Vie de parent

En secondaire, ne mettez pas trop
la pression !

Le primaire passé, tout ne va pas de soi et une simple relecture de la matière n’est plus suffisante. Il faut commencer à apprendre à étudier et à structurer son travail pour pouvoir faire face aux trois années secondaires supérieures qui vont suivre. Un défi à la préadolescence où le besoin d’indépendance commence à se faire sentir. Comment aider votre enfant (devenu grand) à gérer son travail ? Jusqu’où faut-il le suivre ? Nos réponses à vos principales questions.  

En secondaire, ne mettez pas trop la pression !

12-15 ans

Ne le dégoûtons pas de l’école

« - Je n’ai que trois échecs, c’est jouable.
- Non chéri, c’est cinq échecs.
- Mais non, en chimie, deux points, ça compte pas et en néerlandais, le prof laisse toujours passer ! »
Beaucoup d’entre nous ont déjà vécu ce type de dialogue. Or, tous les parents le savent, le jeune qui a passé neuf mois à « glandouiller » dans sa douillette école et qui compte sur les examens pour « se refaire » est plutôt mal parti. Peut-on encore agir pour sauver son année ?

Nicole Lewalle, prof de français : « Désordre des notes, désordre dans la tête »

Il n’y a pas de méthode miracle, de conseils 100 % garantis. Encore faut-il s’entendre sur le terme « réussir ». Que réussit-on quand on a sauvé les meubles in extremis ? Réussir, c’est avoir validé 50 % des connaissances. Dans quel autre domaine que les études nos ados acceptent-ils de vivre à 50 % ? Regarder la télé ou surfer sur le web un jour sur deux ? Que dire d’une mère qui ne nourrirait pas sa famille la semaine mais qui compterait sur le week-end pour se rattraper ? Ce n’est pas inutile de demander aux jeunes de réfléchir à cela.
Un atout pour réussir, c’est d’avoir des cahiers en ordre et des notes complètes, ce qui découle d’un travail régulier, tout au long de l’année. Les photocopies distribuées par le prof sont rarement classées : chimie, anglais, maths, français se mélangent et le désordre de l’esprit s’installe via ces fardes qui ne sont aucunement le reflet de ce qui a été enseigné à travers les cours. Ne pas tenir une farde en l’état requis, c’est ne pas prendre conscience de l’enseignement que l’on suit, de la formation qui est nécessaire pour poursuivre sa route.
Il est évident que ces notes éparses et désordonnées sont peu motivantes pour se mettre au travail, surtout dans l’urgence. En outre, elles sont souvent incomplètes : d’abord parce que l’étudiant perd des feuilles, mais aussi parce qu’il se remet rarement en ordre en cas d’absence. Un conseil pour ceux qui sont dans le grand désordre : photocopier un, voire deux cahiers par matière d’un(e) bon(ne) élève avant ces deux week-end ! »

Vous êtes inquiets et vous voulez l’aider...

Planifiez son travail 

► Commencez par évaluer avec lui le travail à faire en l’invitant à se poser les bonnes questions : combien de temps et de somme de travail à faire ? Quelles sont les priorités ? Où se situent mes lacunes ?
► Planifiez (toujours avec lui) la période des révisions jour par jour. Combien de temps à consacrer par matière ? Quelles matières ? Faut-il envisager un prof de rattrapage pour certains cours (même s’il est un peu tard, quelques heures d’explications par un professionnel peuvent parfois être utiles pour débloquer la situation) ?
► Encouragez-le à ne pas négliger les révisions en classe qui sont éminemment importantes pour la suite. Elles représentent à peu près 50 % du chemin parcouru dans la connaissance des cours à réviser ! Conseillez à votre jeune d’effectuer tous les exercices donnés en classe afin que, si nécessaire, il puisse poser des questions aux profs. Les révisions permettent de se tester et de prendre connaissance de ce que sera exactement l’examen.  

Révisez avec lui si vous en avez le temps…
… et l’énergie nécessaire. Dans le cas contraire, il existe une multitude de structures gratuites ou payantes qui proposent des stages de révision ou des cours de soutien. Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Votre ado doit sentir que tout le monde est à ses côtés dans cette dernière ligne droite.

