3/5 ans

Enfant unique... un semaine sur deux !

Marion a 4 ans. Son papa et sa maman ont déjà été mariés une première fois et ont des enfants plus grands. Le papa a un fils de 11 ans, Léo. La maman a deux filles, Laura, 7 ans, et Anaïs, 9 ans. Mais comment Marion s’y retrouve-t-elle ? Comment chaque jeune membre de cette tribu recomposée se positionne-t-il face à Marion ?

Enfant unique... un semaine sur deux !

Bien souvent, les couples qui se recomposent ont envie de perpétuer leur union par l'arrivée d'un petit. Ce nouveau bébé est généralement bien accueilli par les enfants des premiers mariages. Cependant, quand le bébé grandit, cela pose parfois quelques problèmes.
Marion est une enfant unique, une semaine sur deux. L'autre semaine, elle est la cadette d'une famille nombreuse. On pourrait imaginer qu'elle profite à fond de ses deux parents quand elle est seule à la maison. C'est en tout cas ce que pensent les grands : « Elle, au moins, a la chance d'avoir ses deux parents tous les jours ! ». Léo, Laura et Anaïs, eux, n’auront plus cette chance. L’arrivée de Marion a anéanti cet espoir chez eux, alors que, comme tous les enfants de parents divorcés, ils rêvaient qu’un jour leur papa et leur maman se remettraient ensemble.
Dire à Léo, Laura ou Anaïs : « Tu as deux maisons, deux fois des vacances, et un papa ou une maman tout disponible quand tu arrives » ne les consolent pas. Puisque Marion, qui n'a qu'une maison et qu’une fois des vacances, peut avoir ses deux parents disponibles tout le temps - et en même temps - pour elle !

Sans les grands, c’est l’ennui !

Quand Marion est le seul enfant à la maison, peut-être est-elle plus gâtée. Elle doit sûrement avoir beaucoup plus de câlins, se disent encore les grands. Léo, qui est enfant unique chez sa maman, vit évidemment plus facilement la situation que Laura et Anaïs qui, quand elles retournent chez leur papa, retrouvent un petit frère de 2 ans. Léo a sa maman pour lui tout seul une semaine sur deux, pas les filles : elles, elles sont toujours dans des familles nombreuses !
Marion ne vit pas ce genre de difficulté. C’est sûr qu’elle peut profiter d'une plus grande disponibilité de ses parents. Mais, comme pour les grands, sa vie est scandée par des présences-absences : pas de ses parents, mais de son frère et de ses sœurs.
Ce qui est compliqué pour elle, c'est de se retrouver seul enfant une semaine sur deux ! Léo, Laura et Anaïs, elle les adore. Ils sont très chouettes avec elle, surtout Léo qui s'en occupe avec patience. C'est parfois un peu tendu avec les filles : les filles peuvent être pestes et la rivalité est toujours un peu présente entre elles. Mais, dans l’ensemble, l'ambiance est bonne entre les enfants, avec de la complicité et de bonnes disputes comme il se doit entre frères et sœurs.
Alors, la vie trépidante avec les grands manque à Marion quand elle se retrouve seul enfant à la maison, elle s'ennuie et sollicite ses parents dès qu'ils sont là. Ce serait bien de lui trouver l'une ou l'autre activité en dehors de la famille et de l'école, une activité où elle rencontrerait des copains. Elle aurait ainsi sa petite vie sociale à elle, même en l'absence de Léo, Laura et Anaïs. Ainsi, sa vie ne s'arrêterait pas lorsqu'ils ne sont pas là…

