Elle & Lui toujours d’accord ? Du sport… pour se sentir bien

Près des trois quarts des jeunes pratiquent un sport entre 10 et 17 ans. Les garçons (près de 8 sur 10) font plus de sport que les filles (6 sur 10). En primaire, 8 enfants sur 10 pratiquent un sport en dehors de l’école. Début secondaire, 6 jeunes sur 10. En 3e et 4e années, près de 7 sur 10 et une reprise en force fin secondaire avec 8 jeunes sur 10. Plus de 6 enfants sur 10, âgés de 10 ans choisissent eux-mêmes de faire un sport. À 17 ans, ils sont 9 sur 10 à faire ce choix sans l’avis des parents (Source : Les loisirs des jeunes - Crioc - 05/2010).

Elle & Lui toujours d’accord ? Du sport… pour se sentir bien

ELLE

École : l’enfer des vestiaires !

Lucie, 14 ans : Je déteste aller à la piscine avec ma classe. Déjà que je n’aime pas me mettre en maillot à la plage, alors la piscine, c’est l’enfer. Entre filles dans les vestiaires, les commentaires fusent : « Elle n’a pas de seins », « T’as vu ses fesses ? », « Si j’étais à sa place, je ne me montrerais pas ! ». Dans le bassin, s’ajoutent les garçons et là c’est encore pire. Je voudrais ne pas être obligée d’y aller, mais ma mère est intraitable, pas moyen de me défiler.

Françoise, 32 ans : J’ai carrément vécu le sport comme une humiliation au lycée. Je le ressentais comme tel parce que j’avais des gros seins pour mon âge, des rondeurs et que ça se voyait plus en tenue de sport. 

Muriel, 35 ans : En secondaire, j’étais un peu l’intello typique. Première de ma classe avec des lunettes et un appareil dentaire. Et nulle, mais alors nulle en sport, toujours dans les derniers - voire la dernière. J’en ai souffert.

Peur des garçons !

Sofia, 14 ans : J'ai toujours aimé la boxe. Comme souvent dans les clubs de boxe, il n'y a que des garçons et ça me fait un peu peur. Je suis allée à un cours d’essai de boxe anglaise et le coach été sympa. Il m'a expliqué comment ça se passe, mais j’ai peur que les garçons se moquent de moi. Maintenant il faut que je me décide et que j’aille au bout de l’idée. 

Nadja, 16 ans : J’ai longtemps fait de la danse moderne et de la gymnastique rythmique synchronisée (GRS). L'année dernière,  j'ai repris la danse moderne. Dans mon cours, les filles étaient pour la plupart plus jeunes que moi et pas un seul garçon ! Alors je voudrais faire de la danse classique, mais j’ai peur de me retrouver dans un groupe de débutantes avec de nouveau des gamines et pas de garçons ! 

Natacha, 15 ans : Je suis une fille et je joue au foot ! Je joue dans un très bon club depuis un peu plus d'un an et j’ai un peu honte de le dire à mes copains. J’ai peur qu’ils pensent que je ne suis pas très féminine et qu’ils me voient comme un bon pote avec qui on parle foot. 

 Chris, 13 ans : Je suis passionnée de cheval, je fais de l’équitation depuis mes 5 ans et je rêve de rentrer à l’école provinciale d’élevage et d’équitation de Gesves pour devenir prof d’équitation. Ma chambre est tapissée de photos de chevaux et je vis mes temps de loisirs en bombe et en bottes. Mes parents sont réticents, ils me trouvent trop jeune pour cela, mais moi je ne veux rien faire d’autre.

LUI

École : pas de place pour le sport !

Kevin, 17 ans : Coup de gueule contre les écoles qui mettent des cours de sport de 8 h à 10 h. C’est vrai que pour bien commencer la journée, autant se crever et bien puer la sueur ! 

Ethan, 15 ans : Je trouve qu’on ne fait pas assez de sport à l’école. Dans certains pays, des après-midi entières sont consacrées à la pratique de différents sports. Mon copain allemand peut faire plein de sport dans son école. Moi, ça me manque, du coup je passe mes temps libres à faire du foot et du tennis. C’est dommage ! 

Jean-Yves, professeur d’éducation physique : Si le temps consacré à l’habillage et au déshabillage est pris sur mon heure de cours, il ne leur reste que 30 mn. Pour la natation, ils passent maximum 30 minutes dans l’eau. Il y a vingt ans, quasi tous les enfants savaient nager en 6e primaire. Aujourd’hui, la moitié ne sait pas nager. Ne parlons pas des infrastructures. Et pour faire du sport de ballon, je suis obligé de courir avec eux pendant 15 min jusqu’à un terrain de sport communal. 

