Vie de parent

En primaire, juste lui rafraîchir la mémoire

À l’école primaire, il s’agit plus de contrôles que d’examens, si ce n’est le CEB en fin de 6e. Mais que votre enfant soit à l’aise avec le travail scolaire ou qu’il éprouve plus de difficultés, le constat reste le même : un peu - beaucoup - de stress, un peu - beaucoup - d’angoisse pour le môme, mais souvent davantage pour vous, parents. Le tout saupoudré d’inconnu. Quelques conseils pour l’aider dans sa tâche, mais surtout pour vous apaiser.

En primaire, juste lui rafraîchir la mémoire

6-8 ans

Révisions à la maison : pédale douce !

L’approche des examens, même si elle devrait être indolore les premières années, met les parents en branle-bas de combat. Les dessins animés et les jeux passent à la trappe : à peine rentré de l’école, tout le monde plonge son nez dans les cahiers pour répéter les tables de multiplication, la liste de vocabulaire, pour s’exercer à la lecture.
Pour être sûrs d’avoir des enfants fin prêts, certains parents vont jusqu’à demander à l’institutrice des devoirs tout au long de l’année, alors que le travail à domicile est interdit les deux premières années suite au décret Nollet de 2001. Judicieux de bouleverser l’après-4 heures de l’enfant ?

Olivia, institutrice : « C’est le travail des enseignants »

« Normalement, le travail de révision dans le degré inférieur est réalisé entièrement par les instituteurs. Cependant, chaque soir, revoir un ou deux points de la matière qui poserait problème n’est pas inutile Les premières années, je pense que si le travail est fait au jour le jour, pendant toute l’année, il n’y a pas besoin de s’acharner lors des révisions. Les parents peuvent revoir quelques règles à la maison, refaire des exercices, afin de rafraîchir la mémoire de l’enfant, regarder les erreurs commises lors des évaluations durant l’année. Pour s’entraîner, les épreuves de la Fédération Wallonie-Bruxelles mises en ligne peuvent aider. Quant aux devoirs à domicile, je pense que si un enfant s’est investi pendant six heures en classe, il n’est plus réellement en condition de travailler en rentrant chez lui. Il ne faudrait pas le dégoûter de l’école. Il a besoin de sortir du contexte scolaire et de profiter de son temps libre qui, idéalement, devrait être mis à profit autant pour la lecture, le sport, le théâtre que pour les jeux informatiques et surtout la télévision. De plus, les devoirs à la maison ne sont pas justes, car certains bénéficient d’une aide alors que d’autres doivent se débrouiller tout seuls. »

Vous êtes inquiets et vous voulez l’aider…

Du bon sens

► Intéressez-vous à sa vie d’écolier dès les toutes premières années.
► Rappelez-lui qu’il est normal qu’il ne sache pas et qu’il est à l’école pour apprendre.
► Racontez-lui vos propres souvenirs d’enfance quand vous étiez, vous aussi, un ou une élève…
► Laissez-le souffler, permettez-lui de retrouver ses jeux et consacrez-lui du temps, ne fût-ce qu’un quart d’heure pour l’écouter ou tout simplement jouer avec lui.

Le yoga

Un enfant qui pratique le yoga serait plus tranquille, plus attentif et atteindrait une meilleure concentration. Infos : federationbelgeyoga.be - www.ryebelgique.be
Et aussi deux ouvrages sur le sujet : Je découvre le yoga (+ CD) de Gilles Diederichs et Véronique Salomon-Rieu, éditions Rue des enfants et Des enfants qui réussissent - le yoga dans l’éducation de Micheline Flak et Jacques de Coulon, éditions Desclée de Brouwer.

