Elle & Lui toujours d’accord ? Et plus tard

Les filles sont aujourd’hui majoritaires parmi les étudiants et les diplômés de l’enseignement supérieur. Leur pourcentage dépasse 50 % dans tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Chypre. En Belgique, leur pourcentage est de 54 % (Eurostat 2010). Ça, c’est pour l’avenir professionnel. Et pour la vie privée ? La valeur « famille » est toujours plébiscitée des deux côtés.

Elle & Lui toujours d’accord ? Et plus tard

ELLE

Quel métier ? Un métier !

Léa, 17 ans, enseignement général : Je me vois vraiment mal rester à la maison, garder les enfants. Moi, j’ai envie de faire le métier que j’ai choisi, j’ai toujours été habituée comme ça chez moi. Mes parents ont toujours travaillé à temps plein. Et puis, rester à la maison tout le temps, c’est pour devenir folle. Ma marraine est maman au foyer, c’est elle qui m’a beaucoup gardée quand j’étais petite et elle n’est pas très heureuse.

Elsa, 46 ans, médecin, un enfant : Je ne souhaite pas forcément pour ma fille les études qui font classiquement plaisir aux parents : médecin, avocat, architecte. Je suis moi-même médecin et je constate le peu de glamour qu'a cette profession. Je sens ma fille tellement créative que je l'imagine plus heureuse et épanouie dans l'art, mais elle n’a que 8 ans.

Violaine, 47 ans, maman de trois enfants : Ma fille, je la verrais bien en prof de sport (elle est un peu garçon manqué et adore le foot) ou en maîtresse d'école (elle adore expliquer aux plus petits le pourquoi du comment et elle est très patiente avec les jeunes enfants). Par contre, y a un truc qui m'embêterait, c'est qu'elle « s'exile » à plus de 100 km de la maison familiale.

Catherine, 43 ans, maman au foyer,trois enfants : J'avoue ne pas me projeter dans l'avenir en imaginant ce que mes enfants feront plus tard. J'essaie parfois et je n'y parviens pas. Je n'ai pas d'idées préconçues sur les métiers. Qu'ils s'épanouissent dans ce qu'ils feront, c'est pour moi l'essentiel. Il y a quelques années, mon aînée voulait devenir maman. J'ai voulu rectifier en lui précisant que ce n'était pas un métier, mais je me suis tout de suite ravisée. Aujourd'hui, elle veut devenir archéologue. Je trouve que l'important est de pouvoir accompagner leurs envies sans les orienter.

Viviane, 38 ans, maman d’un enfant : Mon fils Jules, 10 ans, veut remplacer Lionel Messi dans l’équipe de Barcelone. C’est beau de rêver !

Carine, 38 ans, institutrice, maman de trois enfants : Je ne crois pas tant que ça au lien entre la réussite scolaire et la réussite professionnelle. Ça facilite un peu les choses, certes. Mais en ce qui me concerne, ce qui me pousse à désirer que mes enfants réussissent à l'école, c'est simplement qu'ils vont y passer un paquet d'années. Et que la réussite, c'est une chose bien plus agréable à vivre que l'échec ! 

Papa, bébé et moi

Lili, 18 ans : Je ne concevrais pas que mon compagnon soit papa au foyer, soi-disant pour l’égalité. Et puis, je ne voudrais pas qu’il soit tout le temps à la maison et moi au travail. Oui, ça me dérangerait.

Sofia, 17ans : S’il était papa au foyer, ça n’irait pas, je serais trop jalouse. Il serait plus souvent avec mes enfants pendant que je travaillerais et ça, je ne veux pas. C’est à la maman d’être la plus proche de ses enfants, de s’occuper d’eux, c’est ce que j’ai toujours vu à la maison.

Vanessa, 28 ans : J’ai 28 ans, et je suis à nouveau célibataire. J’ai connu plusieurs histoires d’amour qui ont foiré. J’ai envie de fonder une famille, d’avoir un bébé... Je commence à me dire que je ne trouverai jamais un mec bien, un qui veuille s’engager. Le temps passe et mon horloge biologique avance. Mais où sont les mecs ?

LUI

C’est quoi un métier d’homme ?

Victor, 15 ans,enseignement professionnel : Pour moi, le principal inconvénient serait d’avoir un patron toujours derrière moi. On ne peut pas faire ce qu’on veut, on a des obligations. Je préfère être indépendant comme mon père, même si c’est difficile.