Mireille Pauluis

ZOOM

Tribu recomposée = trois familles, trois styles

Marion, Léo, Laura et Anaïs… À eux quatre, ils personnifient trois familles différentes, avec des habitudes, des règles, des styles différents. Chacune a ses qualités et ses aspects plus difficiles.
Les enfants de parents divorcés doivent pouvoir apprécier librement leurs deux lieux de vie. Pour cela, il faut éviter les critiques et commentaires négatifs. Pour les aider, il vaut mieux souligner les aspects positifs de l'autre famille que de toujours en pointer les défauts. Les « Ton père ne respecte jamais les horaires » ou les « Ta mère n'est jamais en ordre » empêchent les enfants de profiter à fond de chaque foyer. Ce n'est pas simple de s'adapter à des systèmes différents, mais avoir deux lieux de vie ne pose pas trop de problèmes s’il n’y a pas de concurrence entre eux !
Les parents biologiques restent parents de leurs enfants et il est indispensable qu’ils communiquent suffisamment entre eux. Ces échanges, qui sont respectueux des différents styles de vie rencontrés, permettront au nouveau couple parental (celui de la famille recomposée) d’être aux commandes. En effet, c’est lui qui est responsable de la sécurité et du bien-être des enfants quand ils sont là.

EN BREF

Pour les parents de famille recomposée…

  • La communication « à quatre », respectueuse des différences de chacun, est importante.
  • Évitez les critiques systématiques de l'autre famille.
  • Au moment des retrouvailles avec votre (vos) enfant(s), prenez le temps d'écouter les récits de la semaine écoulée chez l’autre parent.
  • Respectez le coin de chaque enfant quand il n'est pas là.
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Familles recomposées : comment chacun s’y retrouve…

Il y a les familles avec des ados, des enfants très jeunes ou qui ont de grands écarts d'âge. Il y a les grandes familles qui deviennent encore plus grandes, des enfants uniques qui se retrouvent soudain à deux ou à beaucoup. Certaines se voient doubler en nombre pour un week-end ou pour une semaine. D'autres ont les enfants des deux anciens couples qui ne se voient que rarement. Comment ça se passe entre enfants dans ces nouvelles familles faites de vrais, de demis, de quasis ou de pas du tout… frères et sœurs ?

 

Mieux vivre ensemble... entre frères et sœurs

« Tuez-vous, mais sans bruit ! », hurle la mère excédée par les disputes incessantes de ses deux gamins. C’est peu, deux ans et quelques mois de différence, et cet écart (un juste écart !) aiguise les rivalités. C’est que le droit d’aînesse, de nos jours, a disparu et chacun, chacune se sent l’égal de l’autre. On dit que les choses s’arrondissent avec l’adolescence… mais des sœurs, des frères restent encore ennemis longtemps, parfois même toute une vie. Aujourd’hui, les relations se compliquent… du moins c’est ce qu’on imagine quand se croisent sous le même toit sœurs, frères, demi-sœurs, demi-frères et « quasi » frères ou sœurs, ceux qui partagent la même adresse sans être du même sang. Et nous, les parents, nous sommes à la tête de cette petite entreprise avec la tentation parfois grande de mettre tout ce petit monde dans le même panier. Mais le premier ne veut pas qu’on fasse l’amalgame avec le deuxième. La petite dernière n’est pas pareille que la grande sœur. Chacun, chacune veut affirmer sa singularité, jusqu’à faire perdre parfois le nord à papa, à maman qui essayent vaille que vaille de prêter la même attention, la même dose d’amour, les mêmes exigences aussi aux uns et aux autres. Ah, le vivre ensemble des frères et sœurs ! On n’imagine pas combien les relations (ou l’absence de relations) vécues entre eux conditionnent leurs amitiés, leurs amours, le métier qu’ils investiront… N’est-ce pas d’ailleurs au cœur de la fraternité que chacun a appris à vivre et déjouer les conflits ? C’est pour cela sans doute que les psys de tout poil encouragent l’expression de l’agressivité, redoutant tout ce qui peut être violence larvée. Il n’y a donc plus qu’à reconnaître qu’on a détesté (ou qu’on déteste encore) tel frère, telle sœur, l’exprimer verbalement et tenter d’aider ses enfants à construire entre eux d’autres liens, un mieux vivre ensemble. Sans forcer l’amour… Ci-contre, quelques trucs pratiques à multiplier, enrichir… et à partager avec nous si vous le voulez bien sur redaction@leligueur.be