Elle & Lui toujours d’accord ? À l'école

On aimerait bien être une petite mouche et observer à leur insu nos enfants parmi leurs pairs. Comment se comportent-ils ? Affables ? Agressifs ? Exclusifs ? Sexistes ? Eh oui, et ce malgré notre « bonne » éducation ! Pour en savoir plus, détour par les profs et autres acteurs de l’école. Et par les jeunes eux-mêmes.

Elle & Lui toujours d’accord ? À l'école

ELLE

Maternelle : les mêmes, pas au même moment

Delphine, 33 ans, institutrice : Les enfants, qu’ils soient garçons ou filles, développent les mêmes compétences, mais pas forcément au même moment.

Carole, 40 ans, institutrice : Les filles crient plus, mais aiment travailler, elles respectent plus facilement les règles du jeu. 

Isabelle, maman de deux filles et un garçon : Moi, j’observe que les filles vont jouer avec des poupées et très rarement avec des voitures, alors que les garçons vont jouer avec des voitures… et aussi des poupées !

Olivia, 30 ans, institutrice : Lorsque je demande aux enfants de faire deux rangées, je les laisse choisir la ligne dans laquelle ils veulent se mettre indépendamment de leur sexe. Mais quand je leur lis une histoire, je leur demande de se mettre en cercle. S’ils chahutent trop, je les dispose de manière alternée - une fille, un garçon - afin que le groupe soit plus calme. 

Valérie, 40 ans, institutrice : J’ai essayé de casser un maximum de stéréotypes dans ma classe : l’espace « voiture » est devenu l’espace « transport », l’espace « poupée » ou « maison » est devenu l’espace « hôpital ». Et j’ai également installé un espace « déguisement » avec une table de maquillage équipée de masques.

Sandra, 39 ans, maman de deux enfants : Un jour, Julien a pris un crayon rose pour faire un dessin et Valentine lui a dit que c’était une couleur pour les filles. Quand j’ai entendu cela, j’ai demandé à Valentine pourquoi elle pensait cela, tout en lui expliquant que les garçons comme les filles pouvaient dessiner avec un crayon rose !

Bernadette, 45 ans, institutrice : Je suis plus à l’aise pour discuter avec une maman qu’avec un papa.

Primaire : la récré sous la loupe

Marianne, 3e primaire : Les filles, c’est la corde à sauter, des promenades en discutant, c’est : « Je te cause et je te cause plus » et « Je t’aime et je t’aime plus ».

Lucie, 36 ans, institutrice, 6e année : Les filles ne sont pas des victimes innocentes, elles peuvent elles aussi déclencher des bagarres… Quand elles décident de provoquer les garçons, elles vont leur piquer le ballon, ou leur dire des âneries et là, ça réagit. 

Gina, 8 ans : Les garçons, ils m’énervent… Dans la cour, ils viennent tout le temps nous embêter, ils nous bousculent, ils crient… 

Léa, 10 ans : Pendant la récré, on cause un peu de tout, de nos vêtements, de notre famille, de ce qu’on va faire pendant le week-end, de la Nouvelle Star ou de The Voice

Secondaire : plus sages ?

Marie-Jeanne, 50 ans, professeur de français : Dans ma classe, je constate chaque année une différence de maturité entre les filles et les garçons. Les filles acquièrent des capacités de réflexion plus tôt. Ce n’est pas facile à gérer, car ils ne sont jamais sur la même longueur d’onde.

Dominique, 55 ans, professeur de maths : Les parents attendent, je crois, que les filles soient plus obéissantes que les garçons. Et nous, les profs, aussi !

Florence, 41 ans, professeur d’histoire-géo : Les filles sont moins dans une attitude d’opposition contre le système scolaire. Il faut dire que les images de réalisation de la virilité qu’on offre aux garçons passent par le foot, pas par l’école et les résultats, d’où leur côté turbulent.

LUI

Maternelles : Robin et la corde à sauter

Luc, instituteur, 30 ans : Les garçons vont plus facilement utiliser les jeux à d’autres fins. Dans ma classe, ils ont imaginé que les cerceaux étaient des voitures et se sont amusés à faire des courses automobiles.

Sylvain, 32 ans, psychomotricien : Pendant l’heure de psychomotricité, j’ai proposé aux enfants de faire de la corde à sauter et Robin m’a dit que la corde à sauter c’était pour les filles. Je lui ai expliqué que les boxeurs s’entraînaient en faisant de la corde à sauter. Il n’a plus rien dit et a accepté de faire l’activité.

Pierre, 46 ans, directeur d’école : Je trouve que les papas s’impliquent de plus en plus dans l’école et dans la vie de l’école, ils viennent parfois aux réunions de parents.

Karim, 28 ans, instituteur : Un jour, lors de l’accueil libre du matin, un papa a interdit à son fils de jouer avec une poupée. Il est venu vers moi pour me dire qu’il fallait lui interdire les jeux de fille !

Primaires : à la récré, ça bouge !

Hicham, 27 ans, éducateur : La mixité, c’est comme la vinaigrette, dès qu’on arrête de mélanger, ça se sépare. 

Thomas, 10 ans : Ce que j’adore avec les mecs, c’est qu’ils bougent tout le temps quand ils parlent, ils parlent avec quelqu’un puis quelqu’un autre, et encore un autre…Bon, O.K., c’est pas superstable. Mais moi, je préfère ! Contrairement aux nanas qui restent dans leur petit groupe pour discuter.

Secondaire : moins raisonnables !