La méditation

► Votre enfant éprouve des difficultés à se concentrer et apparaît anxieux ? Dès 5 ans, il est capable de pratiquer la méditation grâce à quelques exercices faciles : jeux de silence, exercices d’imagination… La thérapeute néerlandaise Eline Snel l’a prouvé en 2008, lors de sa formation L’attention, ça marche ! lancée dans un certain nombre d’écoles aux Pays-Bas. On a pu observer sur les 1 500 enfants formés des effets visibles : ils étaient plus confiants, passaient de meilleures nuits, étaient plus tranquilles en classe et plus aimables entre eux. Le gouvernement néerlandais qui subventionnait les enseignants qui voulaient être formés à cette méthode n’a hélas plus renouvelé son soutien, crise oblige ! Elise Snel décline sa méthode pour les enfants de 5 à 12 ans dans son ouvrage Calme et attentif comme une grenouille (+ CD) aux éditions Les Arènes.
► Téléchargez gratuitement l’application Méditez avec Petit Bambou : méditation guidée de pleine conscience (www.petitbambou.com). Elle vous aidera à programmer diverses séances de méditation de la durée désirée pour lui, mais aussi pour vous dans la foulée. Application simple, accessible, motivante et surtout ludique. Il trouvera sans doute que c’est très rigolo à faire !

9-11 ans

Quelques exercices et un grand… dodo !

En fin de primaire, les contrôles, on connaît. Mais ça ne veut pas dire pour cela que l’enfant sait toujours comment s’y prendre. À nous, parents, de l’encadrer, de l’encourager, de superviser, de l’aider à planifier son travail, sans oublier de lui permettre de respirer. Et surtout, surtout, à ne pas dramatiser le CEB.

Olivia, institutrice : « Aider l’enfant à s’organiser »

« Dans certaines écoles, des parents exercent une pression sur les professeurs pour que leur enfant réussisse ? Peut-être. Mon expérience personnelle m’oblige à dire que ce sont plutôt les instituteurs qui doivent rappeler aux parents qu’ils ont aussi un rôle important à jouer dans la réussite de leurs enfants ! En les aidant, par exemple, à s’organiser, à planifier un horaire pour les révisions, à rassembler leurs questions pour pouvoir les poser à temps aux profs.
Un conseil pour les parents dont l’enfant est à la veille de passer le CEB : proposer à leur môme de reprendre les épreuves des années précédentes pour se familiariser avec ce type d’examen. La vraie difficulté du CEB, c’est qu’il doit être réalisé en un temps précis. L’enfant doit donc apprendre à gérer son temps. Autant qu’il s’en rende compte avant d’être le nez sur sa feuille d’examen. Des manuels sont disponibles dans le commerce pour l’y aider. Les parents peuvent toujours demander à l’institutrice quel est l’ouvrage le plus adéquat.
Enfin, une des clés de la réussite du CEB, comme de tout autre examen, est le niveau de lecture : c’est l’élément essentiel, car savoir bien lire permet de bien comprendre les consignes. De nombreuses erreurs sont dues à une mauvaise compréhension des questions. À retenir cependant pour les parents les plus angoissés : 90 à 96 % des élèves réussissent le CEB. »  

Vous êtes inquiets et vous voulez l’aider…

À chacun sa façon d’étudier
Inutile de vouloir à tout prix imposer votre méthode de travail à votre enfant. Peut-être est-il plus auditif que vous. Ou plus visuel. Aidez-le plutôt à trouver sa propre méthode de travail pour bien apprendre et retenir la matière. Il a besoin d’être debout, de réciter en marchant, d’être allongé sur son lit, de s’enregistrer sur un magnétophone, de faire des schémas, de mettre des couleurs ? À lui de choisir !

Ne le comparez pas aux autres
Beaucoup de parents ont tendance à comparer les enfants entre eux, ce qui les met en situation de compétition constante. Pour certains d’entre eux, cette compétition pèse lourd sur leurs épaules. Ils ressentent alors une énorme pression qui peut les paralyser. Il est préférable et plus productif de fixer des objectifs en fonction de ce que chacun est. Vous transmettrez davantage le goût de l’effort à votre enfant en lui faisant comprendre que ce qui vous intéresse, ce sont ses progrès à lui.  

