Vie de parent

En vacances à la neige, au soleil ou chez soi… l’important c’est d’être ensemble !

Crise oblige, cette année, on regarde à nos dépenses. Partir en vacances, pratiquer des loisirs, oui, mais différemment. Dans une interview donnée au journal Le Progrès, le sociologue Jean Viard dit que « les vacances sont devenues un produit de demi-luxe ». Et de nous expliquer que « depuis vingt ans - et c’est la nouveauté - la progression ralentie des salaires n’intègre plus les progrès techniques. Aujourd’hui, l’ordinateur, le coût de l’abonnement de téléphone portable sont pris sur le budget loisirs. Les gens sont obligés de faire des choix ». Faire des choix, oui, mais lesquels ? Quelques pistes.

En vacances à la neige, au soleil ou chez soi… l’important c’est d’être ensemble ! - Thinkstock

3/5 ans

Cette année, on visite les parcs d’attractions

Mélanie, 42 ans : « J’élève seule ma fille de 5 ans et mon salaire ne permet pas de partir en vacances. Les week-ends à la mer, les stages hors de prix ou les vacances au soleil, ce n’est pas pour nous. Heureusement, pendant les grandes vacances d’été, Justine accompagne mes parents en voyage. Cette année commence en fanfare, j’ai gagné un séjour de quatre jours à Disneyland. Et c’est un grand bonheur pour moi, je vais pouvoir me retrouver quelques jours avec ma fille, rien que nous deux. Surtout que Pluto, Dingo et Mickey sont ses idoles. Voir des étoiles briller dans ses yeux, ce sera le bonheur. »
Selon le sociologue Jean Viard, le succès des parcs d’attractions relève de divers éléments : du temps libre dont nous disposons, du goût pour les choses que l’on peut faire en famille, de l’esprit festif et joueur et de la possibilité de se sentir dépaysé sans aller trop loin. Derrière les grandes oreilles de Mickey, les parcs d’attractions jouent sur les cordes sensibles de notre culture populaire, des contes de notre enfance. Ce sont des lieux qui font sens et surtout qui permettent de se sentir proche des autres. C’est ce que le sociologue nomme « le sentiment de faire humanité. »

Les parcs en pratique

La Belgique possède son lot de parcs d’attractions. Faites donc votre choix selon vos envies.
À Bruxelles, Bruparck, au pied de l’Atomium, est un incontournable. Que ce soit pour la visite de Mini-Europe, pour son parc aquatique Océade ou pour ses salles de cinéma à Kinépolis.
Parmi les classiques, il y a bien sûr Walibi et ses cinquante attractions, ses montagnes russes, son théâtre 4D, son espace aquatique et son paradis tropical. Mais aussi, les trois parcs Plopsalandsitués chacun à une extrémité de la Belgique : Plopsaland De Panne pour faire un petit tour à la côte belge, Plopsa Indoor à Hasselt pour les jours où le temps n’est pas de la partie et Plopsa Coo situé dans le très beau décor de la cascade de Coo. Et puis, enfin, Bobbejaanland  et son Aztek Express, splendide carrousel mexicain, son Fly Away qui vous propulsera dans les airs tel un astronaute intergalactique ou encore son Sledge Hammer qui vous procurera une bonne dose d’adrénaline pour la route.
Pour les amoureux de la nature, le Labyrinthe de Durbuy est un parc qui a un rôle éducatif pour le respect de l’environnement. Avec ses 11 hectares de champs de maïs, ses 10 km d’allées, ses vingt-cinq comédiens, ses divers spectacles et activités pour enfants et ses potagers biologiques. Vous aurez accès au labyrinthe des petits, situé à proximité de l’espace détente des grands et essentiellement adapté aux enfants de 3 à 8 ans, mais aussi au jardin des représentations miniatures de labyrinthes célèbres dans le monde. Chaque année, le Labyrinthe choisit un nouveau thème pour ses spectacles et divertissements. En 2012, c’était les Mayas et cette année, ce sont les Schtroumps qui prennent le relais.
Les jardins d’Annevoie, situés dans un magnifique domaine entre Namur et Dinant, valent aussi le déplacement. Ces jardins d’eau datent du 18e siècle et sont classés patrimoine majeur de Wallonie. Dans cet écrin de verdure, des activités pour enfants sont organisées : pour les enfants de 2 ans et demi à 7 ans, Le trésor de l’écureuil les invite à partir à la recherche du trésor à travers des jeux de découvertes et de reconnaissance des couleurs, des formes et des éléments de la faune et de la flore qui composent les jardins. Et pour les 8 à 12 ans, les enfants seront envoyés par petits groupes en missions axées sur des jeux de repérage et d’appropriation de l’espace, à la recherche du mystère du cygne noir. Tout en découvrant les richesses des jardins, ils aborderont les notions de perspectives, de symétrie, de faune et de flore.