Marc, 43 ans, professeur d’histoire : Lorsque j’accompagne mes élèves à la bibliothèque, les garçons se précipitent en général vers les BD ou les romans, les filles au contraire s’investissent plus, elles vont vers des ouvrages qui sont en rapport avec ce que nous étudions en classe, elles sont moins dissipées.

Kevin, professeur de maths : En classe, il est beaucoup plus difficile de gérer les garçons que les filles. Les garçons se laissent facilement déconcentrer, ils bougent plus, se dispersent, discutent, ne font pas attention à ce que je raconte… Souvent, je constate qu’ils préparent leur devoir à la dernière minute, la veille au soir. À l’inverse des filles qui sont plus consciencieuses, plus précises, plus soignées.

Karin Mantovani

En savoir +

ELLES

Les qualités requises chez les filles sont à l’opposé de ce qui est encouragé chez les garçons. On valorise chez elles la bonne tenue (on fait d’avantage de remarques aux filles qu’aux garçons concernant l’habillement), la belle écriture, le « bon » comportement. Les filles, très protégées, se développent en fonction du regard des autres, dans « l’approbation constante de l’adulte » : « Tant qu’elles restent sages, on leur pardonnera plus vite leurs mauvais résultats » (Étude réalisée en 2012 par la Ligue de l’Enseignement : Le féminisme et l’enseignement, pour une égalité filles/garçons).

ILS

Les observations mettent en avant le fait que les enseignant(e)s n’interrogent pas les filles et les garçons de la même façon. En effet, ces derniers sont davantage mis à contribution, dans une proportion de deux tiers/un tiers, et sont interrogés plus longtemps. (...) En outre, les garçons sont perçus par les enseignants comme étant « plus créatifs, originaux, indépendants » (Étude réalisée en 2012 par la Ligue de l’Enseignement).

Et vous, pensez-vous que…

...les garçons sont élevés comme des petits rois et ne sont pas préparés au métier d’élève ? Rendez-vous sur notre page Facebook pour en parler.

Sur le même sujet

Elle & Lui doivent-ils être toujours d’accord ?

Nous avions envie de savoir… Si, bien au-delà de votre propre personnalité, le fait d’être une femme, d’être un homme modifiait votre regard sur l’éducation des enfants. Nous avions envie de savoir… Alors, nous sommes partis à la rencontre de mères et de pères, de belles-mères, de beaux-pères, bien sûr, mais aussi de profs, éducateurs ou autres, féminins comme masculins. Et pour pimenter le tout, nous n’avons pas résisté à interroger des ados, filles et garçons. Nous avions envie de savoir… Arrêt sur les paroles d’elles et d’eux (dommage, « Lui » ne supporte pas le « s » !) à travers des domaines-clés de la vie des enfants.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? À la maison

On aurait pu faire le tour des pièces, choisir des moments-clés - le souper, la table dressée, la tribu rassemblée. On aurait pu étaler à nouveau les chiffres mesurant le temps pris par Elle, par Lui pour les tâches domestiques. Les sujets où confronter les regards de l’un et de l’autre sont si foisonnants que nous avons décidé d’afficher notre parti pris. Trois thèmes ont été choisis : la chambre, lieu d’intimité, le miroir, la relation à l’image et, sur leligueur.be/2013-21, le congé parental, une césure, un choix de vie. Elle et Lui nous en parlent…

 

Elle & Lui toujours d’accord ? L'amour et la sexualité

Difficile de laisser en rade ceux et celles qui vivent les choses de l’amour en première ligne. C’est pourquoi, à côté des paroles de mères et de pères sur la vie sexuelle et amoureuse de leur progéniture, nous avons interrogé des ados. Dont les propos dévoilent d’ailleurs souvent… l’attitude des parents.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? Et plus tard

Les filles sont aujourd’hui majoritaires parmi les étudiants et les diplômés de l’enseignement supérieur. Leur pourcentage dépasse 50 % dans tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Chypre. En Belgique, leur pourcentage est de 54 % (Eurostat 2010). Ça, c’est pour l’avenir professionnel. Et pour la vie privée ? La valeur « famille » est toujours plébiscitée des deux côtés.

 

Pourquoi les femmes et les hommes ont-ils des regards différents ?

Un petit humain lorsqu’il naît est un être plein de possibles, dont les goûts, les valeurs, les manières d’être, ne sont que très partiellement  déterminés génétiquement et sexuellement. C’est par  l’éducation et la socialisation qu’il  développera certaines aptitudes, adoptera certains comportements et développera une vision du monde spécifique.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? Le congé parental

Prendre le temps de… prendre le temps avec ses enfants. Beaucoup en rêvent, mais le congé parental reste surtout valable pour les mères. Un choix qui n’en est pas toujours un et des mentalités à faire encore évoluer.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? Du sport… pour se sentir bien

Près des trois quarts des jeunes pratiquent un sport entre 10 et 17 ans. Les garçons (près de 8 sur 10) font plus de sport que les filles (6 sur 10). En primaire, 8 enfants sur 10 pratiquent un sport en dehors de l’école. Début secondaire, 6 jeunes sur 10. En 3e et 4e années, près de 7 sur 10 et une reprise en force fin secondaire avec 8 jeunes sur 10. Plus de 6 enfants sur 10, âgés de 10 ans choisissent eux-mêmes de faire un sport. À 17 ans, ils sont 9 sur 10 à faire ce choix sans l’avis des parents (Source : Les loisirs des jeunes - Crioc - 05/2010).