Sens de l’effort, fair-play…

Jean, 38 ans, un fils : Florent, 10 ans, est mordu de judo. C’est un enfant assez timide et angoissé. La pratique du judo lui permet de décompresser et de s’affirmer dans un environnement où le fair-play règne. Cela fait quatre ans qu’il pratique et je le sens plus épanoui.

Virgile, 50 ans, papa de quatre fils de 12 à 22 ans : Tous mes fils font beaucoup de sport en club. Deux font du foot, un du basket et le petit dernier a choisi le hockey. Le sport est important pour eux, ils y retrouvent leurs amis et passent beaucoup de temps dans leurs clubs respectifs. Ce qui m’a toujours frappé, c’est que les terrains sont entourés de panneaux publicitaires pour de l’alcool. Dès leur plus jeune âge, et dans un cadre sportif qui devrait prôner la vie saine, nos jeunes sont poussés à consommer de l’alcool. Je suis heureux qu’ils soient, comme moi d’ailleurs, des sportifs convaincus, mais je déplore que mes enfants puissent commander une bière à la buvette de leur club après la partie : un non-sens ! 

Firmin, 37 ans, papa de deux enfants de 14 et 16 ans : Amaury a commencé par le judo, ensuite le foot, puis le basket et la natation. Et demain, pourquoi pas la plongée sous-marine, l’alpinisme, le parapente ? Chaque fois, c’est la même chose : on l’inscrit dans un club sportif, on paie la cotisation pour l’année, on achète le matériel qui va avec et un mois plus tard, il ne veut plus y aller. Le pire, c’est qu’il ne semble pas savoir lui-même ce qui lui plaît. Moi, à son âge, je jouais dans un club de foot depuis sept ans.

Karin Mantovani

En savoir +

Elles

  • « Au sein d’une même fédération, les budgets pour les hommes sont toujours largement supérieurs à ceux alloués aux femmes. Par conséquent, les sportives ne bénéficient pas de conditions d’entraînements optimales. », Fabienne Broucaret, Le sport, dernier bastion du sexisme ? Michalon.
  • Suite aux commentaires sur son poids et son choix de sport, l’haltérophile Zoe Smith, 18 ans, a répondu à ses détracteurs : « On ne soulève pas des poids pour être sexy. Qu'est-ce qui fait penser aux hommes que nous voulons être attirantes ? [...] Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Qu'on arrête de soulever des poids, qu'on change notre régime pour nous débarrasser de nos muscles ‘masculins’ et qu'on devienne des femmes au foyer dans l'espoir qu'un jour vous nous remarquiez et peut-être qu'on aura notre chance avec vous ? »

Ils

  • « Il ne faut pas vouloir à tout prix changer le caractère d’un enfant sous prétexte de le rendre plus conforme à ce qu’attend la société. Il faut respecter les introvertis ; l’important est de voir comment ils se sentent dans la société et comment ils sont acceptés dans la famille… Mais il faut aussi éliminer le déterminisme, et se plier à des qualités intrinsèques d’une personne pour l’orienter vers une discipline. Idem pour les caractéristiques physiques : est-ce parce qu’un enfant est grand qu’il doit nécessairement faire du basket-ball ? », Philippe Godin, psychologue du sport à l’UCL

Elle et Lui

Les jeunes sportifs et l’alcool : Selon une étude menée cette année par l’UZ Brussel sur des jeunes sportifs de 12 à 18 ans, on observe que ces derniers boivent en moyenne deux fois plus de boissons alcoolisées que les autres. Selon les chercheurs, ces jeunes consommeraient plus d'alcool pour oublier et fuir la pression du coach, de celle du groupe s'il s'agit d'un sport collectif ou de celle… des parents. En outre, l’alcool reste étroitement associé au sport et à ses modèles. Pour preuve, la présence des figures des Diables rouges sur des canettes de bière. Ces résultats sont similaires à des études menées en France, au Brésil, au Pays-Bas ou en Australie.
L'étude montre également que si les filles consomment moins d'alcool que les garçons, les jeunes sportives, elles, en consomment plus que leurs congénères. L’auteur de l’étude préconise notamment de ne plus vendre de boissons alcoolisées dans les buvettes lorsque les jeunes s’y entraînent.

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