Enquête séparation et argent (4/4) : 85 % des parents ont des difficultés à joindre les deux bouts

La Ligue des familles détaille sa dernière enquête. Quatrième volet : l’après-séparation et le risque de pauvreté. Six cents parents ayant connu une séparation avec enfant(s) ont été interrogés.

Enquête séparation et argent (4/4) : 85 % des parents ont des difficultés à joindre les deux bouts

La séparation et le risque de pauvreté

Après la séparation, un grand nombre de parents ont dû louer ou acheter un nouvel appartement ou une nouvelle maison ou racheter un prêt hypothécaire. Dans 8 cas sur 10, la division des biens a nécessité de racheter une partie du mobilier. Le rachat d’une voiture a été effectué par 2 parents sur 5. Les frais de justice ont aussi posé problème pour 1 parent sur 4.
82 % des parents se disent ainsi appauvris par la séparation. 35 % estiment que la séparation les a fortement appauvris, 39 % moyennement et 8 % très peu.
Moins on a de revenus, plus la séparation a des conséquences sur le sentiment d’être plus pauvre. Ce sont donc les parents qui ont le moins de revenus qui se sentent le plus précarisés depuis la séparation.
Seuls 15 % des parents estiment qu’ils n’ont pas eu de problèmes financiers après la séparation.

Vivre avec moins de 1 500 € par mois

11 % des parents vivent dans un ménage bénéficiant de revenus inférieurs à 1 500 € par mois. Lorsqu’il y a des difficultés à joindre les deux bouts, elles sont liées à des frais particuliers. Parmi ceux-ci se trouvent en premier les frais liés au logement. Les frais de loisirs, vêtements, mobilité pour les enfants, arrivent en deuxième place. Les frais de voiture et d’équipement ont mené à des problèmes pour joindre les deux bouts pour plus d’un quart des parents. 25 % des répondants rencontrent même des difficultés pour se nourrir correctement.
Gwenaëlle, séparée depuis un an, un enfant : « Une fois les frais fixes payés, il ne me reste presque plus rien. Je fais le plus d’économies possibles (en achetant en seconde main, par exemple), mais ça ne suffit pas toujours. Le seul poste où on peut alors encore rogner, c’est les courses ».

Parents solos : attention danger !

L’enquête confirme que les parents seuls sont confrontés à un risque de pauvreté important car ils doivent gérer le ménage avec un seul revenu. La plupart du temps, le parent assume lui-même les frais relatifs à l’enfant plutôt qu’une répartition à part égale de ces frais avec l’ex-compagnon/compagne.
Ceci est, bien entendu, lié à l’hébergement : plus l’enfant vit chez le parent, plus ce dernier paie les frais qui lui sont relatifs. Or, les familles monoparentales ont plus souvent la garde à temps plein. À titre d’exemple : 58 % des parents solos assument les frais médicaux, les loisirs 52 % et les transports 55 %.

Gaëlle Hoogsteyn

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