Florent, 45 ans, employé dans une banque : Ma fille aimerait s’orienter vers un métier touchant à l’informatique. J’ai très peur pour elle et suis tenté de la décourager car je pense que c’est un métier d’homme. Peu de femmes y trouvent leur place. Je le vois dans mon entreprise, je travaille dans une banque : tous les spécialistes en informatique sont des hommes, ou presque. Je préférerais qu’elle soit enseignante ou psychologue…

Yves, 20 ans : Je suis en 2e année Sciences Éco à l’ULB, et je m’en sors assez bien. Mon avenir professionnel sera à l’étranger, ça j’en suis sûr. En Europe, c’est fini, il n’y a plus de débouchés pour les jeunes. Beaucoup d’entre nous pensent partir en Australie ou aux États-Unis, et - pourquoi pas ? - en Chine pour faire carrière. 

Vincent, 18 ans, en enseignement professionnel : J’espère que j’aurai des immeubles de rapport.

Edgar, 53 ans, militaire de carrière, divorcé, trois filles : Ma fille de 14 ans voudrait être coiffeuse. Pour ma part, je souhaiterais qu'elle puisse commencer une autre carrière. Pour cette raison, je lui ai dit que je voulais qu'elle termine d'abord ses études secondaires, et ce afin de se laisser une porte ouverte ultérieurement si elle change d’avis. Sa mère, qui a arrêté l'école à 15 ans, est ouvrière et est d’accord pour qu’elle entame des études professionnelles de coiffure. Je suis sûr qu’elle le regrettera plus tard.

Jacques, 48 ans, avocat, un enfant : Mon fils déteste l’école, c’est un élève plus que moyen qui ne travaille pas assez. Il voudrait passer en professionnel, mais je pense que pour lui, c’est la solution de facilité. Il s’imagine qu’il ne devra pas étudier et que tout sera plus facile. Pour lui, l’école est une perte de temps. C’est une grosse déception pour moi qui a fait des études et travaillé dur pour y arriver.

Maman, bébé et moi

Louis, 16 ans : En tout cas, il faudra que ma femme travaille. Parce que je compte bien me marier. Aujourd’hui, on ne peut pas vivre avec un seul salaire, tout coûte trop cher et les patrons ne payent pas bien. Mon père est mécanicien et ma mère femme de ménage. On n’a pas beaucoup d’argent.

François, 50 ans, beau-père de trois enfants : J’adore les enfants, mais uniquement ceux des autres. Je vis avec une femme qui en a trois et j’adore m’occuper d’eux. Mais je ne veux pas devenir père et c’est mon choix. À chaque fois qu’une femme a désiré un enfant, j’ai pris la fuite, je ne veux pas avoir la sensation de n’être qu’un géniteur. Ce n’est sûrement pas un hasard si je tombe toujours amoureux d’une femme déjà mère.

Jim, 18 ans : Je pense que le mariage amène la sécurité, surtout pour les enfants. En plus, à mon avis, le lien entre les deux partenaires devient plus fort. Pourtant, selon moi, il y a des gens qui se marient trop jeunes, et malheureusement ça mène souvent au divorce. Je pense qu'on ne devrait se marier que si on est absolument sûr qu'on a trouvé la partenaire parfaite ; sinon, le mariage amène seulement des problèmes. »

Karin Mantovani

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Les 10 métiers où elles gagnent le plus (salaire mensuel brut moyen)

  • Chef d’entreprise : 3 900 €
  • Gérante de bureau : 3 871 €
  • Professeur enseignement supérieur : 3 417 €
  • Pharmacienne : 3 286 €
  • Médecin : 3 273 €
  • Chef de projet : 3 253 €
  • Notaire : 3 065 €
  • Juriste : 3 000 €
  • Infirmière : 3 000 €


Les 10 métiers où ils gagnent le plus (salaire mensuel brut moyen)

  • Chef d’entreprise : 6 000 €
  • Magistrat : 6 000 €
  • Gérant : 4 400 €
  • Architecte : 4 325 €
  • Contrôleur aérien : 4 000 €
  • Professeur enseignement supérieur : 3 785 €
  • Pharmacien : 3 753 €
  • Médecin : 3 740 €
  • Policier : 3 700 €
  • Juriste : 3 580 €

(Enquête des salaires Références/Vacature/K.U.Leuven-novembre 2010)

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Elle & Lui toujours d’accord ? Du sport… pour se sentir bien

Près des trois quarts des jeunes pratiquent un sport entre 10 et 17 ans. Les garçons (près de 8 sur 10) font plus de sport que les filles (6 sur 10). En primaire, 8 enfants sur 10 pratiquent un sport en dehors de l’école. Début secondaire, 6 jeunes sur 10. En 3e et 4e années, près de 7 sur 10 et une reprise en force fin secondaire avec 8 jeunes sur 10. Plus de 6 enfants sur 10, âgés de 10 ans choisissent eux-mêmes de faire un sport. À 17 ans, ils sont 9 sur 10 à faire ce choix sans l’avis des parents (Source : Les loisirs des jeunes - Crioc - 05/2010).