6/12 ans

Cette année, on devient des artistes

Lise, 37 ans : « Ma fille Léa a 8 ans et, depuis quelque temps, elle nous réclame un chien. Mon mari et moi avons longtemps résisté mais cette fois, le père Noël en a décidé autrement. Sous le sapin, elle a découvert une petite boule de poils couleur café. Comme ce nouvel arrivant a besoin de soins et d’apprendre à devenir propre, pas de vacances à la neige pour cette année, ça va être trop compliqué. À la place, j’ai donc décidé d’initier ma fille au monde de l’art. Mon amie Virginie, qui habite Paris, m’a raconté qu’elle a commencé à aller à la galerie des enfants du Centre Pompidou avec sa fille et que, peu à peu, la petite demande des visites dans d’autres musées. Je pense que s’intéresser à l’art et au beau doit commencer très jeune, alors on va s’y mettre… »
Dans le magazine Victoire, Lucia Pereira, conseillère pédagogique à l’ONE, parle de la nécessité d’initier les enfants à l’art et au monde de l’art : « Aller voir des expos, des spectacles ou des concerts avec les petits peut être un moment très agréable pour tous, mais ce qui compte avec les plus jeunes, c’est de leur donner l’occasion d’être actifs, de réagir, de participer. Tout ceci est à l’opposé de la place passive qu’ils prennent facilement devant la télé. C’est valable à tout âge, mais particulièrement pour les plus jeunes qui vont apprendre à se connaître et à se placer dans le monde… L’essentiel, c’est qu’ils explorent, cherchent, manipulent, rêvent…On n’initie pas un enfant à l’art pour qu’il devienne un artiste, mais bien parce que c’est un mode ludique de développement, une expérience multisensorielle qui lui permet d’utiliser ses propres capacités. C’est important qu’ils aient la bride lâchée et puissent explorer jusqu’où va leur imaginaire, leur capacité à traduire et exprimer ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont expérimenté… trop souvent, dès la maternelle déjà, on les cadre. Une feuille, c’est forcément vert ; une vache, noir et blanc ! C’est trop limitatif. L’intérêt, c’est de créer ‘différent’, ils savent bien que les feuilles sont vertes… »
Pour le sociologue François de Singly, l’acte d’emmener son enfant au spectacle, au musée ou ailleurs doit être partagé : « Il faut rompre le cercle infernal dans lequel l’enfant est un simple accompagnateur de ses parents, il doit devenir lui-même et c’est possible. »
Et de donner un exemple personnel : « Une de mes filles m’a fourni ce témoignage. Il y a quelques années, elle a suivi un atelier Ben à Beaubourg. Elle m’a dit récemment : ‘Est-ce que tu sais que ma signature vient de là ? À l’atelier Ben, on avait appris à faire sa signature’. Il faut rendre hommage aux animateurs et animatrices de cet atelier. Ma fille avait 11 ans, elle en a 23 aujourd’hui. Elle a conservé ce qu’elle avait découvert à ce moment-là. Or, la signature est, dans une société individualiste, un élément central, un marqueur identitaire. Il est donc possible qu’une part de soi s’adosse à une expérience artistique. Mettons de côté les parents, les professeurs et laissons vivre aux enfants, aux jeunes un temps pendant lequel ils ne sont ni ‘élèves’, ni ‘fils ou fille de’. Alors, ils peuvent trouver, éventuellement, une partie d’eux-mêmes, grâce à l’art, grâce à la culture, grâce à vous. »

L’art en pratique

L’espace Kids&Teens est réalisé par Educateam, le Service Éducatif des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, pour découvrir l’art tout en s’amusant. Mine d’informations sur les artistes exposés au musée, des jeux, des idées pour créer, et des galeries photos pour exposer les œuvres de vos enfants. Lors des vacances de carnaval, de Pâques ou d’été, des stages sont organisés pour les enfants de 6 à 12 ans afin de leur faire découvrir ou redécouvrir les trésors du Musée d’art ancien et du Musée Magritte à travers le thème des cinq sens.

