Elle & Lui toujours d’accord ? Le congé parental

Prendre le temps de… prendre le temps avec ses enfants. Beaucoup en rêvent, mais le congé parental reste surtout valable pour les mères. Un choix qui n’en est pas toujours un et des mentalités à faire encore évoluer.

Elle & Lui toujours d’accord ? Le congé parental

ELLE

Maman à la maison

Stéphanie, dans le secteur privé : J’ai personnellement profité du congé parental en enchaînant un 4/5e de temps après mon congé de maternité. En couple, nous n’avons pas trop vu la différence d’un point de vue financier, d’autant que je gardais ma fille à la maison, ce qui m’a permis de faire des économies sur la crèche et sur les aides ménagères.

Géraldine, fonctionnaire : En prenant le congé parental, j’ai opté pour trois mois à temps plein, ce qui doublait donc mon congé de maternité. Le montant perçu n’était pas énorme, à peu près 500 € mensuellement. Seule, je n’aurais pas pu le faire. 

Véronique, 32 ans, dans le secteur privé : J’ai trois enfants en bas-âge (1, 3 et 5 ans). Lors de la naissance d’Élodie, la petite dernière, je me suis aperçue qu’il devenait de plus en plus difficile de gérer mes vies professionnelle et familiale. J’ai donc décidé de prendre un congé parental complet. Cette interruption m’a permis de réfléchir à une nouvelle orientation professionnelle, plus adaptée à ma vie de maman, et d’envisager un télétravail à partir de la maison. Voir grandir mes enfants n’a pas de prix.

Valérie, maman de deux enfants, travaille à domicile : J’ai longtemps tenté de marier travail et vie de maman : c’est un exercice très difficile qui a fini par me miner la santé ! Je ne profitais ni de mon épanouissement au boulot, ni de mes rares moments de complicité avec mes enfants et mon compagnon. Alors j’ai fait le choix de créer ma propre boîte sur internet. Grâce à l’association des Mompreneurs, je me suis lancée dans le e-commerce. Certes, cela me prend du temps et de l’énergie. Mais, au moins, je parviens à gérer mon agenda selon les horaires qui me conviennent.

LUI

En Belgique, 1 homme au foyer pour 32 femmes

Damien, père au foyer (témoignage complet à lire sur son site) : Je voudrais faire partager mon expérience en tant que père au foyer. La première des choses, pour moi, est qu'il faut vouloir le faire, car il y a beaucoup d’appréhension (quel regard les autres vont-ils porter sur moi, ne vais-je pas perdre de ma masculinité...) et la seconde, c'est qu'il faut pouvoir le faire, financièrement parlant.
Pour le premier point, cela s'est fait un peu tout seul. J'étais entre deux intérims, mon épouse a une place stable, il était donc plus facile pour moi de rester à la maison à m'occuper de ma fille.
Pour le second point, un calcul rapide nous a permis de voir que tout ce que je pouvais ramener en travaillant partirait en frais de garderie. Sans parler du fait que les grosses tâches ménagères ne pourraient être effectuées que durant le week-end, donc perte dans la qualité de vie.
Résultat des courses, notre apport financier n'a pas augmenté, mais notre qualité de vie, oui. En effet, étant à la maison, j'assure le ménage, la lessive, les courses, les repas, la vaisselle ET la garderie, plus deux ou trois bricoles de rafistolage ou de petite réparation à la maison. Résultat : toutes les soirées et tous les week-ends de libre pour une sortie en famille. C'est pas génial, ça ?
Et puis, j'ai vite pris le pli : donner le biberon, changer les couches, jouer avec le bébé, la border, lui chantonner une chanson pour l'endormir à la sieste... de super moments que je ne regretterais jamais…

Marcel Rufo, pédopsychiatre, auteur de Chacun cherche un père, éditions Anne Carrière : Les enfants qui vivent dans une famille où le papa est à la maison et la maman travaille ont une image parentale inversée. La mère symbolise le héros et le papa, le confort, la maison… Mais cela n’aura aucune incidence majeure sur eux. Il est important, en revanche, que de vrais temps maternels soient accordés aux enfants. 

Florent, 39 ans, cadre dans une grosse entreprise : En tant qu'homme, je souhaiterais pouvoir profiter d'un temps de vie avec mon futur enfant qui naîtra au mois de janvier, à travers un congé parental. L'égalité hommes-femmes sur ce sujet me séduit. Mais il y a un hic : je n'ose même pas imaginer la réaction de ma hiérarchie à l'annonce d'une telle nouvelle. L'image d'un homme qui prend ses responsabilités et qui s'occupe de sa famille devrait plaire à tout employeur, seulement c'est tout le contraire.

Karin Mantovani

Hommes au foyer

Comment ça se passe en Europe ?

