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Encore plus de TIC
en classe

Le projet « Ecole numérique » 2013-2014 de la Communauté française est sur les rails. Quelque 70 écoles wallonnes pourront expérimenter diverses technologies numériques en classe dès la rentrée.

Encore plus de TIC en classe  - Thinkstock

Ordinateurs portables, tableaux numériques interactifs, tablettes, caméras et appareils photo numériques… Dès la rentrée, 72 nouvelles écoles wallonnes qui pourront expérimenter, en 2013-2014, diverses technologies de l’information et de la communication au service de l’éducation (TICE).

Ces établissements, sélectionnés en juin dernier dans le cadre du deuxième appel à projet « Ecole numérique » de la Communauté française, rejoindront les 28 écoles désignées en 2011-2013.

S'équiper et se former

Ces écoles reçoivent une enveloppe (environ un million d’euros) et sont invitées à nouer des partenariats avec des fournisseurs d’équipements et/ou de ressources numériques ainsi que des partenaires spécialisés en TICE. La plupart des écoles qui participent à ce projet s’équipent en matériel numérique : tablettes, tableaux interactifs…

Encore faut-il que les professeurs sachent utiliser ces nouveaux outils. « Sans une formation, c’est impossible », soutient Jessica Flener, prof de français à l’athénée Maurice Destenay de Liège. « Il faut savoir quel logiciel télécharger, pouvoir utiliser le programme et le tableau en classe », explique l’enseignante, qui utilise un tableau interactif 5 heures par semaine depuis un an.

Apprentissage et interaction

Mais une fois qu’on est familiarisé, le tableau interactif amène vraiment un « plus » dans l’apprentissage. « Il y a beaucoup plus d’échanges avec les élèves et s’ils sont très branchés haute technologie, ils sont beaucoup plus motivés », observe-t-elle. Tout dépend de l’usage que le professeur en fait.

« Ca change complètement la façon d’enseigner. En français, les élèves peuvent venir fluorer un élément dans le texte, un autre peut venir corriger, effacer et ajouter une note au stylet, résumer paragraphe. C’est l’utilisation basique mais ça peut être plus complexe. On peut travailler avec des calques en grammaire par exemple : les élèves doivent compléter un texte en choisissant la forme correcte, et le tableau émet un buzz en cas d’erreur. Ca peut aller très loin », explique l’enseignante.

Un investissement en temps

Le système mémorise toutes les modifications effectuées sur le tableau et permet au prof de les retranscrire. « Je peux publier mon cours sur le portail de l’école et il est disponible pour les absents », cite Jessica Flener en exemple.

Bien sûr, ce système requiert un investissement en temps de la part des professeurs. « Il faut énormément de temps pour penser à la façon dont on va donner la matière et pour préparer ses cours avec le programme. En espérant que les élèves ne se lassent pas trop vite. Sinon, ça n’en vaut pas la peine », craint-elle.

Stéphanie Grofils – 27/08/2013

L'école en retard

Selon l’Agence wallonne des télécommunications (AWT), « notre système éducatif peine encore à insérer la culture numérique dans les pratiques pédagogiques quotidiennes ». Retrouvez ici les résultats détaillés de l’enquête menées par l’AWT sur l'usage des TIC dans l'éducation en Wallonie.

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