Vie de parent

Est-ce que l'école est prête à redémarrer ?

Syndicats, parents et professeurs font entendre leurs voix : hors de question de remettre les enfants sur le sentier de l'école telle qu'on l'a quitté le 13 mars. Les parents ne sont pas rassurés pour leurs enfants. Les profs ne veulent pas assumer une décision inconséquente. Alors que le Conseil national de sécurité vient annonçer qu'il allait plancher sur la planification d'un futur déconfinement, il y a comme un petit parfum de sédition autour de cette hypothétique rentrée qui pourrait aussi concerner l'école.

Est-ce que l'école est prête à redémarrer ?

Sur les réseaux sociaux, on peut lire certains parents taper du point virtuellement sur la table. «  Si jamais on nous annonce que les cours reprennent en mai, sans de vraies mesures de sécurité, hors de question de risquer de contaminer mes enfants. Ils n'iront pas. C'est une décision dangereuse ». C'est exactement ce genre de témoignages que reçoit la Fapeo, la Fédération des associations de parents de l'enseignement officiel. Un des co-signataires du communiqué de l'ensemble du secteur qui s'inquiète d'une réouverture des écoles indapatée à l'heure où le Conseil national de sécurité rend son verdict.

Hors de question

Joëlle Lacroix, coordinatrice de la Fapeo, nous relate les inquiétudes des parents. « Ils nous disent qu'ils refusent de mettre leurs enfants en mai dans les écoles, dans les crèches. Ils savent très bien que le principe de distanciation sociale est intenable pour des petits. Mais aussi que les infrastructures sanitaires ne sont pas suffisantes. En primaire pareil. Les classes sont bondées. En un mot, sans l'assurance d'une reprise sans danger de contamination, hors de question d'exposer les enfants à l'école ».

Un chantier énorme

Côté enseignant, même son de cloche. On sent une volonté très nette de ne pas reprendre dans l'urgence. Natacha témoignait dans le Ligueur, expliquant qu'elle souhaite «  consolider les enfants. Pas leurs acquis. Je veux être sûre qu'ils soient tous aptes et psychiquement parés à se réadapter au rythme scolaire ».

Aujourd'hui, de compléter pour le besoins de cet article : «  La reprise ne peut pas se passer dans une frousse collective avec des mesures intenables. Ce serait dangereux et cela ne permettrait pas à l'école d'amorcer un tournant que l'on souhaite toutes et tous ». Chacun explique qu'organiser la rentrée est un chantier énorme.

« On veut un véritable plan, insiste Joëlle Lacroix. À chaque inquiétude, il faut une réponse claire. Au Danemark, par exemple, pays nettement moins contaminé que la Belgique, le retour à l'école se fait à tour de rôle. C'est peut-être une amorce de solution ? »

Maître mot, la sécurité

Elle, comme Natacha, reçoit des mots de parents qui expliquent qu'ils feront tout pour garder leurs petits en sécurité. Natacha développe : « on sent que les parent ont pris la mesure d'une chose importante : la santé mentale de leur enfant. Le retard pédagogique passe maintenant au second plan. Ce qui compte pour les parents c'est que leurs enfants soient bien dans leur peau. Qu'ils se réadaptent à l'école en paix. Pas dans l'urgence, pas avec des régles non applicables et peu claires. Ca ne ferait que renforcer leurs angoisses ».

Joelle Lacroix complète : «  Visiblement, beaucoup de parents et de profs sont prêts à contourner les consignes. En multipliant les certificats, par exemple. Ils sont prêts à attendre jusqu'en septembre ».

C'est donc une bataille intéressante qui va se jouer dans les prochaines semaines. L'intérêt d'une rentrée qui libère les travailleurs en remettant leurs enfants à l'école, permettant à l'économie de repartir. Ou celle du bon sens, qui ne souhaite qu'une chose : que l'on s'en sorte collectivement par des meusures qui vont dans l'intérêt général. À suivre.

Yves-Marie Vilain-Lepage

En savoir +

Le communiqué du secteur de l'enseignement adressé au Conseil national de sécurité.

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