  • En France, seuls 3 % des papas profitent du congé parental
  • En Suède, sur les 15 mois de congé légal, les papas s’en voient accorder deux, deux autres revenants à la maman et le solde se partageant entre les parents à leur meilleure convenance.
  • En Norvège, 9 hommes sur 10 prennent les congés parentaux qui leur reviennent.

Le congé légal de paternité (10 jours) en chiffres

  • 61 246 travailleurs y ont eu recours en 2008, contre 54 499 en 2006.
  • 8 travailleurs sur 10 ont utilisés ce congé une fois devenus père, mais il existe des différences selon les catégories sociales : les ouvriers non qualifiés (67 %) les employés (80 %) et les cadres (91 %).
  • 1 travailleur sur 10 déclare avoir rencontré des problèmes pour bénéficier de ce droit : pression de l’employeur, difficulté à combiner ce congé avec son travail…
  • 41 % des répondants sont satisfaits du système en place, alors que 35 % se disent très insatisfaits parce qu’ils estiment avoir manqué de temps auprès de leur bébé et de leur compagne.
  • Les travailleurs interrogés voudraient bénéficier de 22 jours de congé de paternité

    Source : Enquête réalisée par l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes (2010).
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Elle & Lui doivent-ils être toujours d’accord ?

Nous avions envie de savoir… Si, bien au-delà de votre propre personnalité, le fait d’être une femme, d’être un homme modifiait votre regard sur l’éducation des enfants. Nous avions envie de savoir… Alors, nous sommes partis à la rencontre de mères et de pères, de belles-mères, de beaux-pères, bien sûr, mais aussi de profs, éducateurs ou autres, féminins comme masculins. Et pour pimenter le tout, nous n’avons pas résisté à interroger des ados, filles et garçons. Nous avions envie de savoir… Arrêt sur les paroles d’elles et d’eux (dommage, « Lui » ne supporte pas le « s » !) à travers des domaines-clés de la vie des enfants.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? À la maison

On aurait pu faire le tour des pièces, choisir des moments-clés - le souper, la table dressée, la tribu rassemblée. On aurait pu étaler à nouveau les chiffres mesurant le temps pris par Elle, par Lui pour les tâches domestiques. Les sujets où confronter les regards de l’un et de l’autre sont si foisonnants que nous avons décidé d’afficher notre parti pris. Trois thèmes ont été choisis : la chambre, lieu d’intimité, le miroir, la relation à l’image et, sur leligueur.be/2013-21, le congé parental, une césure, un choix de vie. Elle et Lui nous en parlent…

 

Elle & Lui toujours d’accord ? À l'école

On aimerait bien être une petite mouche et observer à leur insu nos enfants parmi leurs pairs. Comment se comportent-ils ? Affables ? Agressifs ? Exclusifs ? Sexistes ? Eh oui, et ce malgré notre « bonne » éducation ! Pour en savoir plus, détour par les profs et autres acteurs de l’école. Et par les jeunes eux-mêmes.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? L'amour et la sexualité

Difficile de laisser en rade ceux et celles qui vivent les choses de l’amour en première ligne. C’est pourquoi, à côté des paroles de mères et de pères sur la vie sexuelle et amoureuse de leur progéniture, nous avons interrogé des ados. Dont les propos dévoilent d’ailleurs souvent… l’attitude des parents.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? Et plus tard

Les filles sont aujourd’hui majoritaires parmi les étudiants et les diplômés de l’enseignement supérieur. Leur pourcentage dépasse 50 % dans tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Chypre. En Belgique, leur pourcentage est de 54 % (Eurostat 2010). Ça, c’est pour l’avenir professionnel. Et pour la vie privée ? La valeur « famille » est toujours plébiscitée des deux côtés.

 

Elle & Lui toujours d’accord ? Du sport… pour se sentir bien

Près des trois quarts des jeunes pratiquent un sport entre 10 et 17 ans. Les garçons (près de 8 sur 10) font plus de sport que les filles (6 sur 10). En primaire, 8 enfants sur 10 pratiquent un sport en dehors de l’école. Début secondaire, 6 jeunes sur 10. En 3e et 4e années, près de 7 sur 10 et une reprise en force fin secondaire avec 8 jeunes sur 10. Plus de 6 enfants sur 10, âgés de 10 ans choisissent eux-mêmes de faire un sport. À 17 ans, ils sont 9 sur 10 à faire ce choix sans l’avis des parents (Source : Les loisirs des jeunes - Crioc - 05/2010).

 

Le boom des papas en congé parental

Les papas sont de plus en plus nombreux à prendre un congé parental. Ils représentent aujourd’hui un quart des personnes en crédit-temps pour profiter de leur famille.

 

Coup de pouce aux jeunes parents indépendants ?

À l’arrivée d’un enfant, les travailleuses et travailleurs indépendants éprouvent des difficultés à concilier vie professionnelle et vie de famille. Voici peut-être une solution…