Ne le privez pas de dessert !
Tous les instituteurs et institutrices vous le diront, un enfant qui mange bien, qui s’aère bien et qui dort bien a plus de chance de décrocher de bons résultats scolaires. Parents, à vous de jouer ! Adaptez l’alimentation de votre enfant en choisissant des aliments faciles à digérer, des sucres faciles à assimiler et des graisses bénéfiques pour les structures de soutien des neurones. Autrement dit, en cuisinant des féculents, des légumes et de la viande en quantité modérée.
Ne le privez pas de dessert, mais choisissez-le judicieusement : une barre de chocolat noir à 70 % de cacao minimum (un excellent apport en magnésium pour lutter contre le stress) ou une compote de fruits cuits. Évitez les plats trop pimentés qui empêchent de dormir et prévoyez le repas au moins trois heures avant le coucher.
Et pour mettre toutes les chances de votre côté, proposez à votre môme (s’il aime ça !) une infusion de tilleul, de camomille, de mélisse ou de passiflore afin de favoriser un endormissement paisible.

Autant savoir

Réglementation des devoirs

Le décret Nollet de 2001 régule la durée, le contenu et l’évaluation des devoirs à domicile dans l’enseignement primaire. Selon le texte, les devoirs sont interdits en 1re et 2e années ne peuvent excéder les 20 minutes en 3e et 4e années et les 30 minutes en 5e et 6e années. Le décret précise que les devoirs à domicile doivent pouvoir être réalisés sans l’aide d’un adulte.
Plus d’infos : Les devoirs : un stress pour les parents !

Bon à savoir 

► Un enfant de 6 ans ne peut se concentrer plus de dix ou quinze minutes d’affilée. À l’entrée en secondaire, quarante minutes d’attention semble une belle performance.
► CEB 100 jours : ce site de soutien aux révisions du CEB a été créé par un instituteur, Geoffrey Demeulenaere. Les exercices proposés vont permettre d'aider l’enfant à apprendre à bien lire une consigne, à réfléchir, à s'auto-évaluer dans toutes les matières du programme. Des activités de coaching aident également les jeunes à entraîner leur mémoire, à apprendre à résoudre une situation particulière, à comprendre une consigne correctement. Les leçons suivent les compétences certificatives du programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Recette

Un jus pour une mémoire d’éléphant

Ingrédients pour deux verres :

- 2 pommes Golden
- 1 carotte
- 2 oranges
- 100 gr de fraises
- 1 petit morceau de gingembre
- 4 glaçons

Lavez les pommes et la carotte, pelez les oranges, lavez et équeutez les fraises.
Coupez les fruits en petits morceaux et passez-les dans la centrifugeuse avec le gingembre.
Répartissez les jus dans deux verres avec les glaçons.
Boire immédiatement pour conserver les vitamines.
(Extrait de En bonne santé toute l’année, docteur Jean-Christophe Charrié et Marie-Laure de Clermont-Tonnerre, éditions Prat.

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Depuis quelques jours (pardon, quelques semaines déjà pour certains parents), un nuage noir bouche votre horizon. La période des examens s’annonce et vous vous cassez la tête pour savoir comment vous allez mettre au boulot vos petits ou grands enfants. Les nombres, les formes géométriques, l’appareil respiratoire, la compréhension d’un texte, tous ces sujets se mélangent dans votre tête en un joli méli-mélo. Rassurez-vous, ce n’est pas à vous de leur apprendre les pays membres de l’Union européenne. Par contre, vous pouvez toujours vérifier qu’ils en connaissent bien la liste. Car qui peut mieux que vous soutenir votre enfant et l’encourager à l’effort ?

 

En secondaire, ne mettez pas trop la pression !

Le primaire passé, tout ne va pas de soi et une simple relecture de la matière n’est plus suffisante. Il faut commencer à apprendre à étudier et à structurer son travail pour pouvoir faire face aux trois années secondaires supérieures qui vont suivre. Un défi à la préadolescence où le besoin d’indépendance commence à se faire sentir. Comment aider votre enfant (devenu grand) à gérer son travail ? Jusqu’où faut-il le suivre ? Nos réponses à vos principales questions.