► Jeunesses Scientifiques de Belgique -Échec à l’Échec (www.jsb.be) : les ateliers Échec à l’Échec sont des cours de remédiation destinés aux élèves de la 6e primaire à la 6e secondaire. Ces cours sont accessibles aux élèves qui ont des examens de passage, mais aussi à ceux qui souhaitent un petit coup de pouce avant les examens de fin d’année ou la rentrée scolaire.
► Asbl Entr’Aide (www.asblentraide.be) : association de soutien scolaire dont le projet est d´accompagner tout élève éprouvant des difficultés scolaires, que celles-ci soient passagères ou récurrentes. Fiches pédagogiques, forums, ateliers un peu partout en Wallonie et à Bruxelles, animations diverses… le tout à petits prix.
► Asbl Aréa (www.area-asbl.be - 0479/382 456) : ateliers élèves et parents, rattrapage des matières, stratégies d'apprentissage, suivi scolaire... du primaire jusqu'au supérieur. Stages pour les parents Aidez votre enfant à apprendre ses leçons.
Le web regorge d’annonces de cours pour les particuliers. Veillez à bien comparer les différentes offres, notamment en matière de prix.

Apprenez-lui à déstresser

► La respiration abdominale et alternée. Quelques trucs d’autorelaxation ne peuvent faire du mal à votre ado pour améliorer sa concentration. La respiration, si elle bien contrôlée, peut permettre de gérer les montées d’angoisse que l’on ressent tous en période de stress élevé. Selon la sophrologue, Laurence Boudot, « la base pour se concentrer et avoir les idées claires, c’est d’utiliser la respiration abdominale ». Comment ça marche ? Mettre une main dans le bas du dos et une autre sur le ventre. Ensuite, souffler à fond l’air par la bouche en rentrant le ventre. Puis, reprendre de l’air avec le nez et gonfler tranquillement le ventre.
► Montée de panique : dites-lui de souffler. Pour chasser cette montée de panique, votre jeune doit poser les pieds sur le sol, décroiser les jambes et les bras et souffler à fond en rentrant le ventre. Ensuite, inspirer à fond, par le nez, en ouvrant la cage thoracique. Vous pouvez lui dire de télécharger gratuitement l’application Respirelax sur son smartphone. Cette application lui permettra de retrouver calme et détente en quelques minutes seulement et d’atteindre un état dit de « cohérence cardiaque ». On a testé et ça marche !
► Faire du sport et s’aérer, tout simplement. Le sport permet de canaliser l’énergie, de penser à autre chose et de se centrer sur son corps. Poussez votre enfant à prendre des pauses et à bouger. Il se sentira plus détendu après, grâce aux endorphines (hormones du plaisir) libérées pendant l’effort. Les activités sportives les plus faciles à pratiquer pendant les périodes de révisions sont la marche, la course à pied, la natation, le vélo, le fitness. Ou, plus sage, une balade en pleine nature… si elle est à sa porte.
► Chronométrez son temps de travail en lui proposant d’opter pour des tranches de travail qu’il juge possibles. Par exemple : 40 minutes sans se laisser distraire, évidemment (suggérez-lui de mettre son GSM loin de lui…). Ensuite, il peut s’accorder 10 minutes de pause et ainsi de suite. Quatre tranches horaires semblent être un bon rythme, pourvu que cela soit tous les jours des deux longs week-ends.

Alice, maman de Maxime, 15 ans : « L’illusion du travail est dangereuse »

Maxime rentre de l’école à 17h, se détend un peu en jouant à l’ordi. 17h43, déjà ! À 18h, il s’y met, c’est sûr. Et, effectivement, à 18h, il commence à sortir les trucs de son cartable et à envisager ce qu’il va faire. Il hésite. 18h20, il téléphone à Ophélie pour savoir ce qu’elle fait. 18h51, fin de la conversation. Elle fait des maths, mais Vanessa a largué Lucas, ils en ont parlé ensemble. Bon, à 19h, il commence les maths. 19h08, Maxime a faim. Le papa n’est pas encore rentré du boulot, mais tant pis, je sers le souper. 19h44 : toilettes. 20h07 : retour du père. On cause un peu entre hommes. Tiens, au fait, comment va Lucas ? Maxime fait une pause pour appeler son pote, puisque de toute façon, il va devoir arrêter pour manger. 21h15 : fin du repas. 15 minutes de télé. Merde, bordel, il ne peut jamais voir un film avec les exams ! Bon, il remonte travailler. 22h30 : crevé, il est crevé, il bosse depuis 18h ! Il mérite bien de s’arrêter et de chatter une heure (ou deux ?) avec Sophie. Mon fils croit qu’il travaille beaucoup et lorsque l’échec arrive, il le vit comme une injustice. Pensez, il a raté alors qu’il s’est donné à fond…

16-18 ans

À vous l’intendance !

