Vie de parent

Enquête : les parents sceptiques face aux mesures dans l’extrascolaire

La Ligue des familles a sondé les parents dans le cadre des mesures pour l’extrascolaire. Au-delà des chiffres et des pourcentages pointe le problème de l’adhésion aux mesures prises par les autorités sanitaires, de leur cohérence, et de leur praticabilité. Celle-ci, par exemple, est mise en doute par plus de 80% des parents.

Enquête : les parents sceptiques face aux mesures dans l’extrascolaire

C’est une des mesures qui a bousculé les familles ces derniers jours, celle concernant la gestion de l’extrascolaire. Rappelez-vous, en quelques jours, les autorités sanitaires fixent les contours d’une décision très impactante dans l’organisation des parents. Une mesure « bâton-carotte ». Pour les plus de 13 ans, il y a désormais des possibilités de participer à des activités. Seulement à l'extérieur, mais c’est toujours mieux que rien.

Revers de la médaille, la jauge de l’ensemble des activités extrascolaires (donc y compris pour les moins de 13 ans) passe de 50 à 10 (sauf pour les vacances de carnaval où elle est de 25). Incompréhension. D’autant plus qu’il est demandé aux parents désormais limiter à une, le nombre d’activités pour les enfants. 

« La goutte qui fait déborder le vase »

Cette situation a créé des crispations. Au Ligueur, nous avons reçu énormément de réactions courroucées entre lassitude, colère et refus d’adhérer.  « Nous respectons à la lettre toutes les mesures imposées depuis le mois de mars. Ces nouvelles mesures sont la goutte qui fait déborder le vase ». Ce témoignage-là, n’est pas arrivé au Ligueur, mais bien à la Ligue des familles qui a lancé une enquête pour sonder les parents sur cette mesure. « Nous voulions savoir quels étaient les impacts concrets de ces mesures pour les familles », explique le service Études de l’organisation parentale.

Le bien-être des enfants bousculé

Ce coup de sonde mené sur cinq jours a été lancé le 5 février sur internet. Plus de 2 500 personnes y ont répondu. Globalement, le ressenti est plutôt négatif. La seule note positive se joue pour les ados. 87% des parents estiment que la reprise partielle des activités pour les plus de 13 ans va avoir des conséquences positives sur le bien-être des enfants. En même temps, on vient de rien. Et 56% des parents s’accordent à dire que, de toute façon, ce n’est pas suffisant.

Pour les plus jeunes, le ressenti est encore moins positif. L’offre et le choix diminuent. Concrètement, au sein des parents sondés, on constate que les activités pour les moins de 13 ans se poursuivent généralement. Au moment de remplir le questionnaire, seuls 5% des parents constataient que les activités étaient purement annulées, 10% étaient dans l’expectative. Pour les autres, les activités se poursuivaient. Oui, mais comment ? Pour 5%, la suite passait par Zoom ou un autre système vidéo. Dans près de 43% des cas, il n’y avait pas de changement. Tandis que pour près de 45% les activités étaient rabotées. 

Le recours aux grands-parents

Sur les conséquences d’un extrascolaire raboté, les parents n’ont pas de doute : il y aura des conséquences négatives sur le bien-être des enfants. Les parents sont près de 77% à le penser. Pour 20% d’entre eux, ces nouvelles mesures ont entraîné des problèmes de garde d’enfants. Plus de 32% avouant même devoir recourir aux grands-parents.

« Les familles ont déjà été soumises à rude épreuve depuis un an »

Sur ce dernier point, la Ligue des familles souligne que ça « ne manque pas d’interroger quant à l’impact sanitaires de ces nouvelles mesures ». Et c’est là qu’on touche à un point sensible, celui de la cohérence et de la praticabilité des mesures. Selon l’enquête, les parents sont assez partagés lorsqu’il s’agit de dire si les mesures sont claires ou pas concernant l’extrascolaire. Mais ce sur quoi ils s’accordent, c’est sur le fait que ces mesures sont difficilement applicables, puisqu'ils sont plus de 80% à le penser. Voilà qui ne favorise pas l’adhésion.

Un taux d’adhésion en berne

Cette adhésion devient vraiment bancale lorsqu’il s’agit de respecter la recommandation de limiter les activités à une seule par enfant. Là, une majorité de parents (56,7%) affirme ne pas avoir l’intention de suivre la recommandation du ministre fédéral de la Santé. Sur ce point précis, la Ligue des familles développe son analyse.

« D’après les commentaires recueillis par ailleurs dans le questionnaire, différents motifs peuvent intervenir pour expliquer ce choix : l’incompréhension quant à cette restriction, la volonté de ne pas déstabiliser ses enfants dans un climat anxiogène, le refus de forcer ses enfants à choisir entre des activités qui apportent toutes des choses différentes, la crainte d’un 'décrochage' par rapport à l’activité ou simplement un désaccord avec la nature même de la mesure sont entre autres évoqués. »

Retour donc au problème d’adhésion : « On voit donc qu’il y a un gros problème d’adhésion à cette recommandation. Il faut lire ça dans un contexte dans lequel les familles ont déjà été soumises à rude épreuve depuis un an, avec la fermeture des écoles et des crèches pendant de longues semaines, les quarantaines d’enfants, l’enseignement à distance pour les ados et les difficultés financières pour de nombreuses familles. Depuis septembre, les plus jeunes enfants pouvaient continuer plus ou moins normalement leurs différentes activités. Devoir sacrifier, désormais, cela aussi, est parfois la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans les familles ».

T. D.

Pour en savoir +

Le dossier du prochain numéro du Ligueur (à paraître le 17/2) sera consacré à l'adhésion des parents au mesures sanitaires. Il sera question de saturation et de désobéissance.

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