La Fondation Folon organise des ateliers créatifs intergénérationnels à partir de 6 ans, mais aussi des ateliers artistiques pour les enfants qui explorent les thématiques et les techniques de Folon. L’animateur adapte son discours et les activités de l’atelier à l’âge des participants afin de créer une œuvre. La Fondation met à votre disposition une valise pédagogique sur le thème des droits de l’enfant, que vous pouvez consulter en vue de la préparation de votre visite. Un dossier pédagogique est également téléchargeable.

Et pourquoi ne pas faire découvrir l’opéra à vos enfants ?

  • À Bruxelles, La Monnaie offre un programme éducatif appelé l’Education through the arts : ateliers, spectacles, visites guidées, journées pédagogiques.
  • Les portes de l’opéra de Liège vous sont ouvertes et vous aurez chaque saison l’embarras du choix pour les enfants dès 3 ans. Outre les spectacles jeune public, faites-leur découvrir ce qui se cache derrière un lever de rideau lors d’activités découverte, effectuez un voyage musical pour écouter en toute convivialité l’immense variété qu’offre la musique grâce aux Dimanches en concert à 2 € ou profitez d’une place gratuite à côté de vous pour votre enfant de moins de 14 ans aux grands spectacles de la saison !

Karin Mantovani

VOUS SOUHAITEZ VRAIMENT PARTIR…

Un conseil malin : et si on échangeait ?

Une envie de dépaysement et pas beaucoup de sous… Et si vous échangiez votre appartement ! Le principe est simple, vous prêtez votre appartement gratuitement et vous bénéficiez d’un logement à l’étranger ou en Belgique sans frais. Restent à votre charge le transport et les activités sur place. Et même si vous n’êtes que locataire de votre logement, ça marche. De nombreux sites spécialisés vous proposent des échanges un peu partout dans le monde, en voici quelques-uns, jetez-y un œil : www.echangedemaison.com, www.echangeimmo.com, www.taxistop.be, www.trocky.com, www.intervac.be

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Le devoir de vacances… malgré la crise

Partir en vacances n’est pas nécessairement beaucoup plus coûteux que d’acheter un écran plasma pour les parents, une tablette numérique pour l’aîné et un smartphone pour le petit. Et c’est souvent un projet bénéfique pour tout votre petit monde qui se retrouve à l’occasion de cette escapade… Pour avoir suffisamment de choix, au risque de vous bousculer un peu (vous êtes à peine sortis des fêtes…), le Ligueur vous invite à explorer déjà les différentes offres du secteur. À vos rêves !

 

Chouette, on est ensemble !

Le dernier congé reste un souvenir douloureux. Les mômes étaient déchaînés, vos projets domestiques sont restés en rade, votre compagnon (ou votre compagne) ronchonnait sans cesse et ces quelques moments qui ne devaient être que du bonheur se sont avérés être une véritable épreuve. C’est promis, on ne vous y reprendra plus ! Carnaval, Pâques, vous êtes bien décidé à ne plus vous faire dépasser par cette avalanche de congés. Mais au contraire, à en faire des moments où vos enfants et vous, vous vous sentez bien ensemble.

 

Marchons hors des sentiers battus

Difficile de vous inviter à ne pas allumer radio et/ou télé et de vous détourner de vos magazines quand on est nous-mêmes journalistes, mais franchement, les prédictions fin 2012 étaient telles dans les médias qu’on aurait bien eu envie de vous glisser dans l’oreille ce genre de conseil pour que vous gardiez le moral intact. La page 2012 est heureusement, aujourd’hui, tournée et il semble qu’un vent chargé d’un peu plus d’espoir se soit engouffré en 2013. Tant mieux !

 

Cette année, c’est promis, je montre l’exemple. Je mange des fruits, des légumes et je ne boude pas la tartine

Apprendre ou réapprendre à manger de tout, oui. Des aliments sains, autant que possible. Mais surtout à sa faim, ni plus ni moins. Et sans oublier le plaisir... Simple? Pas si sûr! Car à force d’injonctions, nous sommes nombreux à ne plus savoir à quel saint nous vouer! Pour vous, le Ligueur s’est mis à la recherche de vérités et cette quête du Graal nous a menés à pousser la porte de Marie-Josée Mozin, présidente du Club Européen des Diététiciens de l’Enfance. Un entretien de deux heures au cours duquel nous buvons ses paroles comme du petit lait !