Ça y est, c’est fini, notre quasi adulte n’a plus besoin de nous. Enfin, presque ! Sinon, pour la gestion du quotidien (alimentation, ménage, etc.), glissez quelques conseils et gardez l’œil ouvert…

Même si vous n’avez plus grand-chose à dire…

… observez-le
Si votre ado ne s’inquiète pas du tout, ne change en aucune manière ses habitudes les dernières semaines qui précèdent les examens, essayez de savoir pourquoi. S’avouerait-il déjà vaincu ? Ne réalise-t-il pas l’enjeu de ses examens ?
Si, par contre, il reste enfermé toute la journée et ne cesse de travailler, à vous de l’aider à exprimer son angoisse, mais aussi à lui proposer de faire des pauses régulières. En effet, son cerveau n’est pas conçu pour fonctionner à haut niveau sans faire de pause (le nôtre non plus, d’ailleurs). Au bout d’un moment, l’attention faiblit, les matières se mélangent et les nouvelles données ne s’impriment plus.

Rappelez-lui de bien dormir
Beaucoup d’étudiants pensent que dormir est une perte de temps alors qu’un bon sommeil est indispensable au processus de mémorisation. En effet, pendant la nuit, les neurones de votre ado classent et organisent ce qu’il a emmagasiné la journée. S’il néglige certaines phases du sommeil, cette consolidation sera perturbée. Pour garantir ses 8 heures de sommeil et surtout un bon endormissement, quelques trucs :

► Préférer une activité calme ou un petit peu de relaxation plutôt qu’une activité sportive.
► Dîner léger deux heures avant de se coucher pour mieux digérer.
► Prendre plutôt de la tisane ou du lait chaud dès 15h.
► S’offrir un bain chaud (pas bouillant !) avant de se coucher pour se relaxer.
► Relire ses cours ou ses fiches dans son lit, au calme, une dernière fois avant de se coucher peut être vraiment bénéfique. Pendant la nuit, le cerveau reclassera les dernières choses lues et favorisera ainsi l'assimilation.

Conseillez-lui un timing idéal
L’idéal, d’après les spécialistes, serait d’étudier 8 heures par jour en faisant des pauses régulières de 10 minutes toutes les heures ou 20 minutes toutes les 2 heures, même si le besoin ne s’en fait pas ressentir. Il reste donc assez de temps pour dormir…

Encouragez-le à bouger
Une promenade, un petit shopping, un jogging, et pourquoi pas une heure de tennis… Un corps qui bouge et s’aère favorise l’esprit au travail intellectuel. Et si votre jeune a bien avancé dans son programme, il peut même s’offrir une tranche de ciné ou une sortie avec les copains, histoire de se payer une petite récompense. À éviter : l’ordinateur ou la tablette qui fatigue plus qu’autre chose.

Préparez-lui des repas équilibrés
Pour assurer une bonne couverture des besoins du cerveau, il faut privilégier certains aliments :

► Des féculents : pâtes, riz, semoule, pommes de terre, pain… Ceux-ci servent de carburant au cerveau et leur digestion lente fournit l’énergie nécessaire à la réflexion et à la concentration. Chaque repas doit en contenir.
► Du fer : viandes rouges, foie, boudin… Le fer permet d’optimiser la concentration et la mémoire. Et pour qu’il se fixe, il faudra consommer au cours du même repas de la vitamine C en privilégiant les agrumes. Cette association a l’avantage de lutter efficacement contre la fatigue.
► Du zinc : fruits de mer, germes de blé (à saupoudrer sur les salades) et de la vitamine B9 que l’on trouve dans les légumes à feuilles tels que les épinards ou encore les bettes. Pris en association, ils jouent un rôle important dans les mécanismes de la mémoire et de la vigilance.
► Du magnésium : chocolat, fruits secs… Le magnésium associé à la vitamine B6 (thon, saumon, foie, graine de lin, noisette, banane) aident à gérer le stress et facilitent la concentration.
► Des oméga 3 : ils sont réputés pour assurer le bon fonctionnement cérébral. On en trouve dans l’huile de colza, de noix et dans tous les poissons gras.

