Enquête séparation et argent (2/4) :
contributions alimentaires,
40 % de paiements irréguliers

La Ligue des familles détaille sa dernière enquête. Deuxième volet : les contributions alimentaires. Six cents parents ayant connu une séparation avec enfant(s) ont été interrogés.

50 % des parents sont concernés par la contribution alimentaire. Plus les revenus sont bas, plus une contribution alimentaire est versée ou devrait l’être. La proportion de familles monoparentales percevant ou devant en principe percevoir une contribution alimentaire est plus importante que celle des familles recomposées (56 % contre 43 %).
Pourtant, parmi les parents qui reçoivent ou devraient recevoir une contribution alimentaire, une grande partie la reçoit de façon irrégulière (14 %) ou très irrégulière (12 %), voire jamais (14 %). Au total, ce sont donc 40 % des parents qui ont des problèmes de paiement, avec plus ou moins d’intensité. Ces résultats montrent un véritable problème de respect des droits au niveau des familles.
Après une séparation, 85 % des parents éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts. 11 % des parents doivent s’en sortir avec un revenu inférieur à 1 500 € par mois. Pour 1 parent sur 10 (10 %), la contribution alimentaire représente 30 à 40 % des revenus familiaux. Ne pas la percevoir peut donc être dramatique. Les familles monoparentales sont les plus touchées. En effet, ces familles ont le plus souvent la garde à temps plein de(s) enfant(s) et disposent de revenus plus faibles. Le risque de pauvreté est réel.
Marie, deux enfants, séparée depuis un an : « Une fois mon loyer payé, il ne me reste presque rien car je travaille à temps partiel. Je cherche un emploi à temps plein pour augmenter mes revenus. Entre-temps, mes parents m’aident. À mon âge, cela me met un peu mal à l’aise, mais je n’ai pas d’autre choix ».

Des solutions existent !

L’enquête démontre aussi une véritable méconnaissance de la loi. Ainsi, 15 % des répondants pensent ne pas avoir droit à une contribution alimentaire faute de jugement et 4 % déclarent ne pas savoir qu’ils pouvaient en demander une. 1 parent sur 8 confie ne pas avoir osé en demander à son ex compagnon ou compagne de peur d’envenimer la relation. Dans la perspective de garder un lien entre l’ex et l’enfant, ces parents ne demandent pas une contribution alimentaire. Ces chiffres montrent que des parents ne font pas assez valoir leurs droits.
Par ailleurs, de nombreuses familles ignorent comment solutionner ce problème. Seul 1 parent sur 2 connaît l’existence du Secal (Services des créances alimentaires). De nombreux parents pensent aussi que sans jugement, ils n’ont pas le droit de réclamer.
Asma, une fille, séparée depuis cinq ans : « Depuis trois ans, je ne reçois plus aucune pension alimentaire pour ma fille ado. J’ai voulu régler cela à l’amiable, en vain. Via le tribunal, mon ex est désormais tenu de payer chaque mois, et j’ai pu récupérer les arriérés. J’ai gagné… mais pour combien de temps ? ».

Gaëlle Hoogsteyn

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