Vie de parent

Et demain, à quelle sauce allez-vous être mangés ?

Beaucoup de parents se sentent perdus. On a beaucoup parlé de la refonte du fameux décret inscription. Est-ce que tout va être transformé ? Quels sont les changements prévus ? Vite, sortons la boule de cristal.

Et demain, à quelle sauce allez-vous être mangés ?

Qu’est-ce que le décret inscription ?

En vigueur depuis la rentrée scolaire 2010-2011, le décret inscription promet d’harmoniser les inscriptions en 1re année de l’enseignement secondaire, mais aussi d’assurer l’égalité d’accès et donc de lutter contre les mécanismes de relégation en soutenant la mixité sociale. Son ambition à l’époque ? Limiter l’arbitraire, soutenir la mobilité sociale, échapper au déterminisme de quartier. Alain Maingain, qui a participé à son élaboration au sein de l’équipe de Marie-Dominique Simonet (cdH), expliquait récemment au Ligueur que grâce à ce décret, certains groupes d’écoles auraient atteint entre 13 à 17 % de mixité sociale.

► Quand le nouveau décret inscription sera-t-il appliqué ?

En dépit du gros coup d’éclairage qu’il a subi, nous n’y sommes pas. Les plus audacieux misent sur une application en vigueur pour la rentrée de septembre 2021. Il n’y a pas encore de calendrier fixé pour y arriver. Principal changement annoncé de ce futur décret : il sera mieux adapté aux différences entre les régions, les « bassins scolaires », comme l’a promis la ministre Caroline Désir (PS) dès son entrée en poste. Les places attribuées dans les écoles ne seront plus strictement identiques de Silly à Bruxelles. Rentrera en compte désormais la réalité des campagnes par rapport aux villes. Mais, pour l’heure, tout cela est encore très théorique.

Quelles vont être les procédures à suivre ?

Idem, en dépit des effets d’annonce, pas de transformations spectaculaires à l’horizon. Même en 2021, l’inscription va toujours se faire sur base d’un formulaire unique d’inscription (le FUI). Un des objectifs reste d’avoir une part de mixité sociale, on parle de 20 % d’élèves de milieux précarisés dans les classes. Par ailleurs, les enfants qui ont un frère, une sœur ou un parent dans l’établissement secondaire demandé seront toujours prioritaires.

Est-ce que les critères seront les mêmes ?

Pour l’heure, côté calendrier, la date d’inscription resterait dans la même période de l’année. La date de remise du FUI n’aurait toujours aucune influence sur les chances d’accéder à l’école de son choix. Ce sont certainement les critères d’attribution qui vont changer. Vont peser davantage dans la balance : la distance entre le domicile et les écoles, un éventuel partenariat entre l’école primaire suivie et l’école secondaire où l’enfant veut entrer. Autre promesse qui demande à être confirmée, la mise en place de cette équipe d’« expert·e·s » qui sera chargée de rendre l’organisation des inscriptions plus transparente et équitable, selon la promesse de l’équipe de Caroline Désir. Une source interrogée qui suit le dossier depuis le début septembre s’interroge : « Est-ce qu’on ne fait pas beaucoup de bruit pour rien ? ». À suivre.

Yves-Marie Vilain-Lepage

ZOOM

Pourquoi changer le décret inscription ?

Caroline Désir (PS), la ministre de l’Enseignement, affirme depuis sa nomination qu’il est impératif de tenir compte des bassins scolaires. Les critères pourraient être différents selon les zones géographiques, notamment pour mieux repartir les élèves entre les écoles les plus prisées et celles les plus délaissées. L’objectif est donc d’accentuer la volonté de mélanger les strates sociales, de créer davantage de diversité sociale à l’école, de diminuer le climat de ségrégation et de construire une société cohérente qui va permettre aux jeunes de s’essayer plus facilement à la vie citoyenne.

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