N’oubliez pas de lui concocter quatre repas par jour à des heures régulières, de veiller à ce qu’il ne consomme pas de crasses (chips, chocolat, boissons énergisantes qui excitent plus qu’elles ne soutiennent l’organisme, café si ce n’est deux tasses par jour…). Faites-lui abandonner le grignotage intempestif qui ne sert qu’à encrasser le foie et à ralentir sa concentration. Ne zappez pas les laitages et autres desserts plaisir pour adoucir ce stress qui le ronge.

Rappelez-lui de boire, encore et encore…
De l’eau évidemment - au moins 1,5 litre par jour -, car un manque d’hydratation peut faire baisser de 20 % les performances de votre ado. Et s’il déteste ça, essayez de diluer une tisane (à la menthe ou aux fruits rouges) refroidie dans une grande bouteille d’eau ou encore, laissez-y macérer des feuilles de menthe quelques heures. Un petit jus de citron mélangé à l’eau peut aussi tout changer ! Testez et vous verrez vite ses préférences. N’oubliez pas que les potages, les jus de fruits et les tisanes, c’est aussi boire.

La question

Est-il utile de prendre un prof particulier ou un coach scolaire en dernière minute ? 

Oui, quand il s’agit des cours de langue. Préparer l’oral de néerlandais et d’anglais avec un prof permet d’aider le jeune à répondre à des phrases types, à lui donner des formules qu’il peut replacer aisément, à répéter des interventions probables.  

À lire 

ZOOM

À emporter dans son sac pour l’examen

Donnez-lui des fruits secs, pour qu’il conserve son énergie, et du magnésium, pour calmer son stress. Les barres de céréales qui contiennent des noix, des amandes sont également une bonne alternative et présentent l’avantage d’être faciles à transporter. Pas de barres chocolatées, trop riches en acides gras saturés, pas de bonbons, qui sont riches en sucres et qui en raison du pic d’insuline qu’ils provoquent peuvent être responsables d’un sérieux coup de pompe par la suite.

En chiffres

69 % des parents stressés

Selon un sondage réalisé par la mutuelle Partena en novembre 2013 sur 1 000 parents ayant des enfants scolarisés, 69 % des parents interrogés se disent stressés durant la période des examens. Le sondage montre également que parmi eux :

52 % prennent des jours entiers ou des demi-jours de congé
43 % aménagent leurs horaires de travail
17 % travaillent à domicile
53 % consacrent du temps aux révisions le soir
37 % affirment ne pas prendre de congé car leurs enfants sont autonomes
63 % des femmes s’occupent des tâches scolaires contre… 6 % des papas !
32 % des parents seulement disent bénéficier d’un sommeil réparateur pendant cette période
98 % sont attentifs à la qualité du sommeil de leur progéniture
95 % sont attentifs à leur alimentation

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Depuis quelques jours (pardon, quelques semaines déjà pour certains parents), un nuage noir bouche votre horizon. La période des examens s’annonce et vous vous cassez la tête pour savoir comment vous allez mettre au boulot vos petits ou grands enfants. Les nombres, les formes géométriques, l’appareil respiratoire, la compréhension d’un texte, tous ces sujets se mélangent dans votre tête en un joli méli-mélo. Rassurez-vous, ce n’est pas à vous de leur apprendre les pays membres de l’Union européenne. Par contre, vous pouvez toujours vérifier qu’ils en connaissent bien la liste. Car qui peut mieux que vous soutenir votre enfant et l’encourager à l’effort ?

 

En primaire, juste lui rafraîchir la mémoire

À l’école primaire, il s’agit plus de contrôles que d’examens, si ce n’est le CEB en fin de 6e. Mais que votre enfant soit à l’aise avec le travail scolaire ou qu’il éprouve plus de difficultés, le constat reste le même : un peu - beaucoup - de stress, un peu - beaucoup - d’angoisse pour le môme, mais souvent davantage pour vous, parents. Le tout saupoudré d’inconnu. Quelques conseils pour l’aider dans sa tâche, mais surtout pour vous apaiser.