On peut compter sur un différentiel de 10 000 € par rapport au même modèle avec une motorisation classique. Oui, mais on fait des économies de carburant, me direz-vous à juste titre. Certes, mais le schéma de rentabilité reste difficile à définir tant les usages, les types de conduite, les bonus sont différents d’un conducteur à l’autre, d’une Région à l’autre (voir encadré).
Enfin, comme pour l’achat de n’importe quelle voiture, n’hésitez pas à multiplier les essais, à comparer. Tesla, Toyota, Kia, Opel, Renault, BMW, Volvo… la liste des constructeurs est longue et tous ou presque ont des caractéristiques propres (expérience, réseau de distribution, prise en charge de l’entretien, achat ou location des batteries, etc.). Et comme toujours en matière de consommation, faites jouer la concurrence, argumentez, négociez, les vendeurs automobiles ont toujours une marge de manœuvre.   
Vous êtes arrivés à la fin de cet article et, après une intense réflexion économico-environnementale, vous avez décidé de franchir le pas. Bravo ! N’hésitez pas à nous raconter vos aventures, péripéties, surprises ou à nous donner vos bons plans pour de futurs acheteurs. On attend avec impatience vos messages sur redaction@leligueur.be.

Romain Brindeau

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Fiscalité, éco bonus/malus…

Acheter une voiture hybride ou électrique est-il encore un bon plan fiscal ? Autant vous le dire tout de suite, la réponse est non. Depuis la suppression des incitants en 2014, votre déclaration de revenus ne comporte plus de case bien réjouissante.
Un avantage, quand même… mais seulement pour la Wallonie. Les voitures hybrides ou électriques, de par leurs faibles émissions de CO2 , vous permettent de ne pas devoir vous acquitter de la taxe éco-malus ou, mieux encore pour les véhicules très peu polluants, de bénéficier d’une prime éco-bonus allant de 250 à 2 500 €.